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Emmanuel Macron appelle à redonner toute sa place à l'ONU face à « la loi de la jungle »

Pour son dernier discours à la tribune de la 81e Assemblée générale, Emmanuel Macron a plaidé pour une « société internationale civilisée » face à « le retour de l'impérialisme, de l'arrogance, le retour à la force sans règle ni retenue ». Il a dénoncé ceux qui veulent « battre en brèche l'ordre international pour élargir leurs frontières » ou décider seuls de l'avenir de la planète, « qu'il s'agisse du climat ou de l'intelligence artificielle », et appelé à ne rien céder à « une lente division du monde ». Il a salué António Guterres, qui n'a « jamais rien cédé ». Le président brésilien Lula a jugé de son côté que l'ONU « échoue » dans sa mission de débarrasser l'humanité de la guerre et que sa crédibilité « n'a jamais été aussi faible ».

Sur l'IA, Macron a invité les États « attachés à leur indépendance », une « coalition des indépendants » refusant de devenir les vassaux de l'une des deux grandes puissances, à développer un modèle « frontière » open source en mutualisant calcul et investissements, tout en promettant de continuer à soutenir Mistral AI. Sur les réseaux sociaux, il a reconnu qu'on a « trop tardé » à protéger les enfants et annoncé que le Forum de Paris sur la paix des 10 et 11 novembre servira à « accélérer l'agenda de la protection ». Sur l'Ukraine, il a soutenu un « double moratoire » : sur l'énergie et les infrastructures civiles, et sur la mer Noire pour libérer les céréales. Volodymyr Zelensky s'est dit « prêt pour un moratoire » à condition que la Russie n'attaque plus ses infrastructures énergétiques, de chauffage et d'eau. Un an après la reconnaissance de la Palestine, Macron a défendu la solution à deux États, jugé la passivité face à Gaza « honteuse » et réclamé la souveraineté du Liban et de la Syrie. Erdogan a demandé la reconstruction « immédiate » de Gaza et le roi Abdallah II a dénoncé un Israël qui « teste jusqu'où il peut aller ».

Donald Trump, sur un ton plus mesuré que l'an dernier et au prompteur, a défendu son nationalisme, enlisé dans le conflit avec l'Iran et sans issue en Ukraine, et en baisse dans les sondages. Il a posé le choix entre un accord avec l'Iran et l'« anéantissement » de la République islamique, sans fermer la porte à un accord « après les élections » de mi-mandat, et révélé des discussions américano-iraniennes en marge de l'Assemblée. Les Gardiens de la Révolution disent que l'Iran a « durci » ses conditions. Il a menacé d'user de la force en Amérique du Sud, prédit la chute du régime cubain (que La Havane dénonce comme des « calomnies »), appelé les États à quitter la CPI et refusé toute régulation mondiale de l'IA, alors que plus de vingt chefs d'État ont réclamé des mesures de sécurité contraignantes. Il a surtout signé à l'ONU un accord de sécurité avec le Groenland et le Danemark : deux bases américaines dans le sud et l'est de l'île, extension des activités à Pituffik, accord durable même en cas d'indépendance, salué par Antonio Costa.

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