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Les Républicains Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Delegue de la quatrieme circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller chargé des grands projets auprès de la Direction de l'UMP

Sarkozy appelle à une rénovation en profondeur de l'Union européenne

Publié le 22 Mai 2014 par Philippe LE ROUX - Délégué de Circonscription dans International

A trois jours des européennes, Nicolas Sarkozy appelle à une rénovation en profondeur de l'UE, garante d'"un modèle de civilisation" et s'appuyant sur "une grande zone économique franco-allemande" et la sortie de l'actuel Schengen, dans une tribune publiée jeudi dans Le Point et le quotidien allemand Die Welt.

Dans cette tribune résolument pro-européenne, écrite alors que l'UMP pourrait être dépassée, dimanche, par le Front national et que sa fin de campagne est parasitée par des soupçons de favoritisme, l'ancien président analyse la situation actuelle de l'UE, source d'"exaspération" et de "colères" chez les Français qu'il dit comprendre.

Mais "ce n'est pas un paradoxe que de plaider tout à la fois pour l'Europe et pour la défense de notre identité, c'est-à-dire la spécificité de notre modèle", veut-il rassurer les Français, nombreux à être réticents envers Bruxelles et sa bureaucratie, comme le montrent les sondages. "Nous devons être Européens et Français", plaide-t-il.

Dans cette tribune, pas d'appel à voter pour l'UMP, dont le nom n'est pas mentionné. Nicolas Sarkozy, dont les amis ont toujours dit que s'il revenait sur la scène politique française dans la perspective de la présidentielle de 2017, ce serait en "prenant de la hauteur", propose des solutions pour corriger les "erreurs" du fonctionnement actuel de l'Union. "Nous devons profondément refonder notre politique européenne", affirme-t-il.

L'ancien président, qui s'était efforcé, durant son quinquennat, à faire du couple franco-allemand le "moteur" de l'UE (d'où le surnom de "Merkozy" qui qualifiait ses relations avec la chancelière Angela Merkel) défend "la création d'une grande zone économique franco-allemande".

Dans une pique à son successeur François Hollande, dont il ne cite pas le nom non plus, il dénonce "l'absence de leadership" actuelle qui "met l'Europe en danger, car sans vision, sans cap et sans priorité".

Cette grande zone "nous permettra d'abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande, en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux" et "nous permettra ensuite de prendre le leadership des 18 pays qui composent notre union monétaire. Inspirons-nous de ce qui marche en Allemagne et des réussites de la France. Imposons un équilibre dans nos rapports. Défendons nos lignes rouges", affirme l'ancien président.

Il souhaite également "plus d'intégration" pour les 18 pays de la zone euro.

Alors que l'étendue des pouvoirs dévolus à Bruxelles est régulièrement dénoncée aussi bien à droite qu'à gauche, Nicolas Sarkozy veut supprimer "pas moins de la moitié des actuelles compétences communautaires".

Celles-ci "devront demain être assumées par les Etats nationaux, et en regroupant les compétences de l'Europe en une petite dizaine de politiques prioritaires et fondatrices: l'industrie, l'agriculture, la concurrence, les négociations commerciales, l'énergie, la recherche...", écrit-il, alors qu'il n'avait jamais été aussi loin lorsqu'il était à l'Elysée.

Face à "l'échec sans appel" de "la question essentielle des flux migratoires" - dont le front national a fait son cheval de bataille - Nicolas Sarkozy veut "suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration".

"C'est une évidence", dit-il. "Ainsi serait-il mis fin au détournement de procédure qui permet à un étranger de pénétrer dans l'espace Schengen, puis une fois cette formalité accomplie de choisir le pays où les prestations sociales sont les plus généreuses (...) Si nous ne réagissons pas rapidement dans les années qui viennent, c'est notre pacte social qui va exploser", met-il en garde.

 

Comme il l'avait abondamment fait durant sa campagne, Nicolas Sarkozy vante également une Europe qui "protège", notamment "des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent", poursuit-il dans une critique à peine voilée du pouvoir socialiste.

