29 Novembre 2007
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Villiers-le-Bel" : On est passés à deux doigts du drame"
Le président a estimé jeudi qu'on était "passé à deux doigts d'un drame", lors des violences urbaines de Villiers-le-Bel durant lesquelles des policiers ont été blessés par des armes à feu.
"On est passé à deux doigts du drame", a déclaré M. Sarkozy. "Un policier blessé a 18 plombs dans le corps et un autre en avait un logé dans la pommette et celui-ci m'a dit qu'il avait le tireur dans son viseur. Il aurait pu tirer", a-t-il ajouté.
"La République ne cédera pas un pouce de terrain", a-t il martelé.
Ces émeutes sont "d'une extrême gravité, je ne les prends pas à la légère du tout", a poursuivi le président. "Je veux dire de la façon la plus solennelle que j'ai fixé un objectif de résultat: nous retrouverons les tireurs (...) un par un et pour eux ce sera la cour d'assises", a affirmé M. Sarkozy.
Récusant tout sentiment de "haine" contre la police, il a soutenu que les émeutiers étaient "des voyous déstructurés, prêts à tout", "des trafiquants".
"Les forces de police auront les moyens qu'il faut, le temps qu'ils le faut, pour les retrouver, ça ne peut pas rester sans conséquences", a-t-il ajouté.
Le président de la République a aussi indiqué qu'il avait "demandé aux forces de l'ordre de faire une opération systématique pour aller chercher les armes".
"Quand un hélicoptère a survolé certains quartiers, il a vu qu'on avait préparé parpaings, des munitions pour jeter sur les forces de l'ordre. Qu'est ce que ça à voir avec un malaise social ?", a-t-il lancé.
"Quand on veut expliquer l'inexplicable, c'est qu'on s'apprête à excuser l'inexcusable", a-t-il encore estimé.
Pour le reste, "il y a le malaise social, il y a une immigration qui pendant des années n'a pas été maîtrisée, des ghettos qui ont été créés des personnes qui se sont pas intégrées", a-t-il ajouté.
S'agissant du pouvoir d'achat, M. Sarkozy a répété son leitmotiv de campagne présidentielle: "la seule façon de répondre à cette question, c'est de permettre aux gens de travailler plus et de gagner plus", a-t-il déclaré, soulignant qu'il "n'y pas d'argent" dans les caisses publiques.
M. Sarkozy a ainsi proposé la "monétisation des RTT", que les salariés et les fonctionnaires pourraient se faire payer après accord avec l'employeur. Sarkozy veut élargir les possibilités de travailler le dimanche.
Il a annoncé qu'il voulait élargir les possibilités de travail le dimanche, à condition que les salariés soient "payés le double" et sur la base du "volontariat".
"Je mettrai aussi en débat la question du travail le dimanche", "Je veux que les salariés qui veulent travailler le dimanche puissent le faire sur la base de l'accord, du volontariat, qu'ils soient payés le double et que l'on puisse élargir les possibilités de travailler pour créer la croissance", a-t-il ajouté.
Dans sa lettre de mission à la ministre de l'Économie et de l'Emploi, le 11 juillet, le président Sarkozy avait chargé Christine Lagarde de travailler sur "l'autorisation du travail le dimanche pour les salariés volontaires". Actuellement, les magasins doivent bénéficier d'une dérogation préfectorale pour pouvoir ouvrir le dimanche et faire travailler ce jour-là leur personnel, qui a, en théorie, le droit de refuser.
Il a souhaité que soit "débloqués" les fonds de participation des salariés, "dans les six mois qui viennent", avec un système de "primes défiscalisées de cotisations sociales" pour les entreprises de moins de cinquante salariés où il n'y a pas de participation.
Le chef de l'État a souhaité que dans les entreprises de moins de cinquante salariés, où il n'y a pas de participation, les éventuelles primes aux salariés "puissent être défiscalisées de cotisations sociales".
Pouvoir d'achat : Sarkozy pour un indice qui corresponde à la vie quotidienne
Le président Nicolas Sarkozy a demandé la création d'un "indice du pouvoir d'achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français".
"Les gens qui font leurs courses voient parfaitement que la vie a augmenté beaucoup plus vite que n'augmentent leurs revenus, c'est la raison pour laquelle je demande qu'on crée un indice du pouvoir d'achat qui corresponde enfin à la vie quotidienne des Français" pour qu'ils "aient le sentiment qu'on ne se moque pas d'eux", a déclaré le chef de l'État.
Nicolas Sarkozy a également annoncé son intention d'entamer une "grande discussion avec la grande distribution", au-delà des dispositions de la "loi Chatel" sur la consommation qui vient d'être adoptée, "pour qu'on obtienne la baisse des prix dans nos grandes surfaces".
