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Budget 2015 de l'Etat: plus de déficit, un peu moins d'impôt, autant de rigueur

Le gouvernement a présenté mercredi un budget de l'Etat pour 2015 qui peine à faire refluer dette et déficits, malgré l'effort sur la dépense, et qui ne fait guère baisser les prélèvements obligatoires, en dépit du geste annoncé pour l'impôt sur le revenu.

Le projet de loi de finances (PLF) a été dévoilé en conférence de presse par le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, deux jours après le budget de la Sécurité sociale, déjà marqué par plusieurs annonces de rigueur, notamment sur la politique familiale.

Le texte, qui sera ensuite examiné en Conseil des ministres, confirme la volonté de discipliner les autres aspects de la dépense publique: 7,7 milliards d'euros d'économies sont demandées à l'Etat et à ses agences (un peu plus que les 7 milliards annoncés le 10 septembre par Michel Sapin) et 3,7 milliards sur la dotation versée aux collectivités locales.

Au total, la France doit réaliser l'an prochain 21 milliards d'euros d'économies - et 50 mds sur trois ans - pour limiter la hausse des dépenses publiques à 0,2% par an, alors que sa "progression spontanée", sans ces mesures, aurait été de 1,7%.

Bercy fait du respect de ces montants d'économies le dernier rempart de la crédibilité budgétaire française.

Car pour le reste, la France avait dès le 10 septembre reconnu que son déficit public ne reculerait que très faiblement l'an prochain, à 4,3% du PIB, après 4,4% en 2014 et 4,2% en 2013. Le retour dans les clous européens ne devrait s'effectuer qu'en 2017, contre un engagement initial à revenir dès l'an prochain au seuil de 3%.

- Taux des prélèvements obligatoires stable -

Mercredi, le gouvernement a aussi prévenu que sa promesse de ramener son déficit structurel à zéro ou presque dès 2017 ne tenait plus et que ce solde, très important pour Bruxelles, diminuerait plus lentement, atteignant 0,4% du PIB en 2019.

Croissance très molle et inflation ralentie: ces facteurs compliquent le calcul budgétaire, bridant les recettes et neutralisant certains efforts de rigueur.

Le gouvernement ne table plus désormais que sur une croissance de 0,4% en 2014 et de 1% en 2015.

Plus optimiste pour l'avenir, il estime que la progression du PIB devrait accélérer à 1,7% en 2016, 1,9% en 2017 puis 2% les deux années suivantes.

L'inflation, dont la faiblesse inquiète dans toute la zone euro, devrait elle passer graduellement de 0,5% en 2014 à 1,8% en 2019, en passant par 0,9% en 2015 (hors tabac).

Le gouvernement comme le président François Hollande ont déjà prévenu qu'aucun effort supplémentaire ne serait fait pour contenir le dérapage, synonyme d'une dette qui grossit rapidement, à plus de 2.000 milliards d'euros désormais.

"Le rythme de réduction des déficits est adapté à la situation" de croissance poussive et d'inflation très faible en France et dans toute la zone euro, réaffirme le dossier de presse présentant le projet de budget. En conséquence, argue-t-il, "il ne sera pas demandé d'efforts supplémentaires aux Français. Car si le gouvernement assume le sérieux budgétaire pour redresser le pays, il se refuse à l'austérité".

Pas question non plus de renoncer aux mesures promises l'été dernier aux ménages, pour soigner le "haut-le-coeur fiscal" dont souffrent les Français, selon le Premier ministre, Manuel Valls, mais aussi pour répondre aux demandes d'une partie des députés socialistes.

L'an prochain, la première tranche de l'impôt sur le revenu doit disparaître, ramenant le seuil d'entrée à environ 10.000 euros, et un système de décote doit être mise en place. Soit un dispositif à 3,2 milliard d'euros au total, devant bénéficier à 9 millions de contribuables.

Par ailleurs les dispositifs de soutien aux entreprises vont continuer à monter en puissance, notamment le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), opérationnel depuis le printemps 2014.

Le budget 2015 scelle aussi une baisse de certaines taxes pesant sur les sociétés, notamment la C3S, et concrétise les promesses de relance du secteur du logement faites récemment par M. Valls.

Du côté des hausses, il confirme celle de deux centimes par litre de la taxe sur le diesel, pour combler le manque à gagner résultant de la réforme de l'écotaxe et financer l'équipement en infrastructures.

 

Au total, le taux des prélèvements obligatoires en France ne devrait que peu évoluer d'ici 2017: impôts, taxes et cotisations sociales des ménages et entreprises devraient atteindre 44,6% du PIB l'an prochain, après 44,7% cette année et rester quasi stables à 44,5% et 44,4% en 2016 et 2017.

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