19 Novembre 2007
Cheminots, fonctionnaires et étudiants descendent dans la rue mardi, une journée nationale d'action qui pose un certain nombre de questions sur la nature et le devenir de ces mouvements sociaux.
Qui participe au mouvement social contre la réforme des régimes spéciaux?
Qui est aux commandes du côté du pouvoir et des directions d'entreprises ?
Ce qui est négociable ou pas ?
Le gouvernement martèle que trois dispositifs de sa réforme ne sont pas négociables :
A l'exception de Sud, qui exige le retrait pur et simple de la réforme, les syndicats semblent s'être résignés à tout ou partie de ces préalables. Ils demandent néanmoins des contreparties pour que les pensions des agents ne soient pas réduites (primes, bonifications, pénibilité, etc.).
Jusqu'à quand la grève dans les transports va-t-elle se prolonger ?
Six syndicats de cheminots ont appelé dimanche à reconduire la grève pour 24 heures et, journée des fonctionnaires de mardi aidant, il semble peu probable qu'ils appellent à la reprise du travail avant l'ouverture, mercredi, des négociations à la SNCF et à la RATP.
La SNCF a demandé aux syndicats d'enclencher d'ici là "une dynamique de reprise sur le terrain". Un retour à la normale "ça devrait être pour le milieu de la semaine", a affirmé Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, lundi matin.
Pourquoi les syndicats de fonctionnaires appellent-ils tous à la grève mardi?
Les huit fédérations de fonctionnaires ont lancé un appel unitaire à une grève de 24 heures mardi pour l'ensemble des 5,2 millions agents des trois fonctions publiques (Etat, collectivités territoriales, hôpitaux).
Elles réclament l'ouverture de négociations sur les salaires pour 2007, arguant qu'aucune augmentation n'a été accordée cette année. Le gouvernement a jusqu'ici refusé.
La grogne des fonctionnaires est renforcé par l'annonce, début octobre, du non remplacement de 22.900 postes en 2008, dont 11.200 dans l'éducation.
Qu'en est-il du mouvement étudiant?
La coordination nationale étudiante réclame l'abrogation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. Elle a appelé à participer aux manifestations des fonctionnaires mardi, et à une journée de mobilisation spécifique pour les étudiants et lycéens jeudi. Aujourd'hui, 37 sites universitaires sont très perturbés.
Les mouvements sociaux peuvent-ils faire cause commune ?
Plusieurs syndicats, comme la CFDT ou l'Unsa, écartent catégoriquement tout lien entre la grève des fonctionnaires et le mouvement des cheminots, soulignant que l'empilement de mots d'ordre divers rendrait les manifestants inaudibles.
La CGT ou FO, en revanche, envisagent une jonction des mouvements sur le thème du pouvoir d'achat, mais de façon prudente pour ménager leurs partenaires syndicaux.
Solidaires (syndicats Sud) appelle pour sa part à une mobilisation commune contre la politique de Nicolas Sarkozy et a même fait de "Non à Nicolas Sarkozy" son principal slogan…