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Edouard Philippe quitte la présidence d'Horizons et lance "Avec Édouard"

Édouard Philippe vient de poser un geste qui mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il ne parle pas seulement de sa propre candidature : il parle de l'après.

Tout commence par une annonce presque symbolique. L'ancien Premier ministre, candidat à la présidentielle sous les couleurs d'Horizons, annonce qu'il quitte la présidence exécutive de son propre parti à partir du 1er octobre. Il passe la main à Christophe Béchu, le secrétaire général. Pourquoi lâcher son parti en pleine campagne ? Parce que, dit-il, "le rassemblement exige que chacun fasse un pas" — et qu'il veut être celui qui le fait en premier. C'est une manière de se présenter non plus comme le chef d'une écurie, mais comme le rassembleur d'un camp plus large.

Ce geste s'accompagne d'une structure nouvelle : un "comité de campagne élargi", baptisé "Avec Édouard", qui ne réunit plus seulement les militants d'Horizons, mais une bonne quatre-vingtaine de soutiens venus d'ailleurs à droite et au centre. Et cette dynamique doit se prolonger localement, avec des "comités avec Édouard" dans les territoires, ouverts à des gens issus d'autres familles politiques.

Mais l'essentiel se joue plus loin. Philippe propose aux différents partis et courants de la droite et du centre — du MoDem jusqu'à Nouvelle Énergie — de se retrouver autour de la Toussaint pour un "comité de l'après". L'idée : discuter des convergences programmatiques et préparer les législatives qui suivront la présidentielle, avec, ambition affichée à Tourcoing, un candidat unique par circonscription. On voit ici que Philippe ne joue plus seulement la partie présidentielle : il prépare déjà la partie d'après, celle du Parlement.

Il ne s'arrête pas là. Sans attendre cette réunion encore hypothétique, il annonce vouloir dévoiler dès septembre ses propositions sur les retraites — un sujet qui parle directement au quotidien des gens, et qui lui permet d'occuper le terrain avant les autres.

Ce calendrier n'est pas anodin. Il tombe la veille d'une réunion du "comité de liaison", une instance voulue au printemps par un autre ancien Premier ministre, Gabriel Attal, patron de Renaissance et lui aussi candidat. Ce comité réunit déjà des représentants d'Horizons, de Renaissance, du MoDem, de l'UDI et du Parti radical. Béchu prend soin de dire que l'initiative de Philippe ne vise pas à l'enterrer, mais reconnaît qu'elle ne couvre pas tout l'espace de la droite et du centre. Autrement dit : Philippe construit sa propre plateforme, plus large que celle d'Attal, sans la renier frontalement.

Face à cela, Bruno Retailleau, candidat des Républicains, tranche net. Il annonce qu'il ne participera pas à la réunion proposée par Philippe, la qualifiant de "réunion pour les macronistes entre les macronistes". Son message est clair : il refuse de se laisser absorber dans une dynamique centriste avant même le premier tour, et affirme que l'élection "se gagnera à droite", pas au centre.

Ce qu'il faut retenir : deux logiques s'affrontent. D'un côté, Philippe et, dans une moindre mesure, Attal, préparent déjà une recomposition post-présidentielle autour d'un pôle centriste élargi. De l'autre, Retailleau refuse d'anticiper une défaite ou une dilution, et veut mener sa campagne comme une candidature de droite assumée, sans concession au centre. La primaire à droite, dont Philippe ignore ostensiblement les appels, reste en toile de fond : ce geste de retrait de la présidence d'Horizons peut aussi se lire comme une façon de s'en affranchir, en se positionnant au-dessus des partis plutôt qu'à leur tête.

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