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Elections européennes: les cinq enjeux

Publié le 22 Mai 2014 par Philippe LE ROUX - Délégué de Circonscription dans International

Niveau de l'abstention, montée des extrêmes, rapport droite-gauche, constitution d'une majorité, choix du président de la Commission, voici les principaux enjeux des élections européennes.

 

L'ABSTENTION

Un nouveau record est attendu cette année. Depuis les premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct en 1979, l'abstention ne cesse d'augmenter. Elle est passée de 37% à 57% lors du dernier scrutin en 2009, avec des pointes à plus de 70% dans plusieurs pays de l'Est.

Une faible participation sape la représentativité et la légitimité des élus. Elle peut aussi favoriser les extrêmes, dont les électeurs sont plus mobilisés que ceux des partis de gouvernement lors des élections européennes, considérées comme de second rang.

 

LA MONTÉE DES EXTRÊMES

Tous les sondages concordent pour dire que les partis anti-européens et d'extrême droite vont connaître une poussée. Ce sera le cas notamment dans des grands pays comme la France et le Royaume-Uni, mais aussi les Pays-Bas, l'Autriche et la Grèce.

Trois groupes pourraient exister : les conservateurs autour des britanniques et des polonais, les europhobes de l'Ukip britannique et l'extrême droite autour du Front national français et du PVV néerlandais.

La gauche radicale devrait aussi fortement progresser, doublant les Verts et les conservateurs britanniques.

Les formations pro-européennes conserveront une solide majorité, avec quelque 520 députés soit plus des deux tiers des 751 sièges. Mais une majorité écornée et manquant de clarté.

 

LE RAPPORT DROITE-GAUCHE

Au sein des pro-européens, le rapport de force va lui aussi changer. Le PPE avait largement remporté les élections de 2009, avec 275 sièges contre 195 aux socialistes. Selon les derniers sondages, un certain rééquilibrage pourrait s’opérer. La droite devrait néanmoins conserver son avance avance.

Les Libéraux et les Verts sont en perte de vitesse. Mais les premiers pourraient recevoir quelques renforts français, tchèques et espagnols pour limiter les dégâts.

 

QUELLE MAJORITÉ ?

Il n'y aura pas de majorité possible sans une entente entre le centre-droit et les socialistes. Les alliances alternatives de droite ou de gauche n'atteignent pas la majorité des 376 voix, nécessaires pour investir le futur président de la Commission européenne.

Cette grande coalition entre droite et gauche modérées, qui existe dans nombre de pays européens (Allemagne, Italie, Autriche, Belgique, Grèce notamment), est aussi un mode de fonctionnement traditionnel de l'Union européenne. C'est le cas au sein du Parlement européen, où les deux groupes se sont partagés la présidence deux ans et demi chacun et où ils votent souvent ensemble les textes. C'est aussi le cas au Conseil, avec des chefs d'Etat et de gouvernement de droite comme de gauche, et au sein de la Commission, dont les membres sont majoritairement PPE, mais aussi socialistes et libéraux.

 

QUEL PRÉSIDENT POUR LA COMMISSION ?

Lors des scrutins précédents, les chefs d'Etat et de gouvernement choisissaient le président de la Commission européenne à huis clos. Cette année, les choses ont changé. Le traité de Lisbonne prévoit qu'ils tiennent compte du résultat des élections.

Les partis pan-européens ont décidé de présenter des candidats à la présidence, notamment le chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker et le socialiste Martin Schulz. Mais les dirigeants n'ont pas dit leur dernier mot, et d'autres noms circulent depuis des semaines.

 

La chancelière allemande Angela Merkel, hostile à cette logique parlementaire, a prévenu que les "négociations" allaient durer "plusieurs semaines". Le prochain chef de l'exécutif européen devra certes disposer "d'une majorité" au Parlement, mais aussi "d'une large majorité" des chefs d'Etat et de gouvernement, a prévenu le président du Conseil, Herman Van Rompuy.

