Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
5 Juillet 2008
Plaidoyer pour une Europe "unie" autour du Traité de Lisbonne
Nicolas Sarkozy, et les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, ont tous trois plaidé pour une "Europe unie" derrière le Traité de Lisbonne, lors du Conseil national de l'UMP samedi à Paris.
N. Sarkozy a profité de la présence de M. Barroso, fervent défenseur de la Banque centrale européenne (BCE), pour exprimer de nouvelles réserves sur la politique menée par l'institution.
Le chef de l'Etat français s'est demandé s'il était "raisonnable" d'avoir des taux européens à 4,25 % (seuil auquel les a portés jeudi le BCE) face à des taux américains "à 2%".
Invités de cette réunion du parti majoritaire à la Maison de la Mutualité, les trois dirigeants européens ont appelé tous les Etats-membres de l'Union à se rassembler derrière le traité de Lisbonne, que les 27 ont signé en décembre dernier, et qu'ont refusé jusqu'ici de ratifier les Irlandais et le président polonais, Lech Kaszinsky.
"La Pologne doit honorer sa signature", "c'est une question de morale" a déclaré Nicolas Sarkozy, sous les applaudissements de quelque 2.000 cadres du parti majoritaire.
"J'ai confiance dans le président polonais. Nous nous verrons, nous trouverons des solutions", et "on arrivera à convaincre la Tchéquie", réticente elle aussi, "de ratifier également".
"En Europe, c'est toute la famille, on est 27 : notre rôle à tous les trois, ce sera d'amener les 27 ensemble", a souligné le président français en s'adressant à MM. Barroso et Pöttering.
"Je ne suis pas prêt à mettre mon drapeau européen dans ma poche", "à renoncer à une idée européenne qui a apporté la prospérité, la paix" et "mis à bas l'une des dictatures les plus sanglantes qu'on ait connues, la dictature marxiste et communiste", a assuré M. Sarkozy.
Et d'ajouter que "ce n'était pas la peine de faire la fête aux check points de Berlin lorsque le Mur est tombé, si ce n'était pas pour emmener toute la famille en même temps".
Hans-Gert Pöttering a cité Jean Monet, l'un des pères fondateurs de l'Europe : "Rien n'est possible sans les hommes", mais "rien n'est durable sans les institutions".
Le Traité de Lisbonne "donne à l'Europe une plus grande capacité d'action pour la rendre plus démocratique et transparente", a-t-il déclaré, assurant Nicolas Sarkozy du soutien du Parlement européen, et du sien "en premier lieu".
"Si vous voulez aller vite, partez seul, si vous voulez aller loin, partez ensemble", a renchéri le président de la Commission, appelant les 27 à un "effort" collectif pour parachever le processus de ratification, au terme duquel "nous pourrons discuter avec nos amis irlandais".
Lech Kaczynski avait déclaré mercredi qu'il ne ratifierait le traité européen de Lisbonne que si l'Irlande l'approuvait dans un nouveau référendum.
M. Barroso a assuré que "face aux défis globaux", l'Europe a besoin de "réponses globales" pour poursuivre "ce parcours à 27", malgré le rejet irlandais.
"Si l'Europe est mal comprise, c'est parce que l'Union n'a pas toujours su trouver les mots et les actes pour susciter une adhésion plus puissante que la somme des contestations", a estimé le chef du gouvernement français, François Fillon.
"L'Europe a besoin de retrouver un dessein politique", et "de démontrer à nos concitoyens qu'elle est là pour nous protéger, nous mobiliser, nous grandir", a-t-il ajouté.
Tir groupé des ténors contre la gauche
Les ténors de l'UMP ont multiplié les attaques contre la gauche, dénonçant ses "critiques ringardes", et l'invitant à lutter contre "ses extrêmes", dans une allusion à la LCR d'Olivier Besancenot.
Le premier ministre François Fillon a qualifié les critiques de l'opposition, notamment sur l'immigration, de "malvenues et ringardes", et a ironisé sur la préparation, "dans la plus grande confusion idéologique", du prochain Congrès du PS à Reims.
"La seule chose qui le rassemble, ce sont les attaques contre le président de la République", a ajouté M. Fillon.
Patrick Devedjian a lui aussi fustigé le PS, le comparant au "cimetière des idées mortes". "Nous sommes en train de reconquérir l'espace culturel face à une gauche stérile", a ajouté le secrétaire général de l'UMP.
Le premier ministre a par ailleurs renvoyé dos à dos Olivier Besancenot et le Parti socialiste. "A force d'esquiver les réalités, à force de ne pas avoir modernisé le socialisme, une partie des électeurs de gauche en a conclu qu'il valait mieux l'original à la copie", a-t-il déclaré.
"Et l'original c'est l'extrême gauche dont la popularité du leader n'est pas un bon signe pour la démocratie", a-t-il estimé.
"A l'époque, nous, nous avons lutté becs et ongles contre le Front National et contre ses thèses. Je le dis à l'opposition et au Parti socialiste: il est grand temps que la gauche fasse de même avec ses extrêmes", a-t-il lancé.
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, avait sonné la charge en appelant son parti à "couvrir la totalité de l'espace public" face à une gauche "lâche" et "inexistante", avant de conclure : "Entre l'extrême droite et l'extrême gauche, il y a des fils qui se touchent".
S'en prenant à Ségolène Royal, après la polémique suscitée par les déclarations de l'ex candidate socialiste à la présidentielle minimisant le rôle de Nicolas Sarkozy dans la libération d'Ingrid Betancourt, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a lancé: "c'est une honte!".
"C'est dans ces moments forts comme celui-ci que l'on voit le sens des responsabilités de chacun. Le sens des responsabilités, Mme Royal n'en a pas", a asséné M. Bertrand, également secrétaire-adjoint de l'UMP.
"Ségolène Royal a l'humanité d'un bigorneau", a renchéri un autre secrétaire-adjoint du parti, Christian Estrosi.