27 Juin 2014
L'Assemblée nationale a voté vendredi la proposition de loi socialiste et écologiste sur l'autorité parentale et l'intérêt de l'enfant, ayant bouclé en première lecture les discussions, qui avaient été interrompues deux fois sur fond de longue bataille de l'UMP.
Ce texte, centré sur les conséquences des séparations des couples pour les enfants (renforcement de l'exercice conjoint de l'autorité parentale, droits accordés aux beaux-parents, encouragement à la médiation familiale...), a été soutenu par toute la gauche, mais combattu jusqu'au bout par l'UMP au nom de "l'intérêt supérieur de l'enfant".
S'il a noté que cette proposition de loi "n'est pas une révolution" au regard du droit existant, mais surtout des conditions actuelles de vie des familles, le socialiste Erwann Binet a souligné qu'elle apportait "de nouvelles sécurités pour les nouvelles familles".
Non seulement cette proposition de loi va "compliquer" la vie de ces familles, mais elle masque une volonté "idéologique" de "détruire la famille telle qu'elle existe et d'imposer la multiparentalité", a riposté l'UMP Xavier Breton.
La secrétaire d'Etat chargée à la Famille Laurence Rossignol a, elle, vanté un texte "équilibré, qui part de la réalité de la vie des familles et vise à les accompagner pendant et après la séparation" du couple parental. Elle a regretté "beaucoup de dogmatisme" dans la vision de la famille défendue à droite.
Alors que l'UMP a ironisé sur "la difficulté (de la majorité) à faire passer ce texte qui vous porte un peu la guigne, car vous dû vous y reprendre à trois fois", la secrétaire d'Etat a glissé: "Au moins, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir été examiné à la va-vite."
Le débat en première lecture sur la proposition de loi avait repris vendredi matin là où il avait été interrompu dans la nuit du 16 au 17 juin.
La fin des discussions avait en effet été reportée une deuxième fois face à la bataille de l'UMP, moins d'un mois après un scénario similaire.
L'exécutif avait renoncé en février à un grand projet de loi sur la famille, après d'imposants rassemblements de la Manif pour tous.