27 Octobre 2006
| De nombreuses banalités (le nouveau siècle est celui de l’intelligence, la famille est le lieu de transmission des interdits), des propositions gadgets (camps de jeunes, jurys populaires…), le retour des slogans creux (la sécurité durable, créer l’avenir…), des discours clientélistes : "les enseignants sont formidables. Il n’y a pas de problème dans l’éducation nationale", "la police fait un travail formidable auprès des victimes", "les magistrats font très bien leur travail"… ; |
| - aucune proposition de fond, à l’exception de l’abrogation de ce qu’a fait Sarkozy (lois Sarkozy sur l’immigration; retour de l’angélisme sur l’insécurité : police de proximité et financement des éducateurs sociaux et des associations….) et de propositions issues de l’UMP : carte scolaire, études surveillées dans les écoles, tutorat dans les banlieues défavorisées, rôle des maires dans la prévention, un Président qui gouverne… ; |
| - un seul financement : "augmenter les impôts des riches". |
| Les trois candidats ne sont par ailleurs d’accord sur rien, sauf sur le fait d’augmenter les dépenses et la dette. Aucun ne sait précisément ce qu’il y a dans le projet socialiste. Il est urgent pour le peuple français d’avoir des précisions sur le statut du projet socialiste : sera-t-il appliqué ? Si non, quel projet sera appliqué par le candidat ? |
| 1) Sur les jurys populaires |
| Ségolène Royal a précisé que les jurys populaires seraient applicables, y compris au Conseil des ministres. |
| Elle propose de généraliser au gouvernement de la France des mesures qui s’appliquent déjà, elle le dit elle-même, dans certaines collectivités territoriales. Encore une mesure gadget pour masquer son manque d’idées ambitieuses pour la France. On ne gouverne pas la France comme on préside la région Poitou-Charentes. |
| Elle confirme en vérité son absence criante d’idées, d’imagination, à tel point qu’elle-même préfère se retrancher derrière le peuple : "mon avis sera celui du peuple", " jury populaire"… Sous couvert d’être républicaine et proche du peuple, elle nous propose un retour à la Terreur lorsque la Convention délibérait sous la surveillance des sans-culotte. |
| 2) Sur l’éducation |
| Les trois candidats à la candidature souhaitent mettre l’éducation au sommet de leur priorité. |
| - Les candidats s’accordent sur le constat d’échec de la politique scolaire. Quel aveu d’impuissance et d’échec, alors que la gauche s’est arrogée depuis 25 ans le monopole de la pensée scolaire ! C’est elle qui a "placé l’élève au centre de l’école" (loi Jospin 1989), qui a créé les ghettos scolaires que sont devenus les ZEP, qui a préféré abaisser les exigences pour donner le bac à tout le monde plutôt que de préparer les jeunes aux enjeux du monde de demain. |
| - Quant aux mesures précises, elles se limitent à trois : la cogestion par les enseignants, qui "pourront choisir leurs collègues" (SR), un tutorat aux contours indéterminés, l’injection massive de fonds dans les ZEP sans aucune réforme de structure. |
| 3) Sur la famille |
| "La droite aime la famille, alors que la gauche aime les familles. Trois millions d’enfants ne vivent pas avec leurs deux parents". (Fabius) "Il faut concentrer les aides aux familles sur les familles défavorisée" (DSK). |
| - La gauche véhicule une image ringarde et caricaturale de la droite, comme Don Quichotte s’inventait des moulins à vent. |
| - Rappelons-nous que 80% des enfants vivent avec leurs deux parents. Ce n’est pas parce qu’il existe d’autres formes de familles que ces familles doivent être sans cesse dévalorisées ou oubliées. |
| - En vérité, la gauche, en parlant des familles, s’exonère d’une vraie réflexion sur la famille. La droite aime en effet la famille et c’est pour cela qu’elle aime toutes les familles et qu’elle les aidera toutes. |
| 4) Sur l’immigration |
| - SR récuse l’idée de régularisation massive, mais elle souhaite le rétablissement de la régularisation des étrangers au bout de 10 ans d’illégalité, ce qui revient au même et constitue une prime à la clandestinité ; |
| - le PS admet du bout des lèvres que « la France ne peut pas accueillir tout la misère du monde », une formule qu’il a pourtant inventée, et que les régularisations massives pèsent sur les quartiers populaires, mais sa seule proposition est de remettre en cause les deux lois Sarkozy qui ont mis fin au désordre majeur de la politique de Lionel Jospin en matière d’immigration; |
| - SR met en valeur les micro-projets locaux de développement pour lutter contre l’immigration et cite notamment ce village de pêcheurs qu’elle a visité au Sénégal. Elle croit que l’addition de solutions locales peut faire une politique d’immigration et de codéveloppement, alors qu’il faut d’abord des accords d’État à État comme l’a fait Nicolas Sarkozy au Sénégal. "SR, c’est la technique du chabichou appliquée à l’immigration."; |
| - quant à DSK, sa seule proposition est de confier la politique d’immigration à un grand ministère des migrations gérant notamment les 80 millions de touristes annuels en France, ce qui revient à confier la politique d’immigration au ministère du tourisme. |
| 5) Sur les banlieues |
| - Les trois candidats décrivent un monde idéal dans lequel la famille jouerait son rôle, le chômage serait réduit, l’égalité des chances assurée, mais ne formulent aucune proposition concrète à l’exception du rétablissement de la police de proximité et de l’attribution de moyens aux éducateurs sociaux et aux associations, c’est-à-dire la politique qui a raté depuis 25 ans. |
| - Pour lutter contre la délinquance des mineurs, SR change d’idée et passe directement de l’encadrement militaire aux camps humanitaires, c’est-à-dire Koh Lanta pour 48 000 mineurs aux frais des contribuables français. Un vrai micro projet ! |
| - Fabius propose quant à lui l’installation de bureaux de postes dans les banlieues. Merci M. Fabius, ce soir nous aurons au moins appris que les problèmes des banlieues viennent de la directive européenne sur la poste ! |
| 6) Sur la laïcité |
| - Les candidats socialistes se réfugient derrière une défense aveugle et crispée d’une laïcité d’un autre âge. S’ils constatent les problèmes en admettant que certains croyants en sont réduits à une pratique de leur culte dans des conditions déplorables, ils ne veulent rien changer. Circulez, il n’y a rien à voir. Là encore, le PS préfère se draper dans une posture dogmatique et anachronique plutôt que de faire preuve de pragmatisme et de réalisme. |