29 Avril 2009
Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero a indiqué mercredi soutenir "très fermement" l'actuel président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso, pour un second mandat de cinq ans à la tête de l'exécutif européen.
"Je soutiens le président Barroso", a indiqué M. Zapatero, en réponse à une question lors d'un point de presse avec le président de la Commission européenne à Bruxelles.
"C'est un soutien très ferme et solide, et il ne changera pas", a-t-il ajouté.
Le soutien de l'Espagne à M. Barroso, dont le mandat actuel arrive à échéance en octobre, n'est pas nouveau. Mais les déclarations de M. Zapatero le confirment au plus haut niveau, à quelques semaines du sommet européen des 18-19 juin au cours duquel les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devraient arrêter leur choix pour le président de la prochaine Commission.
Le président français Nicolas Sarkozy avait suggéré d'attendre le nouveau référendum sur le traité de Lisbonne prévu en septembre ou octobre en Irlande pour faire ce choix, mais il semble isolé sur ce point.
M. Zapatero a souligné mercredi qu'il souhaitait lui que les décisions soient "prises le plus vite possible" et qu'il n'y ait "aucun vide".
Soutenu ouvertement par plusieurs dirigeants européens, M. Barroso part largement favori pour un second mandat, sauf déroute imprévue du Parti populaire européen (conservateurs) auquel il appartient lors des élections européennes de début juin.
"Mon impression est que M. Barroso est jugé incontournable" au sein du Parti populaire européen, estimait encore mardi le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, candidat des sociaux-démocrates pour la chancellerie aux prochaines élections législatives de septembre.
Le soutien de M. Zapatero confirme aussi les divisions de la gauche européenne, qui n'a présenté aucun candidat contre le président sortant.
Le parti socialiste français, dans l'opposition, s'est pourtant prononcé pour une candidature alternative. "L'Europe que je veux, ce n'est pas une Europe dirigée par M. Barroso avec ses amis", disait récemment la première secrétaire du parti socialiste français Martine Aubry.
Fort de ce soutien de M. Zapatero, dont le pays prendra la présidence du Conseil de l'UE au premier semestre 2010, M. Barroso a pour sa part promis de défendre l'inclusion permanente de l'Espagne dans le club des grands pays riches et émergents du G20.
"Le G20 n'a pas de sens si l'Espagne n'y est pas", a déclaré M. Barroso."L'Espagne peut compter sur le soutien de la Commission" pour que soit confirmée sa participation à "toutes les réunions du G20", a-t-il ajouté.
"L'Espagne doit être dans le G20 et n'acceptera pas de ne pas y être", a ajouté de son côté M. Zapatero.
Madrid demande très clairement un siège à part entière au sein de ce groupe depuis que M. Zapatero a été invité à participer à ses deux derniers sommets, en novembre à Washington et début avril à Londres.