24 Mai 2012
François Hollande se targue d’avoir mis la croissance au cœur du débat européen, comme s’il avait le monopole de cet enjeu et que, avant lui, personne en Europe ne s’intéressait à la croissance ni ne travaillait à la soutenir.
En réalité, le nouveau chef de l’État français fait de la "récup’"
Sur tous les sujets qu’il a solennellement brandis, de longs et approfondis travaux ont déjà été menés, tant par la Commission européenne que par le Parlement européen et de nombreux gouvernements.
Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus mardi 22 mai à un accord sur le lancement du projet pilote des "EU project bonds", obligations européennes destinées à financer de grands projets d’infrastructures de transport et d'énergie. En plus de ces 230 millions d’euros garantis par l’UE, d’autres mesures sont également mises en œuvre pour atteindre l’objectif de croissance : le Parlement européen a approuvé ce matin le projet de taxe sur les transactions financières mis sur la table par la Commission, et cette dernière s’emploie aussi à réaffecter aux PME les fonds européens non-utilisés dans le but de développer la formation et l’emploi.
Ni l’Europe ni les gouvernements européens n’ont attendu Monsieur Hollande pour travailler à des initiatives concrètes et précises en faveur de la croissance, de l’emploi et de la compétitivité.
En vérité, nous assistons à une opération de communication qui vise à faire apparaitre François Hollande comme un chantre de la croissance et le héraut de l’Europe contre la si vilipendée "politique d’austérité" que prônerait, seule contre tous, Madame Merkel, comme si cette dernière n’avait pas elle aussi les enjeux de croissance et d’emploi au cœur de son agenda.
Cette opération de communication a un nom : c’est la "stratégie du coucou". François Hollande cherche à s’installer tel le coucou dans les nids patiemment construits par d’autres que lui, pour en tirer tous les bénéfices politiques. Les stratégies du coucou présentent une grande faiblesse : elles ne durent qu’un temps.