18 Août 2008
Quinze jours avant le jour J, plus de 6 000 élèves de terminale ou jeunes bacheliers issus de 200 lycées difficiles reprennent ce matin le chemin des classes. Pendant deux semaines, ils suivront des cours de soutien pour mieux préparer la rentrée.
Deux ou trois stylos en poche, un paquet de feuilles sous le bras, 6 167 lycéens qui entament cette année leur terminale (générale, pro ou techno) ou qui viennent de décrocher leur bac en juillet reprennent ce matin le chemin des cours. Révisions de maths ou d’anglais, conseils de travail : pendant deux semaines, ils se sont engagés à s’y coller quatre heures tous les matins, du lundi au vendredi, et par groupes de dix. Objectif : se remettre dans le bain et préparer la rentrée.
Mieux accompagner les élèves. Deux cents lycées, jugés défavorisés, mettent en place pour la première fois cette fin d’été ce nouveau dispositif expérimental de réussite scolaire, annoncé par le ministère de l’Education nationale au plus fort des manifestations lycéennes de mai. Mise en place dans la foulée par les rectorats, cette mesure répond à l’une des attentes formulées par les syndicats lycéens : que les élèves soient mieux accompagnés dans leurs études secondaires. Amorce d’une réforme plus globale du lycée à venir, le dispositif se calque sur l’accompagnement éducatif instauré dans les collèges ZEP à la rentrée dernière (étendu à tous cette année) mais aussi sur les stages de soutien proposés à Pâques, début juillet et la dernière semaine d’août aux élèves de CM 1-CM 2 qui peinent.
Il n’est pas trop tard pour s’inscrire. Pour Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, il s’agit de rendre le soutien scolaire plus « juste », en proposant gratuitement dans le public ce que les poids lourds du soutien scolaire privé (lire ci-dessous) offrent aux élèves issus de familles plus argentées.
En principe, tous les volontaires se sont préinscrits à la fin des cours début juillet. Au rectorat de Créteil, où 30 établissements ouvrent leurs portes ce matin à 600 lycéens des trois départements de l’académie, on indique cependant que ceux qui auraient des remords peuvent encore frapper à la porte de leur lycée aujourd’hui : «Ils y seront accueillis.»
Révisions, approfondissements et conseils. Revoir les bases qui ne sont pas assez solides, en maths ou en langues vivantes, apprendre à mieux s’organiser pour travailler chez soi pendant l’année… Les profs, eux aussi volontaires, qui assurent cette remise en jambes, moyennant 36 à 52 € de l’heure, feront quasiment du sur-mesure, en fonction des besoins de chacun. « Vu le court délai qui nous était laissé pour organiser le stage, nous avons ciblé l’accueil sur des élèves de première S qui passent en terminale », confie le proviseur du lycée François-Villon (Paris XIV e ), qui accueillera 10 élèves ce matin. Trois professeurs leur feront réviser maths, physique et SVT (sciences et vie de la terre). Ailleurs, on a également prévu d’aider des élèves ayant obtenu leur bac en juin : ils s’exerceront à la prise de parole ou à la prise de notes avant le grand saut souvent périlleux dans l’enseignement supérieur, notamment à la fac, où un étudiant sur deux échoue.
D’autres stages à la Toussaint et à Pâques. Dans ces 200 lycées, des stages seront à nouveau proposés à tous les élèves, de la seconde à la terminale, dès la Toussaint, puis pendant les vacances de printemps. A partir du 1 e r octobre, ils devraient aussi se voir proposer une à deux heures de soutien par semaine si besoin, en plus des cours.