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Tribune de Sarkozy sur l'Europe: les principales déclarations

Publié le 21 Mai 2014 par Philippe LE ROUX - Délégué de Circonscription dans International

Voici les principales déclarations de Nicolas Sarkozy dans une tribune sur l'Europe à paraître jeudi dans l'hebdomadaire français Le Point et le quotidien allemand Die Welt:

"- D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti viscéralement français (...) La France a toujours coulé dans mes veines aussi naturellement que mon sang (...) Je sais maintenant que l'on n'est pas seulement d'un pays, que l'on appartient tout autant à un continent (...)

- (Les Français), je comprends leurs exaspérations et leurs colères (...)

- Aujourd'hui, le débat européen se déroule dans un climat d'indifférence et de sourdes hostilités qui laissent pantois. Or, l'indifférence est suicidaire car en Europe se joue une partie substantielle de notre avenir. Quant à l'hostilité, elle est profondément injuste au regard de ce que l'Union Européenne nous a apporté de décisif avec la paix (...) Je le dis comme je le pense. Vouloir la destruction de l'Europe, c'est mettre en péril la paix sur le continent européen. Jamais je ne pourrai l'accepter. Jamais je ne pourrai m'y résoudre (...) L'Europe de la paix, ce n'est pas une formule creuse, à l'heure où tout le pourtour de l'Union européenne s'embrase (...)

- (L'Europe) nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent (...) Imaginons tel ou tel de nos responsables d'aujourd'hui libre d'appliquer sans limite son idéologie si fermée aux réalités du monde du 21e siècle (...) Impôts sans limite, dépenses publiques sans frein ni contrôle, déficits explosés, nivellement généralisé (...) L'Europe peut limiter les dérives les plus caricaturales et encadrer (un peu) les dégâts les plus criants. L'Europe oblige les plus idéologues à accepter un peu de bon sens et de raison (...)

- (Nous sommes) capables de coexister, de fraterniser, de défendre nos justes intérêts ensemble face au reste du monde, et, même de promouvoir un modèle de civilisation européenne (...)

- Je plaide clairement pour la création d'une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au coeur de la zone euro qui nous permettra d'abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux et (...) de prendre le leadership des 18 pays qui composent notre union monétaire. Inspirons-nous de ce qui marche en Allemagne et des réussites de la France. Imposons un équilibre dans nos rapports. Défendons nos lignes rouges (...) Si les deux plus grandes puissances économiques européennes font le choix de la convergence économique et fiscale, la zone euro en sera profondément renforcée et la stabilité de notre continent sera assurée (...)

- Que chacun ait le droit de circuler librement en Europe est une chance (...) Ceci posé, on ne peut continuer à refuser d'affronter calmement, sereinement la question de la politique migratoire européenne. Nous sommes ici devant un échec sans appel (...) C'est une évidence qu'il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration. Ainsi serait-il mis fin au détournement de procédure qui permet à un étranger de pénétrer dans l'espace Schengen, puis une fois cette formalité accomplie de choisir le pays où les prestations sociales sont les plus généreuses. Nous n'avons pas voulu l'Europe pour que soit organisé un dumping social et migratoire au détriment quasi systématique de la France (...) Si nous ne réagissons pas rapidement dans les années qui viennent, c'est notre pacte social qui va exploser (...)

- Ayons la franchise de dire que le mythe d'une Europe unique a volé en éclats depuis l'adoption de la monnaie unique par 18 pays sur 28. Non seulement il n'y a plus une Europe mais deux. Et de surcroît ces deux Europes ont aujourd'hui besoin de refonder leurs stratégies dans des directions différentes (...)

- Il faut aujourd'hui agir de façon drastique en supprimant pas moins de la moitié des actuelles compétences communautaires qui devront demain être assumées par les Etats nationaux et en regroupant les compétences de l'Europe en une petite dizaine de politiques prioritaires et fondatrices: l'industrie, l'agriculture, la concurrence, les négociations commerciales, l'énergie, la recherche (...)

 

- Les dérives (de l'Europe) doivent être corrigées mais le projet doit être préservé. C'est rien moins qu'une question de civilisation. Ne laissons pas détruire ni aujourd'hui ni demain ce trésor !"

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