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Les Républicains Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Delegue de la quatrieme circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller chargé des grands projets auprès de la Direction de l'UMP

Les priorités de la campagne du candidat Sarkozy

Publié le 22 Août 2016 par Philippe LE ROUX - ancien Délégué de la Circonscription dans Les Républicains, Présidentielle

L'ancien chef de l'État, qui vient d'officialiser sa candidature à la primaire à droite, détaille les principaux axes qui jalonneront sa campagne dans un livre-programme intitulé Tout pour la France.

Il était attendu sur le terrain des idées. Tandis qu'il multiplie les propositions au nom des Républicains depuis qu'il a été élu chef de l'opposition il y a près de deux ans, Nicolas Sarkozy vient finalement de révéler les mesures qu'il portera lors de la campagne à venir. Dans un ouvrage intitulé Tout pour la France (Éd. Plon) à paraître mercredi, l'ancien chef de l'État officialise sa candidature à la primaire à droite et dessine une ébauche de programme qui s'organise autour cinq axes, présentés comme les «grands défis à affronter».

Tout pour la France ne présente pas un «programme de gouvernement dans ses moindres détails», explique Nicolas Sarkozy en introduction de son livre. Son intention est de fixer «des priorités intangibles» pour le quinquennat à venir en s'inspirant pour l'essentiel du projet conçu par les Républicains. Les principales propositions.

● Économie et finances

«Pour soutenir la croissance en augmentant la consommation», Nicolas Sarkozy parie sur un choc fiscal appliqué dès 2017. Il comprend une baisse de 10 % de l'impôt sur le revenu, la suppression des droits de succession en ligne directe jusqu'à 400.000 euros et la fin de l'ISF. En contrepartie, il prévoit un plan de réduction de la dépense publique de 100 milliards d'euros, la suppression de 300.000 postes de fonctionnaires sur la durée du quinquennat. Les règles de calcul de la retraite dans la fonction publique seraient par ailleurs alignées sur le régime général et les régimes spéciaux supprimés. Alors que la plupart de ses concurrents à la primaire plaident pour une cure libérale, Sarkozy défend une position inverse. «Ce n'est pas d'un excès de règles que souffre le monde aujourd'hui, mais d'une insuffisance de régulation», assure-t-il. Il souhaite ainsi réguler les «marchés des matières premières et des produits agricoles» au niveau du G20 ou établir des normes mondiales pour le secteur de la finance et des banques. Au niveau national, cependant, «toute notre politique économique devra désormais être focalisée pour et sur les entreprises», explique-t-il, tout en assurant qu'il n'y aura pas de «chèque en blanc aux entreprises». Le candidat préconise entre autres une baisse des charges sur les bas salaires, un rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées, un assouplissement des 35 heures, la suppression de normes, un plafonnement des indemnités de licenciement, la reprise en main de l'Unedic par l'État, le passage de l'âge de la retraite à 64 ans en 2025…

● Immigration et islam

«La prochaine élection présidentielle ne se jouera pas seulement sur les clivages économiques, estime Nicolas Sarkozy. La clef de cohérence de l'ensemble se jouera sur l'identité française, son contenu, son respect, son avenir et par-dessus tout sa pérennité.» Pour en finir avec une «France qui devait s'effacer devant ses hôtes», il souhaite donc «réduire drastiquement le nombre d'étrangers» accueillis, stopper l'immigration économique «pendant le prochain quinquennat», suspendre le regroupement familial jusqu'à la mise en œuvre d'un nouveau traité de Schengen et réviser le droit du sol. Promoteur de «l'assimilation», il estime également que l'islam «n'a pas fait le travail nécessaire autant qu'inévitable d'intégration ». Il souhaite «organiser l'islam» en France en demandant au CFCM (Conseil français du culte musulman) «d'habiliter les imams sous le contrôle du ministère de l'Intérieur» et renouvelle son souhait de voir interdits les signes extérieurs d'appartenance religieuse sur les lieux de travail et à l'université.

