22 Novembre 2007
A un peu plus de trois mois des municipales, les maires réunis en congrès à Paris expriment le souhait de prendre une part croissante dans la mise en œuvre des politiques publiques. A la veille d'entrer en campagne électorale, les maires ont toutes les raisons de se réjouir.
Leur action est largement plébiscitée par les Français. Selon tous les sondages, près de deux tiers, voire trois quarts des habitants des communes se disent satisfaits de l'action de leur premier magistrat.
Le maire est reconnu comme l'élu de proximité par excellence, loin devant le député, le conseiller général ou le conseiller régional. Connu de la grande majorité de ses concitoyens, il est considéré comme l'homme politique le plus "à l'écoute" par 64% d'entre eux, selon un sondage CSA.
Globalement, la situation financière des 36.782 communes françaises est saine. Et seuls 19% des maires la considèrent comme "difficile". Le niveau d'endettement est jugé "satisfaisant" par 64% des maires. Et surtout, les communes réalisent près de 50% des investissements civils publics effectués dans le pays (au total, la part des collectivités territoriales est de 72,4%).
Bref, un bilan largement positif. Et des maires sortants "heureux de leur mandat", selon le président de l'AMF, Jacques Pélissard (UMP). "Les maires n'ont plus le spleen", assure-t-il.
Signe des temps, les premiers magistrats des communes sont bien plus nombreux à vouloir se représenter en mars prochain qu'ils ne l'étaient à la veille des municipales de 2001. 56% se disent certains de se représenter et 14% l'envisagent sans en avoir la certitude. Il y a six ans, ils étaient à peine 50%.
Mais par delà leur bilan, "c'est sur leur capacité à produire un projet dans le temps que les maires vont être jugés" le 9 mars, explique Stéphane Rozès de l'institut CSA. Pour cela, il leur faut à la fois répondre aux attentes des habitants, donc investir encore pour l'avenir, tout en maintenant la pression fiscale et en réduisant la dette.
Des inquiétudes liées à la restructuration des services publics n'ont pas disparu. Le président de l'AMF, Jacques Pélissard, se veut pourtant optimiste. Selon lui, des progrès ont été réalisés ces dernières années dans le "partenariat exigeant et loyal" qu'il souhaite conduire avec l'Etat pour la mise en œuvre des politiques publiques.
"Nous sommes désormais au temps de la coopération et des politiques partagées", a-t-il lancé devant le président Nicolas Sarkozy qui a promis aux 14.000 maires présents au congrès un "Grenelle de la fiscalité locale".