Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
14 Septembre 2009
Le duel à fleuret moucheté que se livrent Jacques Le Guen et Bernadette Malgorn semble tourner à l'avantage de l'ex préfète de région. Réunis à Guipry dimanche, les militants UMP d'Ille-et-Vilaine l'ont plébiscité à "l'applaudimètre".
Malgorn vainqueur par KO ? Certains retiendront que l'université de rentrée de l'UMP 35 fut une primaire officieuse. Un rendez-vous informel, pour départager l'ancienne préfète de Bretagne et le député Jacques Le Guen dans la course à la tête de liste aux régionales. 200 militants* étaient réunis à Guipry, un petit bourg non loin de Bain-de-Bretagne. Au menu de ce traditionnel rendez-vous politique : tables rondes sur la réforme des collectivités, crise laitière... mais aussi prises de paroles des deux prétendants au leadership de la droite en 2010. "Le piment" de la journée, selon l'expression du sénateur de Legge, patron de l'UMP 35 et initiateur de la rencontre.
"On a vécu un tournant"
Tout s'est déroulé dans la matinée, loin des oreilles indiscrètes de la presse, conviée l'après-midi. "Pendant quelques minutes, les deux candidats nous ont présenté leur démarche", raconte Dominique de Legge. Bernadette Malgorn et Jacques Le Guen auraient tous deux prononcés un discours "consensuel, de rassemblement autour de leur personne". Sans clivage majeur rapportent les témoins. Pourtant, la situation semble avoir nettement tourné à l'avantage de l'ancienne préfète de région. "Un des deux candidats a gagné à l'applaudimètre", reconnaît Dominique de Legge. "On a vécu un tournant aujourd'hui, témoigne un militant. Dans notre département, Bernadette Malgorn a notre soutien." "Dire que j'ai été plébiscité ? Un euphémisme", sourit Bernadette Malgorn ravie.
A l'applaudimètre, les militants d'Ille-et-Vilaine semblent donc avoir accordé leur soutien à la candidate que l'on dit "favorite de l'Elysée", au détriment du Villepiniste Le Guen ? Une évidence pour Dominique de Legge. "Bernadette Malgorn n'a peut-être pas sa carte à l'UMP, mais, si elle est là aujourd'hui, c'est pour avoir notre soutien", explique le patron de la plus grosse fédération UMP de Bretagne.
"Abattre de nouvelles cartes"
Un son de cloche pas franchement apprécié par Jacques Le Guen. "Je n'ai pas été le plus applaudit parce que je suis le Breton le plus occidental des deux, relativise le député finistérien qui rappelle qu'il a été "élu par les militants" en mars dernier**". Un scrutin, dont les résultats sont pourtant remis en cause aujourd'hui. "Jacques Leguen a été investi par les militants. C'est vrai. Mais ce vote a été prématuré et inadapté. Il a été élu en qualité de chef de file et pas tête de liste", rappelle Dominique de Legge.
Dans ce contexte, Le Guen va-t-il baisser les bras ? "Hors de question, martèle-t-il. Je n'ai pas abattu toutes mes cartes. J'ai beaucoup d'amis, plus que l'on ne le croit. Je ne laisserai pas les choses se faire n'importe comment." Pour autant, Le Guen ne veut pas alimenter la polémique indéfiniment. Son "face à face" avec Malgorn ? "Nous ne sommes pas en guerre civile. Notre adversaire se nomme Le Drian. Nous avons besoin de nous mettre d'accord pour construire l'avenir. Aucune décision fondamentale n'a été prise."
Malgorn, exemple de "l'ouverture"
De son côté, Bernadette Malgorn prône aussi le "rassemblement". L'ancienne préfète de région continue d'avancer pas à pas. Pas question de parler de candidature ni de sombrer dans une quelconque polémique. Elle consulte, écoute et se montre disponible : "Je réponds aux invitations que l'on me fait. Je dois être à l'écoute des militants de base et des élus. Ne pas avoir de carte à l'UMP n'est pas un handicap. L'UMP prône l'ouverture. J'en suis l'exemple. Nous partageons beaucoup de valeurs communes. Avec la majorité présidentielle, je partage un socle d'idées. J'ai un tempérament dynamique. Je veux impulser une dynamique dans la région. Tout le monde peut venir à mes côtés." Le programme de sa future liste est en cours de rédaction. Il est "rédigé en concertation". Pour le reste, aucune décision n'est prise. "C'est le président de la République qui tranchera", assure Jacques Le Guen. Son arbitrage pourrait intervenir fin octobre ou début novembre, en marge des commissions nationales d'investiture de l'UMP.
*(sur 1 800 encartés, selon la fédération)
**Elections internes UMP le 22 mars 2009. 31,96% des 7 717 militants UMP bretons inscrits ont pris part aux primaires pour désigner leur "chef de file" aux prochaines élections régionales. Unique candidat dans la région, le député Jacques Le Guen totalise 1 790 voix sur 2 466 suffrages exprimés, le plus mauvais score obtenu par un candidat en France