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Le gouvernement veut structurer une filière française de lutte contre les incendies

Le gouvernement souhaite faire émerger une "filière" des industriels impliqués dans la lutte contre les incendies et compte réunir les acteurs concernés à la fin de l'été, pour tirer les enseignements des feux qui ont ravagé le pays, a annoncé hier le ministère de l'Industrie.

Le ministre délégué chargé de l'Industrie réunira à Bercy, fin août ou début septembre, "les principaux acteurs industriels mobilisés dans la prévention, la détection et la lutte contre les incendies afin de tirer les enseignements des feux ayant touché la France cet été", a indiqué le ministère. Cette initiative "s'inscrit dans la volonté du président de la République de mener un retour d'expérience une fois la phase de crise achevée", précise-t-on de même source.

Parmi les acteurs autour de la table : constructeurs aéronautiques, fabricants d'équipements d'intervention, entreprises de détection et de surveillance, opérateurs de drones, acteurs de l'observation satellitaire, spécialistes des télécommunications ou encore sociétés développant des solutions d'intelligence artificielle et de gestion de crise. Tous seront associés à cette réflexion, dont l'objectif "est de capitaliser sur l'expérience acquise lors de ces événements" et "d'identifier les innovations susceptibles d'apporter des capacités complémentaires aux services de l'État et aux secours".

Le ministre délégué souhaite ainsi "contribuer à l'émergence d'une véritable filière française de la lutte contre les incendies, de la prévention et de la détection précoce aux moyens d'intervention terrestres et aériens, en passant par les nouvelles technologies". "Dans un contexte marqué par l'intensification des risques liés au changement climatique, l'ambition est de renforcer la souveraineté industrielle française et de continuer à développer les capacités du pays en matière de prévention, d'anticipation et de gestion des incendies", conclut le ministère.

L'annonce intervient alors que l'exécutif a été interpellé à plusieurs reprises sur l'état de la flotte aérienne de lutte anti-incendie, notamment des canadairs, considérée comme "vieillissante". La France a commandé de nouveaux appareils qui seront livrés en 2028 pour les premiers et à l'horizon 2032 pour les derniers.

"Pour prévenir et combattre les incendies avec une protection aérienne forte, il est temps de passer à l'acte par la création d'une filière française d'excellence industrielle pour la sécurité civile", a estimé hier le président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) Occitanie/Pyrénées-Méditerranée. Estimant que les canadairs "sont dépassés", il a appelé l'État à "concevoir et produire dans les 3 ans qui viennent les avions dont les pompiers comme les populations ont besoin" et à créer une "filière" d'ici la fin de l'année.

Le Premier ministre demande à la ministre de la Transition écologique de nouvelles mesures d'adaptation au changement climatique

En outre, le Premier ministre, a chargé hier la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature de lui présenter de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique, dans une lettre de mission.

Face aux incendies à répétition et aux épisodes de canicule, le chef du gouvernement note que la France "doit accélérer sa préparation à des conditions climatiques plus dures". Il a demandé à la ministre, qui a un temps annoncé sa démission sur fond de désaccords sur la loi d'urgence agricole avant d'accepter de poursuivre sa mission, de lui présenter d'ici "début octobre" des "mesures concrètes". L'objectif est d'"accélérer la mise en œuvre" du troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc-3). Ce plan, publié en mars 2025, comprend une cinquantaine de mesures destinées à adapter le pays à un scénario de réchauffement climatique de +4 degrés à l'horizon 2100.

La lettre de mission à Mme Barbut comprend plusieurs thématiques à explorer comme la "gestion du bâti" (aménagements et pratiques d'adaptation), l'agriculture, le transport, la gestion de l'eau ou encore l'enseignement, avec notamment l'idée d'adapter "l'organisation scolaire et universitaire aux nouveaux rythmes climatiques", y compris en revoyant la "temporalité" des examens effectués en période de fortes chaleurs. "L'ensemble de ces mesures devront être rapidement opérationnelles, dans le temps qui est celui de ce gouvernement, en fléchant si nécessaire des financements existants vers ces actions nouvelles", demande M. Lecornu

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