Un Républicain de Guingamp

Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République

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Principaux passages publiés de la lettre d'Ingrid Betancourt à sa famille

Voici les principaux passages rendus publics de la lettre que l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a écrite, en espagnol, à sa famille dans le cadre des preuves selon lesquelles elle est en vie, les premières depuis 2003, fournies par la guérilla des Farc qui l'a enlevée le 23 février 2002.

 

SUR SON ETAT DE SANTE

Je me sens mal physiquement (...) j'ai l'appétit coupé, je perds mes cheveux en grandes quantités.

(...) j'ai l'esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus lentement qu'à la normale.

Je fais un peu d'étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.

Je n'ai envie de rien (...) car ici, dans cette jungle, l'unique réponse (des Farc) est "non" à tout.

Plusieurs années durant, j'ai pensé que tant que j'étais vivante, tant que je continuerais à respirer, je devrais continuer à entretenir l'espoir. Je n'ai plus les mêmes forces, cela m'est très difficile de continuer à croire (...)

 

SUR SES CONDITIONS DE DETENTION

Ici, nous vivons comme des morts. Tout est dur.

La vie ici n'est pas la vie, c'est un lugubre gaspillage de temps.

Ici, rien n'est à soi, rien ne dure, l'incertitude et la précarité sont l'unique constante.

 hacun doit dormir dans n'importe quel renfoncement, étendu n'importe où, comme n'importe quel animal.

Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d'une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j'ai une maison. La Bible est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant.

Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas.

Ils m'ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même.

Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d'une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème.

 

A SA FAMILLE

Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie.

Chaque chose est un miracle, même t'entendre (elle s'adresse à sa mère Yolanda Pulecio, ndlr) chaque matin car la radio que j'ai est très vieille et abîmée.

Je veux te demander, ma petite maman chérie, que tu dises aux enfants qu'ils m'envoient trois messages hebdomadaires (...). C'est l'unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m'importe plus.

A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j'aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre. Mélanie, je t'ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi.

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues (...), je veux dire que depuis qu'il est né jusqu'à aujourd'hui, il a été ma source de joies. J'ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J'en ai tremblé d'émotion.

 

SUR LA SITUATION POLITIQUE EN COLOMBIE

Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas un sujet "politiquement correct", cela sonne mieux de dire qu'il faut être fort face à la guérilla même s'il faut sacrifier des vies humaines.

 

AU PRESIDENT VENEZUELIEN HUGO CHAVEZ ET A LA SENATRICE PIEDAD CORDOBA

A Piedad et à Chavez (ex-médiateurs), toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur coeur, que je sais grand et valeureux.

 

AUX ETATS-UNIS ET A LA FRANCE

Je pense à la grandeur des États-unis... quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique (...)

 J'aime la France avec mon coeur, car j'admire la capacité de mobilisation d'un peuple qui, comme disait Camus (l'écrivain Albert Camus, ndlr), sait que vivre, c'est s'engager.

Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s'est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenues et consolées.

Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l'engagement qu'ils nous ont apporté.

Je sais que ce que nous vivons est plein d'inconnues, mais (...) le président (Nicolas) Sarkozy est sur le Méridien de l'Histoire.

Avec le président Chavez, le président (américain George Bush) et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.

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