Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
15 Juin 2008
Elle est l'une des "aboyeuses" de Nicolas Sarkozy. Récemment entrée au gouvernement, en charge de la Famille, Nadine Morano, par ailleurs membre du fameux G7 présidentiel, est réputée pour son franc-parler et sa pugnacité. Et en ces temps maussades pour l'exécutif, elle assure au Journal du Dimanche que le salut passe par les réformes. Entretien.
Jeudi soir, François Fillon a nié tout "désaccord de fond" avec Nicolas Sarkozy. On le dit, toutefois, en sursis. Certains évoquent même un remaniement avant l'été...
Evidemment qu'il n'y a pas de désaccord de fond. Toutes les réformes en cours sont les engagements du programme présidentiel sur lesquels les deux hommes ont travaillé en étroite collaboration. C'est à François Fillon que Nicolas Sarkozy avait confié la responsabilité du projet législatif de l'UMP! Tous ces on-dit sont sans fondement et inutilement désagréables.
On parle de Xavier Bertrand pour le remplacer...
Encore "on"... Je croyais avoir été claire!
Le Premier ministre a dénoncé une "starisation dangereuse". L'anti-Sarko en quelque sorte...
C'est son tempérament et son sentiment profond. François Fillon refuse, par exemple, de participer à des émissions "people". Il ne veut aller ni chez Ruquier, ni chez Ardisson, ni chez Fogiel, et je crois même qu'il a refusé Drucker et Denisot.
"Je n'ai pas pour habitude de me cacher dans la cale"
La "task force" ne s'est pas réunie cette semaine, c'était une mauvaise idée?
C'est une simple question d'agenda. Mais soyons clairs: ce groupe, dont je fais partie, est avant tout un espace de réflexion et d'échanges informels entre le président de la République et quelques proches. Il peut évoluer. Chirac et Mitterrand aussi réunissaient leurs plus fidèles...
Qui pourrait y entrer? Ou en sortir?
C'est le choix du Président.
Vous-même avez été choisie pour votre franc-parler?
Nicolas Sarkozy sait que je n'ai pas l'esprit de cour. Il peut compter sur la franchise de mes analyses. Et puis, lorsqu'il y a des difficultés, la tempête, je n'ai pas pour habitude de me cacher dans la cale. Je rame plus fort.
Les Français adhèrent-ils vraiment aux réformes? Les sondages ne sont pas bons...
Les réformes que nous menons sont les stricts engagements du programme présidentiel. Il n'y a aucune surprise. Tout a été dit avant, nous faisons tout maintenant.
La réforme des 35 heures a donné lieu à des divergences au sein de la majorité...
Il n'a jamais été question de remettre en cause la durée légale du temps de travail qui est aujourd'hui de 35 heures, car il deviendrait impossible de calculer les heures supplémentaires.
Des tensions sont également apparues au groupe UMP de l'Assemblée nationale, sur la loi OGM par exemple.
Cet épisode est derrière nous, même si je conçois qu'il n'a pas donné une bonne image de la majorité. Nous sommes, chacun à notre niveau, coresponsables de la mise en oeuvre du programme de Nicolas Sarkozy, le gouvernement comme les parlementaires de la majorité élus sur un programme législatif précis. Contrairement à ce que je lis, je pense que les députés sont à la fois attachés au débat et très solidaires du Président. Même s'il y a et aura toujours quelques irréductibles de la contestation permanente.
Carla Bruni a contribué à faire remonter Nicolas Sarkozy dans les sondages. Certaines paroles des chansons de son nouvel album font des vagues...
Carla Bruni est une Première Dame dont les Français se sentent fiers. Je suis frappée par sa volonté d'assumer sa responsabilité au côté du chef de l'Etat. Elle a le souci de bien faire. C'est une femme moderne qui assume sa vie professionnelle. C'est aussi une artiste, avec ce que cela comporte d'originalité et de liberté.
"Le "non" irlandais est une difficulté"
Vous avez connu vous-même des moments de disgrâce après la campagne présidentielle. Aujourd'hui c'est, semble-t-il, Rachida Dati qui est touchée?
Je n'ai pas fait partie du premier gouvernement Fillon, donc j'étais en disgrâce? C'est irréel! Tout commentaire à l'égard d'un membre d'un gouvernement auquel j'appartiens est pour moi déplacé.
Le "non" irlandais est un nouveau coup dur pour Nicolas Sarkozy?
Nicolas Sarkozy s'était fermement engagé pour sortir l'Europe de l'impasse avant même l'élection présidentielle. J'étais à Berlin avec lui en avril 2006 lorsqu'il avait fait la proposition du traité simplifié. Il a tenu cet engagement puisque les 27 ont signé le traité. 18 pays l'ont déjà ratifié. Le "non" irlandais est une difficulté, mais il faut malgré tout poursuivre le processus de ratification des autres pays et avancer.
Vous êtes secrétaire d'Etat à la Famille, quelle sera votre priorité?
Permettez-moi d'abord d'avoir une pensée pour tous les papas dont c'est la fête aujourd'hui. J'ai la charge de mettre en oeuvre un des engagements forts du président de la République: permettre une meilleure conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Nous proposerons, dès septembre, un dispositif de 350 000 offres de garde diversifiées à travers tout le pays. C'est un gros chantier. Nous y consacrerons un budget d'environ un milliard d'euros.