27 Juin 2024
Ce jeudi se déroulait sur France 2 le second débat télévisé en prévision des législatives du 30 juin et du 7 juillet. Le Premier ministre Gabriel Attal, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella et le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure ont opposé leurs vues à quelques jours du premier tour du scrutin. 20 Minutes fait le point pour vous sur les moments essentiels.
/image%2F1528308%2F20240628%2Fob_4370b4_image1.jpg)
Bardella adoube Ciotti
En cas de majorité absolue, Jordan Bardella se voit Premier ministre. Et il a déjà en tête des noms pour son gouvernement, notamment celui d’Éric Ciotti. Il a confirmé que le patron des Républicains, que son parti essaye d’exclure, « sera appelé à des responsabilités importantes ». Du côté du Nouveau Front Populaire, Olivier Faure a été plus sibyllin, assurant que le Premier ministre ne sera « ni insoumis, ni écolo, ni socialiste, ni communiste » mais « issu » de l’alliance.
Attal promet des référendums
Au début de ce débat, le Premier ministre Gabriel Attal, titulaire du poste depuis le début de l’année, a promis de « gouverner différemment ». Il a proposé « un référendum chaque année sur un sujet d’importance pour les Français. » Il a aussi critiqué sa prédécesseuse en évoquant notamment le « recours au 49.3 » qui a « pu donner une impression de brutalisation ».
Bardella se positionne sur l’Ukraine
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a assuré jeudi qu’il ne laisserait pas « l’impérialisme russe absorber un État allié comme l’Ukraine » tout en répétant qu’il refuserait l’envoi de soldat français sur le sol ukrainien s’il devenait Premier ministre à l’issue des élections législatives.
« Ma position est très simple sur ce conflit (…) Elle n’a jamais varié. C’est celle d’un soutien à l’Ukraine et d’éviter une escalade avec la Russie qui est, je le rappelle, une puissance nucléaire », a déclaré le leader d’extrême droite.
Débat autour du rôle du président en cas de cohabitation
Interrogé sur les propos de Marine Le Pen qui a estimé la veille que le rôle de chef des armées pour le président de la République se réduit à un « titre honorifique », Jordan Bardella, candidat pour Matignon si le RN obtient la majorité absolue à l’issue des législatives, n’a pas reculé. « C’est le Premier ministre qui décide du budget de fonctionnement des armées », a-t-il martelé.
Une position qu’a vivement dénoncée Gabriel Attal : « Derrière le "titre honorifique", il y a l’idée que le président de la République ne serait plus en mesure de prendre de décisions », s’est-il alarmé. « Si le Rassemblement national venait à gagner cette élection, il y aurait une forme de dispute entre le Premier ministre et le président de la République pour savoir à qui a le rôle de chef des armées », a-t-il ajouté.
« C’est un message envoyé aux puissances mondiales, au monde entier, qui est un message très grave pour la sécurité des Français. » Pour Olivier Faure, les propos de Marine Le Pen montrent que l’extrême droite cherche à « prendre le pas sur les institutions ». Jordan Bardella veut « tout prendre », a-t-il accusé.
Des « Français de seconde zone »
La question des binationaux a de nouveau été évoquée. Le Rassemblement national souhaite que certains postes « extrêmement sensibles » leur soient refusés, une mesure qui provoque beaucoup de remous. Gabriel Attal l’a accusé de « stigmatiser les Français binationaux » et de leur dire qu’ils « sont des demi-Français ». « Vous êtes un petit calomniateur », s’est insurgé Jordan Bardella traitant le Premier ministre de « premier menteur de France ». « Vous fabriquez des Français de seconde zone », a pourtant renchéri Olivier Faure, reprochant au parti d’extrême droite de faire « le tri entre les Français ».
Bardella accusé de soutenir des candidats « racistes, antisémites et homophobes »
Le Premier ministre Gabriel Attal a accusé Jordan Bardella de présenter « une centaine de candidats » ayant tenu « des propos racistes, antisémites et homophobes », ce que le leader du RN a récusé en bloc. Citant nommément plusieurs candidats investis par le RN, Gabriel Attal a aussi évoqué « un jeune fils d’un cadre du Rassemblement national interpellé pour agression », et fait référence à des articles de presse.
« Tout est faux, archi faux », a répondu Jordan Bardella, affirmant qu'« il y a eu des contre-articles pour démontrer que c’était faux et [que] Libération est poursuivi en diffamation ».
Faure attaque Macron sur sa sortie transphobe
En déplacement, Emmanuel Macron avait évoqué une proposition « ubuesque » de « changer de sexe en mairie » dans le programme de l’alliance de gauche, une sortie considérée par beaucoup comme transphobe. Olivier Faure est revenu sur la question « regrettant » qu’Emmanuel Macron « ait considéré que la transphobie pouvait être un sujet de blague ». « J’aimerais que toutes les différences soient acceptées (…) Il n’y a pas de Français de trop », a-t-il insisté.