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Un nouveau contrat social pour 2050

Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan, présidé par Clément Beaune, a publié hier un rapport intitulé "Choisir son travail demain", réalisé sous la direction d'Antoine Foucher (Quintet Conseil). Constatant que le modèle hérité des Trente Glorieuses est à bout de souffle — productivité en berne, population vieillissante —, le rapport appelle à un nouveau contrat social articulé autour de trois axes, à l'horizon 2035-2050.

Premier axe : investir massivement dans les compétences, en portant le nombre d'apprentis à 1,5 million d'ici 2035 (niveau allemand actuel), et en créant d'ici 2050 un "droit à la reconversion universel" — un droit de tirage de six mois à un an, mobilisable une fois dans sa carrière, qui bénéficierait à 300 000 personnes par an pour un coût de 5 à 6 milliards d'euros annuels.

Deuxième axe : allonger la durée d'activité, via un compte épargne temps universel et un droit au temps partiel en fin de carrière. Pour financer la protection sociale, Foucher évoque deux leviers possibles — une retraite à points modulable, ou un allongement de la durée de cotisation. Concrètement, il suggère un départ à 64 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans, et plutôt 70 ans pour ceux entrés plus tard sur le marché du travail.

Troisième axe : bâtir une protection sociale attachée à la personne plutôt qu'au statut, à trois niveaux (individuel, national, professionnel), pour s'adapter aux parcours fragmentés et à la montée de l'indépendance. À court terme, le rapport préconise de réduire l'écart entre salaire brut et net en baissant les cotisations salariales sur l'ensemble des salaires, compensée par un élargissement de la base fiscale, avec un objectif de taux d'emploi porté à 74 % en 2035 puis 78 % en 2050 (contre 69 % en 2025).

En parallèle, et dans la même logique de réduction de l'absentéisme, le gouvernement a annoncé deux décrets sur les arrêts de travail, prolongeant son plan du 9 avril dernier :

Le premier réduit, à compter du 15 octobre, la durée maximale d'indemnisation des arrêts dérogatoires de longue durée — souvent liés à la dépression légère ou aux troubles musculo-squelettiques — de trois ans à un an, alignée jusqu'ici sur celle des affections longue durée sans en avoir les garanties de prise en charge. Ce régime, qui a coûté 3,17 milliards d'euros en 2023 et progresse de 6 % par an, souffre selon le ministère d'un suivi médical insuffisant. En contrepartie, des parcours de soins renforcés inspirés d'expérimentations comme "Sésame" ou "DSPP" seront mis en place.

Le second décret cible le nomadisme médical — la multiplication des consultations pour obtenir plus facilement un arrêt — en chargeant l'Assurance maladie de sanctionner les abus manifestes, potentiellement par des pénalités financières. Le ministère reconnaît toutefois que certains patients concernés n'ont pas le choix, faute d'accès à un médecin traitant.

Ces mesures s'ajoutent à un arsenal déjà engagé cette année (kit d'accompagnement, bouton d'alerte, contrôles renforcés) et aux dispositions de la LFSS 2026 (plafonnement des prescriptions, motif médical obligatoire, saisine du contrôle médical au-delà de trois mois d'arrêt).

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