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Les Républicains Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Delegue de la quatrieme circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller chargé des grands projets auprès de la Direction de l'UMP

Hôpital : Sarkozy rassure, mais pas de nouveaux crédits

Publié le 9 Janvier 2009 par Philippe LE ROUX - Délégué de la Circonsription in Point de Repère

Nicolas Sarkozy s'est efforcé vendredi à Strasbourg d'apaiser le malaise du secteur hospitalier après une série de décès tragiques qui a relancé la polémique sur les moyens du secteur de santé, mais a exclu de débloquer de nouveaux fonds.

Profitant de l'inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, le chef de l'Etat a tenu à saluer "l'engagement exemplaire" des personnels de santé et à les assurer de la "solidarité de la nation", avant de leur expliquer que l'hôpital public ne souffrait pas d'un problème de moyens mais plutôt d'un déficit d'organisation.

"Les drames récents sont exceptionnels et ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l'hôpital et à ses personnels", a déclaré Nicolas Sarkozy en évoquant les décès survenus pendant les fêtes de fin d'année dans plusieurs établissements hospitaliers. "Notre système hospitalier est l'un des meilleurs au monde".

"L'hôpital est une institution trop importante pour les Français pour qu'il soit le lieu de polémiques parfaitement déplacées", a également lancé Nicolas Sarkozy a tous ceux qui, parmi les syndicats de la santé comme dans l'opposition, ont accusé le manque de moyens d'être à l'origine des récents drames.

Pour cette inédite cérémonie de voeux délocalisée dans la capitale alsacienne, le président est arrivé dans l'hôpital civil flambant neuf sous les cris et les sifflets d'une bonne centaine de manifestants, en grève et réclamant précisément plus de moyens et d'effectifs.

Les personnels des urgences ont eux fustigé "le mépris" du chef de l'Etat pour l'hôpital public, soulignant que, pendant la visite présidentielle, plus aucun lit n'était disponible en médecine.

"Quand on est une infirmière pour 30 patients, il est impossible de faire des soins correctement", a déploré une des manifestantes, Valérie Stocker.

A ces inquiétudes "parfaitement légitimes", Nicolas Sarkozy a répondu par des chiffres montrant selon lui que l'hôpital souffrait plutôt d'un problème de désorganisation que d'un manque de soutien financier de l'Etat.

"Entre 1998 et 2008, j'ai pris cette période parce qu'il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l'assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C'est 23 milliards d'euros de plus pour l'hôpital au cours des dix derniers années", a-t-il lancé à un auditoire plutôt sceptique.

"Je peux pas simplement dire plus d'argent, plus de personnels, plus de moyens", a plaidé le chef de l'Etat. "L'argent, il a été mis par la collectivité", a-t-il insisté, "mais est-ce qu'il est parfaitement utilisé, est-ce qu'on peut pas faire mieux ?"

 

"Le défi de l'hôpital d'aujourd'hui, c'est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l'hôpital doit être mieux organisé", a poursuivi le président, en rendant responsable l'application "désastreuse" des 35 heures.

Longuement, il a plaidé pour le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires" de sa ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui doit être examiné à partir du mois prochain par les députés. De nombreux syndicats hospitaliers sont hostiles à ce texte et ont appelé à participer à la journée de grèves et de manifestations du 29 janvier.