Le président de la République, qui avait promis de revenir rapidement devant les Français après sa décision surprise de dissoudre l'Assemblée nationale au soir du résultat des européennes catastrophiques pour son camp, a donné, mercredi, une conférence de presse. Il s'est notamment exprimé sur sa stratégie visant à s'assurer une majorité claire pour le reste du quinquennat afin de contrer le Rassemblement national, qui se trouve aux portes du pouvoir.
"Le sursaut, c'est pour maintenant". Emmanuel Macron a appelé, mercredi 12 juin, à un large "rassemblement" autour de sa majorité pour défaire à la fois la France insoumise et le RN, justifiant avec "gravité" la convocation d'élections législatives anticipées.
Après sa décision dimanche de dissoudre l'Assemblée nationale, qui a surpris jusque dans son camp, le président de la République a martelé qu'il s'agissait d'un choix de "clarification". Refusant "l'esprit de défaite", il s'est défendu de vouloir "donner les clés du pouvoir à l'extrême droite en 2027".
Le chef de l'État a estimé qu'il fallait interrompre un processus en train de "se faire sourdement", celui de l'accession au pouvoir du RN.
Il a ajouté qu'il ne souhaitait pas débattre, avant ces législatives du 30 juin et 7 juillet, avec Marine Le Pen, après l'avoir pourtant proposé lors de la campagne des européennes.
Quelques jours après des résultats catastrophiques aux européennes, où l'extrême droite a engrangé près de 40 % des voix, il n'a retenu ses coups ni contre le RN ni contre La France insoumise, "deux blocs", "deux extrêmes", a-t-il répété dans son propos liminaire.
Il intervenait pour la première fois dans la campagne pour ces élections qui auront lieu les 30 juin et 7 juillet. Pour bien marquer la différence avec ses fonctions exécutives, la conférence avait été organisée dans une salle du centre de Paris et pas au Palais de l'Élysée.
À l'appui de ce débat sur les valeurs, Emmanuel Macron a accusé La France insoumise d'"antisémitisme" et d'"antiparlementarisme", fustigeant le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pour avoir "créé un désordre parfois constant" et "inquiétant" à l'Assemblée nationale.
L'alliance "front populaire" en cours de constitution entre le PS, le PCF, les Écologistes et La France insoumise est "indécente", a-t-il dénoncé, disant avoir eu "une pensée ces 24 dernières heures pour Léon Blum" dans un de ses nombreux appels du pied à l'électorat socialiste de Raphaël Glucksmann. La gauche a en effet choisi de donner le nom "front populaire" à son alliance électorale.
Quant au RN, le président a fustigé ses ambiguïtés à l'égard de la Russie, sa volonté de "sortir de l'Otan" et son discours contradictoire sur les retraites. "Les masques tombent", a-t-il lancé, en évoquant aussi le ralliement du patron des Républicains Éric Ciotti au Rassemblement national. "Bricolages d'appareils", "alliances contre-nature", ce ne sont selon lui "en aucun cas des majorités pour gouverner".
En face, il a affiché une "volonté sincère et humble de bâtir des consensus et de tisser des compromis" grâce à l'aide des "sociaux-démocrates" d'une part, de la droite républicaine de l'autre. Il a évoqué une "fédération de projets pour gouverner", à charge pour les partis de la majorité présidentielle d'entamer des discussions avec d'autres formations politiques.
Peut-être pour encourager les élus de gauche et de droite, Emmanuel Macron a annoncé pêle-mêle la suppression d'un échelon territorial, éventuellement l'abandon des grandes régions, "un grand débat sur la laïcité", le maintien de l'indexation des pensions de retraites sur l'inflation.
Il a également souhaité l'interdiction des téléphones portables aux enfants de moins de 11 ans et confirmé vouloir huit nouveaux réacteurs nucléaires. Il s'est également dit "ouvert" sur les "modalités" d'application de la réforme très contestée par la gauche de l'assurance-chômage.
Emmanuel Macron a affirmé mercredi "suspendre" le projet de loi constitutionnelle sur le dégel du corps électoral de Nouvelle-Calédonie, à l'origine des émeutes il y a quelques semaines, pour "donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l'ordre".
"Le projet de loi constitutionnelle qui a été voté dans les mêmes termes par les deux chambres, j'ai décidé de le suspendre parce qu'on ne peut pas laisser l'ambiguïté dans la période", a-t-il déclaré. De facto, il ne peut pas convoquer de Congrès depuis la dissolution de l'Assemblée nationale.
Le chef de l'État s'exprimait en présence de son gouvernement et des chefs de la majorité, à l'exception d'Édouard Philippe qui a estimé mardi "pas complètement sain" que le président s'implique trop dans la campagne.
Au cours de sa conférence de presse, il a du reste reconnu sa "responsabilité" dans l'échec de son camp face à l'extrême droite. Et au sein de la majorité, les voix sont très nombreuses qui souhaiteraient voir le chef de l'État, qui cristallise toutes les critiques, se mettre en retrait de la campagne, lui préférant Gabriel Attal pour mener la bataille.
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Côté face, comme les services de François Rebsamen, on peut retenir des chiffres du chômage n’a que « faiblement augmenté en décembre » après s'être envolé en septembre (+0,6%) et en octobre (+0,8%). Au cours du dernier mois de l'année, le nombre de chômeurs inscrits chez Pôle Emploi en catégorie A a ainsi augmenté de 0,2 %, soit 8 100 personnes supplémentaires et l'une des plus faibles progressions de l'année.