● Justice et sécurité

«Le rétablissement de l'autorité de l'État» passe, selon Nicolas Sarkozy, par une nouvelle réforme de la justice. Il souhaite lutter contre les récidives en appliquant des majorations automatiques des peines à partir de la quatrième condamnation. La majorité pénale serait abaissée à 16 ans et l'application des peines confiée au parquet. Pour lutter plus spécifiquement contre le terrorisme, il préconise le placement en centre de rétention ou sous surveillance électronique de tous les individus fichés et susceptibles de constituer une menace. Les «condamnés djihadistes» seront placés en centre de déradicalisation «à leur sortie de prison», ainsi que les «individus en voie de radicalisation». Les perquisitions administratives de jour et de nuit seront pérennisées au-delà de l'état d'urgence et une «cour de sûreté antiterroriste» avec un parquet spécialement dédié sera instituée.

● Éducation et santé

Abrogation de la réforme des rythmes scolaires, augmentation du temps de présence des enseignants, autonomie des établissements scolaires et création d'un CP+ avec «encadrement renforcé» sont au programme de la réforme de l'éducation préconisée par Nicolas Sarkozy. L'autonomie des universités sera «élargie » avec la liberté de fixer les droits d'inscription et les critères de sélection. En matière de santé, le tiers payant sera abrogé et les rémunérations à l'acte seront modulées en fonction de critères de santé publique comme la zone géographique. Une «aide à l'hébergement» est également proposée pour «les personnes âgées en maison de retraite, récupérable sur succession».

«Ce sera 2017 ou jamais»

«J'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle de 2017. En conséquence je participerai à la primaire de la droite et du centre. J'en respecterai chacune des règles. C'est pourquoi, à compter de ce jour, je quitte la présidence des Républicains. Je pars à la rencontre des Français dans leur diversité pour m'adresser à chacun d'eux et leur proposer un pacte de confiance au service duquel je veux mettre toute mon énergie, mon expérience et ma passion pour la France. Je crois en la renaissance de la nation française. La France mérite qu'on lui donne tout. […] Nous sommes en guerre contre un ennemi qui n'a aucune limite, qui veut nous atteindre dans notre cœur et nous priver de cette liberté que la France incarne et chérit depuis des siècles. Nous vivons une période où notre pays est confronté à une crise de crédibilité politique majeure, avec le sentiment que, chaque jour, l'autorité républicaine recule et notre économie décroche. […] J'ai la conviction que ce sera 2017 ou jamais, une forme de dernière chance. Rarement les conditions auront été ainsi réunies pour proposer des changements de si grande ampleur avec de véritables chances de réussite. Après les quatre années que nous venons de vivre, où le mensonge, l'immobilisme, le cynisme ont tant pénalisé notre pays, les Français sont prêts à entendre et à accepter des remises en cause et des avancées qui auraient été inimaginables par le passé. Comme si nous devions toucher le fond pour rassembler nos énergies et regarder enfin l'avenir avec confiance. […] J'ai la conviction qu'il nous faut des idées neuves et ambitieuses, qu'elles seront la condition de la renaissance. […] J'ai conscience de la singularité de ma position. J'ai été élu et battu. J'ai connu le pouvoir et l'opposition. J'ai vécu le trop-plein des soirées de victoire et la solitude pesante des lendemains de l'échec. J'ai subi, parfois, entretenu la courtisanerie propre à la victoire, et connu la trahison à la seconde où je n'ai plus incarné la perspective du succès.

J'ai en revanche la certitude que je ne pouvais me dérober. Que je n'avais pas le droit de reculer devant l'obstacle, quelle qu'en fût la hauteur. 2017 n'aura rien en commun avec 2007. Dix années ont passé. Le monde a changé à une vitesse sidérante. J'ai l'ambition de proposer les idées et les solutions qui permettront à la France de retrouver sa place, et aux Français la confiance en l'avenir.

Tout au long de ces pages […] j'ai voulu fixer des priorités intangibles en indiquant les principales mesures qui devront être mises en œuvre. Mais mon objectif n'est pas de présenter un programme de gouvernement dans ses moindres détails. L'expérience que j'ai de l'exercice du pouvoir m'incite à reconnaître le caractère souvent imprévisible des situations. Comment pourrait-on annoncer droit dans les yeux aux Français le contenu exhaustif de cinq années d'action à venir dans un monde devenu à ce point complexe et interdépendant, soumis constamment aux secousses et aux crises?

Ce livre est le point de départ du prochain mandat. Face à tant de défiance à l'égard de la parole publique, je veux convaincre des millions de Français que le débat de la campagne doit s'intégrer à part entière au futur mandat présidentiel. Car, en disant tout avant, nous aurons la légitimité pour tout faire après.

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