16 Avril 2013
Le Sénat a rejeté pour la seconde fois lundi 15 avril, par 199 voix contre et 5 voix pour, le projet de loi relatif à l'élection des conseillers départementaux et modifiant le calendrier électoral.
En divisant le nombre cantons par deux, tout en conservant le même nombre de conseillers généraux, ce texte permet de satisfaire les appétits électoraux des socialistes tout en écrasant de manière violente nos territoires ruraux.
En effet, en plus d’instituer un binôme de deux conseillers généraux par canton, qui n’a aucun sens en termes de représentativité, le projet du Gouvernement cache un effet pervers : en soumettant le découpage des nouveaux cantons à un critère de population, il va en effet entraîner une sous représentativité très claire du monde rural et montagnard. Ainsi, des cantons urbains et très peuplés élisant aujourd’hui un conseiller général en éliront désormais deux, pendant que les petits cantons ruraux seront fusionnés par deux ou par trois.
Au sein des assemblées départementales, les villes, plus représentées, décideront donc désormais pour les campagnes!
Bien entendu, ce texte, qui prévoit par ailleurs un report des élections cantonales à 2015 a pour objectif réel d’éviter un vote sanction dès les élections municipales de 2014 : sous le faux alibi de la parité et sous le tripatouillage des chiffres de population, se cache la volonté de réduire au silence le monde rural.
Si constitutionnellement, le dernier mot revient désormais à l’Assemblée nationale pour l’adoption de ce projet de loi, il convient pour le Gouvernement de faire pour une fois preuve de pragmatisme, et de ne pas aller contre le Sénat, chambre représentante des territoires et qui malgré sa majorité à gauche, vient de s’exprimer par deux fois contre ce texte.
Il donnerait ainsi un exemple frappant de respect des élus, des territoires et des Français vivant en territoires ruraux ou montagnards, qui méritent tout autant que les autres d’être entendus et représentés.