Un Républicain de Guingamp

Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République

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Jégo: "Ça suffit, la Guadeloupe ne peut plus attendre"

Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, appelle les partenaires sociaux à trouver un accord, après la forte mobilisation de samedi en Guadeloupe.

 

La mobilisation contre la vie chère se poursuit aux Antilles. Comment sortir de la crise ?

Yves Jégo. A la Martinique le dialogue se poursuit sur la base des 39 propositions que j’ai faites la semaine dernière. Le préfet a entamé un marathon de discussions point par point. Je suis confiant. Un accord peut être signé rapidement. En Guadeloupe, c’est évidemment plus compliqué. Tout est réglé sauf un point, celui des salaires. J’espère que le travail des médiateurs envoyés par François Fillon va porter ses fruits.

 

Le LKP (Lien contre la profitation) affirme qu’il ne cessera pas sa mobilisation tant que l’Etat n’aura pas respecté sa parole en finançant l’augmentation de 200 € pour les bas salaires. Que lui répondez-vous ?

L’Etat n’a jamais promis de financer cette augmentation. C’est faux. Jamais je n’ai prononcé ce chiffre de 200 €. En revanche je tiendrai ma parole. Celle de réaménager la future loi pour le développement économique de l’outre-mer qui protège et soutient les entreprises les plus fragiles pour aider la production locale.

 

Alors, il y aurait eu un malentendu entre vous et les acteurs locaux ?

Non. Il y a eu la reproduction d’une habitude, qui est une mauvaise habitude. Une logique de rente qui consiste, à chaque fois qu’il y a un problème à dire oui à tout, l’Etat paiera. La logique du gouvernement n’est pas celle-là. Nous n’avons pas le pouvoir de décider des salaires, pas plus en métropole qu’outre-mer. Notre intervention porte sur le soutien au développement économique, au travail, à l’activité.

 

Le conflit social dure depuis presque un mois…

Ça suffit, la Guadeloupe ne peut plus attendre. Nous sommes à la croisée des chemins. Soit on risque l’affrontement, ce que ne souhaite pas le gouvernement. Soit les douze personnes sur lesquelles repose l’avenir de la Guadeloupe, les six présidents des organisations patronales et les six secrétaires généraux des syndicats, se parlent et se mettent d’accord. Et la Guadeloupe en sortira grandie. Nous ferons respecter l’Etat de droit si besoin est. Avec fermeté et sans aucune brutalité. Il n’est pas normal que des commandos de trois ou quatre personnes fassent fermer des usines ou des magasins et prennent la population en otage.

 

Existe t-il un risque de contagion à tout l’outre-mer ?

La crise est mondiale. Et je ne vois pas pourquoi un territoire d’outre-mer dont l’économie est structurellement plus fragile ne subirait pas cette secousse. Il est logique que l’ensemble de l’outre-mer soit touché. Je regrette simplement que certains cherchent à instrumentaliser cette crise : le PS pour des raisons politiques, l’extrême gauche pour des motifs quasi révolutionnaires. Ces organisations trahissent ce que disent et veulent les ultramarins. C’est une grave erreur de vouloir jeter de l’huile sur le feu.

 

Retournerez-vous aux Antilles ?

Evidemment. Mais je ne me fixe pas de délai. Dès que ma présence sera nécessaire je me rendrai à nouveau en Martinique ou à la Guadeloupe. Vous savez j’ai déjà parcouru 500 000 km en onze mois. C’est normal, mon boulot c’est d’être sur le terrain le plus souvent possible. En Guadeloupe les choses sont claires : c’est aux partenaires sociaux de se mettre d’accord entre eux. La balle est dans le camp du patronat qui doit, je l’espère, formuler une proposition complète très rapidement.

 

N’avez-vous pas le sentiment d’avoir été désavoué par François Fillon ?

Je l’ai deux fois par jour au téléphone. Et puis, honnêtement, l’image d’Yves Jégo dans cette affaire n’a aucune importance. L’important c’est que l’activité reprenne au plus vite en Guadeloupe. Si je n’avais pensé qu’à mon image, qu’à ma carrière, je serais tranquillement resté rue Oudinot, au siège de mon ministère.

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