23 Septembre 2008
Le projet de changement de statut que la direction de La Poste a dévoilé fin août prévoit que l'entreprise publique devienne une société anonyme dès janvier 2010 puis qu'elle ouvre son capital un an plus tard afin de lever des fonds.
La transformation juridique de l'établissement public pourrait être inscrite dans la transposition en droit français de la troisième directive européenne postale de 2009.
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière la mise en place d'une commission composée notamment d'élus et de représentants syndicaux chargée d'étudier ce projet, rejeté par les syndicats.
La commission devra rendre un rapport pour le 30 novembre.
Si le changement de statut est adopté, le groupe pourra, comme France Télécom et Gaz de France il y quelques années, ouvrir son capital pour obtenir de nouvelles ressources.
L'objectif étant que l'argent obtenu aille dans les caisses de La Poste pour financer sa croissance, et non dans celles de l'Etat actionnaire.
La direction a cependant assuré que l'Etat resterait très largement majoritaire. Inscrites dans la loi, les missions de service public de La Poste interdisent à l'Etat de descendre en dessous de 50% du capital.
La direction du groupe estime avoir besoin de 2,5 à 3,5 milliards d'euros pour son développement pour faire face notamment à la libéralisation totale du courrier prévue pour 2011.
Compte tenu des différentes estimations d'analystes, qui valorisent La Poste à au moins 10 milliards d'euros, autour de 30% de son capital pourraient donc être ouverts.
Deux pistes sont à l'étude concernant cette ouverture: la variante institutionnelle avec l'aide de la Caisse des dépôts et une entrée en Bourse.
La Poste a signé fin juillet avec l'Etat un contrat de service public pour 2008-2012, qui définit les quatre grandes missions de service public du groupe.
Ces dernières sont le service postal universel, l'acheminement de la presse, l'accessibilité bancaire, notamment l'ouverture d'un compte pour tout citoyen, et enfin l'aménagement du territoire.