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Cheminots, fonctionnaires, étudiants : Questions/réponses sur les mouvements sociaux

Cheminots, fonctionnaires et étudiants descendent dans la rue mardi, une journée nationale d'action qui pose un certain nombre de questions sur la nature et le devenir de ces mouvements sociaux.

 

Qui participe au mouvement social contre la réforme des régimes spéciaux?

  • A la SNCF, six fédérations de cheminots, CGT, FO, CFTC, Unsa, CFE-CGC et Sud Rail, représentant 85% des voix aux élections d'entreprise, appellent à la grève depuis le début du mouvement mardi 13 au soir. La CFDT (11%) a suspendu son appel vendredi et la Fgaac (conducteurs de train, 3%) n'a pas participé au mouvement.
  • A la RATP, quatre syndicats, CGT, Unsa, FO et Sud RATP, représentant près des trois quarts du personnel, appellent à la grève. La CFDT et le SCI (indépendant) ont appelé au début du mouvement, CFE-CGC et CFTC n'ont pas participé au conflit.
  • A EDF et GDF, cinq syndicats ont appelé à la grève mercredi 14 novembre et parfois au-delà, mais le mouvement est désormais très minoritaire.

 

Qui est aux commandes du côté du pouvoir et des directions d'entreprises ?

  • La réforme a été voulue par Nicolas Sarkozy et annoncée tout au long de sa campagne. Aujourd'hui, c'est donc l'Elysée qui garde la haute main sur l'action des pouvoirs publics pendant le conflit. Quant au pilotage des négociations au jour le jour, il revient à Xavier Bertrand, le ministre du Travail, en lien avec l'Elysée et Matignon.
  • A la SNCF, le numéro deux Guillaume Pépy est omniprésent depuis le début du conflit, derrière la présidente de l'entreprise, Anne-Marie Idrac, dont la lettre envoyée ce week-end aux syndicats a néanmoins amorcé un déblocage.
  • Le président de la RATP Pierre Mongin gère le dossier dans la régie.

Ce qui est négociable ou pas ?

Le gouvernement martèle que trois dispositifs de sa réforme ne sont pas négociables :

  • le passage des agents de 37,5 à 40 annuités de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein,
  • l'introduction d'un système de décote (décrue de la pension versée en cas de trimestre de cotisation manquant)
  • et indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires.

A l'exception de Sud, qui exige le retrait pur et simple de la réforme, les syndicats semblent s'être résignés à tout ou partie de ces préalables. Ils demandent néanmoins des contreparties pour que les pensions des agents ne soient pas réduites (primes, bonifications, pénibilité, etc.).

 

Jusqu'à quand la grève dans les transports va-t-elle se prolonger ?

Six syndicats de cheminots ont appelé dimanche à reconduire la grève pour 24 heures et, journée des fonctionnaires de mardi aidant, il semble peu probable qu'ils appellent à la reprise du travail avant l'ouverture, mercredi, des négociations à la SNCF et à la RATP.

La SNCF a demandé aux syndicats d'enclencher d'ici là "une dynamique de reprise sur le terrain". Un retour à la normale "ça devrait être pour le milieu de la semaine", a affirmé Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, lundi matin.

 

Pourquoi les syndicats de fonctionnaires appellent-ils tous à la grève mardi?

Les huit fédérations de fonctionnaires ont lancé un appel unitaire à une grève de 24 heures mardi pour l'ensemble des 5,2 millions agents des trois fonctions publiques (Etat, collectivités territoriales, hôpitaux).

Elles réclament l'ouverture de négociations sur les salaires pour 2007, arguant qu'aucune augmentation n'a été accordée cette année. Le gouvernement a jusqu'ici refusé.

La grogne des fonctionnaires est renforcé par l'annonce, début octobre, du non remplacement de 22.900 postes en 2008, dont 11.200 dans l'éducation.

 

Qu'en est-il du mouvement étudiant?

La coordination nationale étudiante réclame l'abrogation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. Elle a appelé à participer aux manifestations des fonctionnaires mardi, et à une journée de mobilisation spécifique pour les étudiants et lycéens jeudi. Aujourd'hui, 37 sites universitaires sont très perturbés.

 

Les mouvements sociaux peuvent-ils faire cause commune ?

Plusieurs syndicats, comme la CFDT ou l'Unsa, écartent catégoriquement tout lien entre la grève des fonctionnaires et le mouvement des cheminots, soulignant que l'empilement de mots d'ordre divers rendrait les manifestants inaudibles.

La CGT ou FO, en revanche, envisagent une jonction des mouvements sur le thème du pouvoir d'achat, mais de façon prudente pour ménager leurs partenaires syndicaux.

Solidaires (syndicats Sud) appelle pour sa part à une mobilisation commune contre la politique de Nicolas Sarkozy et a même fait de "Non à Nicolas Sarkozy" son principal slogan…

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