Rédigé par Philippe Le Roux et publié depuis
Overblog
Les États-Unis ont invité Vladimir Poutine au sommet du G20 de décembre 2026. Moscou n’a pas répondu, et sa venue reste incertaine.
Les faits
Annonce : le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé l’invitation le 23 septembre, après sa rencontre avec Sergueï Lavrov à l’Assemblée générale de l’ONU. Il a dit espérer que Poutine « l’acceptera ».
Sommet : il est prévu les 14 et 15 décembre au Trump National Doral, près de Miami. Le lieu appartient à Donald Trump, qui préside le sommet.
Réaction du Kremlin : Dmitri Peskov a dit le 24 septembre qu’aucune décision n’était prise. Il juge l’invitation prématurée à discuter et dit qu’elle sera « étudiée ».
Réaction européenne : Kaja Kallas juge que c’est « la mauvaise voie » pour « normaliser ceux qui déclenchent des guerres » et dit qu’elle en parlera aux autres membres du G20. Donald Tusk estime que l’invitation pourrait encourager l’agression russe. Un porte-parole de l’UE a déclaré que l’Union continuerait à condamner l’invasion de l’Ukraine au G20, que Poutine y soit ou non.
Pourquoi c’est délicat
Mandat de la CPI : la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Poutine en mars 2023, pour la déportation d’enfants ukrainiens. Les États-Unis ne sont pas partie au Statut de Rome et n’auraient donc pas à l’arrêter. Washington prépare des sanctions contre la CPI, et Trump a appelé ses États membres à s’en retirer, comme il l’a dit à l’ONU.
Présence de Poutine : ce serait sa première participation en personne à un G20 depuis 2019. Il a suivi celui de 2021 à distance et envoyé Lavrov en 2023. Il n’a pas mis les pieds sur le territoire continental américain depuis le début de l’invasion de 2022. Sa dernière rencontre avec Trump date d’août 2025, à Anchorage, sans accord sur l’Ukraine.
Afrique du Sud : elle est exclue du sommet, Trump l’ayant annoncé en novembre 2025 en invoquant le sort des Afrikaners. L’invitation à Poutine contraste donc avec cette exclusion.