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Le micro-crédit commence à prendre son essor en Chine

Longtemps considéré avec suspicion par Pékin, le micro-crédit est aujourd'hui encouragé par les autorités chinoises soucieuses de développer les campagnes et semble prendre son essor.

La presse chinoise se fait régulièrement l'écho de la création de nouvelles sociétés de microfinancement (MCC). Dans l'Anhui (est), un journal a ainsi annoncé la naissance d'une dizaine de MCC à la fois.

Si des programmes pilotes avaient vu le jour dans les années 90, soutenus par des agences internationales, notamment onusiennes, c'est en 2005 que la Banque centrale a véritablement admis la pertinence du microfinancement, donnant notamment un statut à certains acteurs du secteur, celui de compagnies de prêts commerciaux à responsabilité limitée.

Pékin y voit désormais un moyen de donner une impulsion au développement des "nouvelles campagnes socialistes", dont la construction est devenue mot d'ordre dans le plan quinquennal 2006-2010.

Le but est d'arriver à une meilleure répartition des richesses entre les régions de l'Est et du Sud urbanisées et développées et le reste du pays, majoritairement rural, où vivent plus de 800 des 1,3 milliard de Chinois.

Dans ces zones rurales, la population aux faibles revenus a difficilement accès au crédit, voire pas du tout.

Selon des estimations d'organisations non-gouvernementales, plus de 200 millions de paysans n'auraient aucun accès aux services financiers.

Selon le China Daily, qui cite la Banque centrale, plus de 2.800 bourgs et comtés du pays, "soit 7% du total", n'avaient aucun service financier fin 2007.

Les MCC apportent une solution alternative à l'usure dans ces zones, même si elles sont parfois critiquées pour leurs taux d'intérêt supérieurs à ceux du marché.

"Le taux de remboursement est un peu supérieur parce que ce type de transaction coûte plus cher. Il faut se déplacer jusqu'au client, en faire l'évaluation, l'éduquer aussi", explique Blandine Pons, responsable financière de PlaNetfinance Chine.

"On peut avoir pour mission la réduction de la pauvreté et néanmoins vouloir être pérenne. Nous avons aussi un devoir de soutenabilité financière vis-à-vis de nos investisseurs", ajoute-t-elle.

Microcred, filiale d'investissement de l'ONG présente dans le sud-ouest, compte notamment pour investisseur Société Générale, Axa, l'IFC (Société Financière Internationale).
Les acteurs étrangers restent peu nombreux en Chine où ils travaillent avec des ONG locales, pour apporter une assistance technique et expertise en matière de bonne gouvernance.

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