18 Juin 2007
François Fillon, le Premier MinistreChers compatriotes,
Depuis plusieurs mois, notre pays a vécu au rythme des élections présidentielles et législatives.
Les débats ont été passionnés. Les échanges ont été vifs mais dignes. Votre participation s’est conclue sur un choix clair et cohérent qui permet au président de la République de mettre en œuvre son projet. Notre démocratie sort renforcée de cette longue campagne où chacun a pu exprimer sa vision de la France.
Ce soir, le succès des uns ne fait pas la défaite des autres. Chaque citoyen doit être respecté dans ses convictions. Je dis aux électeurs qui n’ont pas voté pour les candidats de la majorité présidentielle que leur espoir déçu nous oblige. Comme nous oblige l’immense attente de ceux qui nous on fait confiance.
Il n’y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche, il n’y a qu’un seul peuple, le peuple français dont toutes les sensibilités doivent être respectées. Avec nos différences, nous devons travailler ensemble, fédérer nos idées, imaginer un avenir pour nos enfants. Nous devons être capables de débattre franchement sans nous diviser inutilement.
Nous devons être capables de dégager des consensus nationaux autour des grands défis de notre siècle comme le font tous les pays modernes. Dans cet esprit, la majorité respectera l’opposition, en particulier au Parlement, où elle proposera de renforcer ses droits. Et le Gouvernement aura avec les partenaires sociaux un dialogue franc et un dialogue permanent.
Mes chers compatriotes, aujourd’hui, le pays s’est doté d’une majorité pour agir.
Cette victoire récompense le formidable élan suscité par Nicolas Sarkozy. Elle confirme notre volonté d’ouverture. Elle valide un projet pour moderniser résolument la France.
Ce que nous avons dit, nous allons le faire parce que la parole donnée aux électeurs est au cœur de la confiance nationale. Dès le mois de juillet, le Parlement sera appelé à légiférer sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, sur la sécurité des Français, la modernisation de nos universités sur le service minimum dans les transports et sur l’immigration. Nous ne voulons pas attendre plus longtemps pour engager la rénovation que les Français appellent de leurs vœux.
Depuis deux décennies, notre pays ne connaît pas la réussite qu’il mérite, faute d’adaptation, faute de courage et de liberté.
Nous allons réformer, nous allons rénover, nous allons expérimenter des idées nouvelles.
Nous allons revaloriser le travail et le mérite.
Nous allons encourager les talents et l’innovation.
Nous allons nous dégager du défaitisme qui étouffe la République.
Il y a, en chacun d’entre vous une envie de se dépasser, de construire, d’aller au bout de ses ambitions.
Cette volonté doit s’accomplir. La plus grande force de la France, ce sont les Français eux mêmes.
Les Français avec leurs rêves, avec leurs espoirs et avec leur fierté d’appartenir à une grande nation.
Vous avez voté pour le mouvement. Et bien il va être concrétisé. Nous remettrons en cause les habitudes et les tabous qui brident notre pays parce que le progrès et l’intérêt général sont à ce prix.
Mes chers compatriotes, Le temps des élections est fini.
Le temps du rassemblement est arrivé.
Le temps de l’action a commencé.
La majorité sortante conserve la majorité absolue, donnant ainsi au Président de la République et au gouvernement dirigé par François Fillon les moyens d’agir. Elle obtiendrait une cinquantaine de sièges de plus que la majorité absolue.
Les Français ont choisi la voie du renouveau le plus profond, le plus résolu et le plus rapide.
La majorité qui avait été élue en 2002 l’avait été dans des circonstances exceptionnelles, en l’absence d’un candidat du Parti socialiste au second tour de l’élection présidentielle : celle d’aujourd’hui l’est dans des circonstances normales.
Nous partirons d’un potentiel très élevé : 365 députés UMP sortants et 22 du Nouveau Centre, soit 387. Le tsunami annoncé et craint par nos adversaires était donc impossible.
Comme je l’ai dit au soir du premier tour, chaque circonscription est une situation particulière avec ses propres problèmes, et une élection législative se joue en deux tours.
Il ne faut pas oublier que le mode de scrutin est uninominal : il a aussi pour objet de porter un jugement sur la personnalité du candidat. Et c’est même une de se principales qualités. Même si le jugement du corps électoral peut parfois être injuste.
Le débat confus et de mauvaise foi entretenu par le Parti socialiste entre les deux tours a sans doute contribué à démobiliser une partie de l’électorat.
Anatole France le disait : la gauche ne sait pas gouverner mais elle sait se défendre.
François Hollande et Ségolène Royal ont exprimé leur satisfaction du résultat, alors que la Parti socialiste a osé affronter cette élection sans aucun projet et que les Français n’ont pas voulu lui donner de majorité. Je suis prêt pour ma part à leur souhaiter de nombreuses victoires de cet ordre !
Il n’en demeure pas moins que les Français ont tourné le dos à la résignation et au renoncement. Ils ont refusé le déclin.
A l’issue de cette campagne législative, la majorité silencieuse est désormais la majorité de la France. La majorité réelle du pays est enfin la majorité politique.
Il appartient au gouvernement, dès la semaine prochaine, de mettre en œuvre son projet sur le pouvoir d’achat, sur la fiscalité, sur la sécurité des Français, sur la modernisation des universités, sur le service minimum dans les transports.
Dans sa mission de modernisation et de réforme de la France, le gouvernement de François Fillon pourra compter sur le soutien déterminé et dynamique de la majorité présidentielle, et tout particulièrement de l’UMP.
L’UMP veillera scrupuleusement à ce que les promesses de campagne se concrétisent fidèlement dans les politiques de la Nation. C’est un engagement que nous prenons devant les Français.
L’UMP sera aussi l’avant-garde du gouvernement. Elle sera devant le gouvernement pour entendre le pays, pour proposer de nouvelles perspectives, pour porter des thèmes novateurs, pour gagner la bataille des idées.
L’UMP doit demeurer le lieu des grands débats de la société française. Elle doit être l’expression des souhaits politiques de nos électeurs, y compris ceux qui attendent que nous allions plus loin et plus vite. Au sien de notre formation politique, il n’y a aucun sujet tabou, comme l’a toujours souhaité Nicolas Sarkozy.
Parce que l’UMP doit être le parti de la France et de tous les Français, sans exception, nous travaillerons enfin à approfondir encore davantage son enracinement populaire et sa diversité sociologique. Notre mouvement a vocation à accueillir toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs que défend le président de la République quels que soient leurs parcours, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs sensibilités. Nous sommes heureux de la perspective de travailler avec nos amis du Nouveau Centre.
Rassembler les Français pour réformer la France, telle est l’ambition de l’UMP. C’est pourquoi elle sera encore demain le symbole de la démocratie dans son fonctionnement, de l’ouverture dans son action et de l’innovation dans ses propositions.