Sarkozy propose une conférence sociale à la mi-décembre
Plus largement, le président de la République a proposé aux partenaires sociaux de tenir une conférence sur l'agenda social de 2008 à la mi-décembre. Il s'agira notamment discuter de la "sécurisation des parcours professionnels", pour "donner davantage de flexibilité aux entreprises" et "en même temps davantage de garanties aux salariés".
"L'un des objets de cet agenda social que je vais négocier avec les partenaires sociaux", a-t-il exposé, "c'est comment faire pour donner davantage de flexibilité aux entreprises, et en même temps donner davantage de garanties aux salariés".
La sécurisation des parcours professionnels est au coeur d'une négociation menée à un rythme soutenu depuis septembre par le patronat et les syndicats.
"Qu'une femme ou un homme de 45 ans, qui se trouve au chômage, ait le droit à la formation, qu'on ne le laisse pas tomber, qu'on puisse généraliser le contrat de transition professionnelle (CTP)", a lancé M. Sarkozy.
Le contrat de transition professionnelle "permet à un salarié licencié pour des raisons économiques de ne pas être au chômage, d'avoir un contrat avec l'État, d'avoir une nouvelle formation pour trouver un nouvel emploi. C'est ça qu'on va négocier avec les partenaires sociaux", a expliqué M. Sarkozy.
Expérimenté depuis avril 2006 dans sept bassins d'emploi, dont celui de Charleville-Mézières, le dispositif du contrat de transition professionnelle doit permettre d'assurer la reconversion des licenciés économiques dans les entreprises de moins de 1.000 salariés.
Il prévoit notamment le versement de 80% du salaire brut pendant un an au bénéficiaire, qui s'engage à chercher un emploi.
"Je ne veux plus que les jeunes aient tant de difficultés à trouver des emplois", a ajouté M. Sarkozy, en affirmant qu'"dizaine de pays en Europe ont le plein emploi, pas nous".
Il n'est "pas acceptable" non plus que "des salariés de 52 ou 53 ans soient mis dehors alors que dans le même temps, on leur dit de cotiser plus longtemps pour la retraite".
"Comment se fait-il que la législation sociale française soit la plus complexe, et théoriquement la plus protectrice, et que les salariés ne se soient jamais sentis dans un tel état de précarité, et que les chefs d'entreprise ne se soient jamais sentis aussi contraints ?", s'est-il interrogé. "Je veux qu'on sorte de cela", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy demande que les loyers soient indexés sur l'indice des prix
"Je demande que l'indexation" des loyers "ne se fasse plus sur l'indice des prix à la construction, mais sur l'indice des prix tout court", a déclaré M. Sarkozy, expliquant qu'il fallait éviter l'effet sur les loyers de la hausse des matières premières.
M. Sarkozy a également indiqué qu'il demanderait "au Premier ministre et au ministre du Logement" de "conduire des négociations" pour réduire à un mois de loyer le montant de la garantie demandée aux locataires, et mettre en place un système de "mutualisation publique qui permette de ne pas demander de caution" aux locataires.
Ces mesures pourront rentrer en vigueur "dès le début de l'année prochaine", a-t-il déclaré.
Depuis début 2006, l'indice du coût de la construction (ICC) a été remplacé par l'indice de référence des loyers (IRL) comme référence pour la révision annuelle des loyers en cours de bail dans le parc locatif privé, en vertu de la loi du 25 juillet 2005 relative au développement des services à la personne.
Cet indice est composé à 60% de l'indice des prix à la consommation, à 20% de l'indice du coût de la construction (ICC) et à 20% de l'indice des prix d'entretien et d'amélioration (IPEA).
Il a progressé de 2,76% au deuxième trimestre sur un an, après une hausse de 2,92% au premier trimestre, a annoncé vendredi l'Insee.
"peine de sûreté" après la prison pour "prédateurs" récidivistes
Le président Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il demanderait au Parlement, dans le cadre de l'examen du projet de loi de Rachida Dati, d'"imposer une peine de sûreté après la peine de prison" aux "prédateurs" récidivistes.
"J'ai demandé à Rachida Dati, qui l'a fait avec beaucoup de courage, de faire voter une loi sur les récidivistes", a-t-il lancé. "Je demanderai au Parlement, sur le texte de Rachida Dati, d'imposer une peine de sûreté après la peine de prison à tous ces prédateurs qui tant qu'ils ne se feront pas soigner ne sortiront pas de prison", a-t-il poursuivi.
"Moi, les droits de l'Homme auxquels je pense c'est d'abord ceux de la victime", a-t-il martelé.
Le Conseil des ministres a adopté mercredi le projet de loi Dati sur la rétention de sûreté et la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental.
L'objectif de ce projet "est de permettre de retenir dans des centres fermés les auteurs de crimes pédophiles condamnés à quinze ans de réclusion ou plus lorsqu'ils restent particulièrement dangereux et présentent un risque très élevé de récidive à l'issue de leur peine de prison"