23 Avril 2008
Un projet de réforme constitutionnelle sur lequel Nicolas Sarkozy s'était fortement engagé, octroyant de nouveaux droits au Parlement et aux citoyens, a été adopté mercredi en Conseil des ministres.
Préparé pendant des mois par le comité Balladur, ce texte crée également un nouveau droit pour le chef de l'Etat, autorisé à parler devant le Parlement. D'autres prérogatives présidentielles sont en revanche encadrées comme les nominations.
Les députés commenceront à en débattre le 20 mai, puis les sénateurs en juin. Il ne pourra être définitivement adopté qu'après acceptation par les 3/5ème du Congrès, qui se réunira en juillet, probablement le lundi 7.
La "quasi-totalité" des propositions du comité présidé par l'ex-Premier ministre Edouard Balladur (le socialiste Jack Lang en était vice-président) ont été reprises dans le projet.
Y ont été ajoutées deux dispositions sur la demande expresse de Nicolas Sarkozy : limitation à deux des mandats présidentiels consécutifs, fixation du nombre maximum de ministres et des autres membres du gouvernement par loi organique.
Le chef de l'Etat pourrait aussi désormais s'adresser directement au Parlement: soit réuni en congrès, soit devant l'une ou l'autre chambre. Sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
Le président voit son pouvoir de nomination encadré par une commission parlementaire chargée de donner son avis et ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature.
Si ce projet était entériné à Versailles, il traduirait "une évolution importante de la Ve République", assure le constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui faisait partie du comité Balladur.
Il cite la possibilité offerte aux citoyens de saisir le Conseil constitutionnel s'ils s'estiment victimes d'une loi contraire aux droits garantis par la Constitution.
Un défenseur des droits du citoyen est créé, aux pouvoirs importants.
Plusieurs mesures accroissent les pouvoirs du Parlement, comme notamment l'augmentation du nombre de commissions (passant de 6 à 8), le partage avec le gouvernement de l'ordre du jour, la possibilité de s'opposer à la procédure d'urgence ou le droit de résolution sur tous les sujets.
L'article 49-3 (adoption d'un projet de loi sans recourir à un vote) voit son périmètre réduit aux budgets et à un seul autre texte par session.
L'article 16 de la Constitution (pleins pouvoirs présidentiels en cas de crise) est encadré dans le temps.
La compétence du Conseil économique et social est élargie aux questions environnementales. L'opposition a un statut..
Avant l'examen du texte à l'Assemblée, le Premier ministre François Fillon a annoncé qu'il mènerait, début mai, une nouvelle série de consultations des chefs des partis représentés au Parlement.
les principaux points du projet
LE PRESIDENT DEVANT LE PARLEMENT
PLEINS POUVOIRS EXCEPTIONNELS
CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE
RENFORCEMENT DES POUVOIRS DU PARLEMENT
ENCADREMENT DES POUVOIRS PRESIDENTIELS
REPRESENTATION ELECTORALE
ADHESION A L'UNION EUROPEENNE
DROITS NOUVEAUX
MANDAT PRESIDENTIEL
COMPOSITION DU GOUVERNEMENT