Un Républicain de Guingamp
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Crise : les bonnes raisons de croire en l’avenir

Et si l’horizon économique n’était pas aussi bouché que certains le prétendent ? Après des mois d’annonces de pertes financières abyssales de la part des banques, de chute boursière et de vastes plans de licenciements, quelques signaux positifs donnent à penser qu’il ne faut pas désespérer. Tout d’abord, la crise a eu quelques effets « bénéfiques » pour le portefeuille des consommateurs.

Le ralentissement de la demande a fait descendre les cours du pétrole de leur pic historique de juillet 2008 à 150 $ le baril aux 58 $d’aujourd’hui

 

Lueurs d’espoir à l’horizon

Conséquences : les autres prix se sont calmés provoquant un bon coup de frein sur l’inflation. De même que le recul des prix de l’immobilier conjugué à celui des taux d’intérêt a redonné l’avantage aux acheteurs et fait revenir ces derniers dans les agences. Le mois dernier, les Français ont même rouvert quelque peu leur porte-monnaie, alors que les cours boursiers reprenaient de la hauteur.

Il n’en fallait pas plus pour que certains experts entrevoient un bout du tunnel assez proche. Certains veulent y croire, comme l’économiste Jacques Marseille qui, en se basant sur des analyses américaines concernant la durée des crises économiques, émet comme hypothèse une fin de récession « vers avril-mai 2009 » ! L’économiste Nouriel Roubini, baptisé par certains Doctor Fatalis pour avoir annoncé la crise des subprimes en septembre 2006, estime quant à lui que la Chine donne "des signes manifestes de reprise". Même si Pascal Lamy, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, considère que ce rebond reste insuffisant pour tirer la croissance mondiale.

Certes une hirondelle ne fait pas le printemps et il ne s’agit pas ici de mettre en application une quelconque méthode Coué. Ni d’ailleurs de prétendre que les licenciements vont cesser du jour au lendemain, que les chiffres du chômage vont baisser où que la consommation ne va pas connaître quelques trous d’air. Plus simplement, n’ignorons pas ces quelques lueurs d’espoir dans un horizon qui peut sembler parfois trop bouché.

 

1- La Bourse remonte Le CAC 40 qui avait touché le fond en approchant les 2 400 points le 9 mars, est repassé au-dessus du seuil symbolique des 3 000 points pour atteindre vendredi 3 312 points, gagnant plus de 7 % en un mois. Des soubresauts restent à prévoir, mais le pire est sans doute derrière nous.

2- L’immobilier frémit La chute du prix du mètre carré varie entre 5 et 10 %, voire plus en fonction du type de logement.

Avec la baisse conjointe des taux d’intérêt passés d’environ 5,20 % en novembre dernier à 4,10 % (taux fixe sur quinze ans) ce mois-ci, les acheteurs reprennent l’avantage dans la négociation.

3- Les entreprises recrutent quand même C’est le cas de la Société générale, qui doit embaucher et former 2 000 jeunes en 2009. Dans les secteurs social et médico-social, on n’enregistre pas moins de 124 000 intentions d’embauche, dont près de 12 000 infirmières pour les mois qui viennent. Dans l’industrie, la métallurgie, notamment, envisage de recruter 80 000 personnes dont 30 000 cadres avant la fin de l’année.

4- Les Français consomment un peu plus La consommation a augmenté de 1,1 % au mois de mars, après avoir baissé de 1,8 % en février. Résultat : sur les trois premiers mois de l’année, la consommation en produits manufacturés a progressé de 0,4 %, alors qu’elle avait chuté de 0,6 % sur les trois derniers mois de 2008.

5- Les prix à la pompe restent bas Après avoir frôlé les 150 $ le baril en juillet 2008, puis dégringolé à la faveur de la crise, les cours du pétrole se stabilisent. Vendredi, il était à 58,64 $ le baril. Une forte hausse est improbable à court terme. Et à la pompe, le litre de SP95 est en général à 1,20 €.

6- Inflation quasi nulle Les prix n’ont augmenté en France que de 0,3 % en mars par rapport au même mois de 2008, soit la plus faible hausse depuis dix ans. Dans l’ensemble de la zone euro, la hausse n’a été que de 0,6 % en mars, six fois moins qu’en mars 2008 (3,6 %).

7- Les créations d’entreprises continuent Elles ont augmenté de 10,4 % en un mois en mars, soit un record mensuel historique. Quelque 373 234 entreprises ont été créées entre mars 2008 et mars 2009. Cela est dû notamment au nouveau statut de l’auto-entrepreneur, auquel se sont déjà rattachées 145 000 personnes.

8- Le secteur automobile résiste Les ventes de voitures neuves ont progressé de 8,1 % en mars par rapport au même mois de 2008. Une lueur d’espoir, après cinq mois de chute, même si cette évolution serait en grande partie due à la prime à la casse, à l’origine de 30 % à 40 % des nouvelles immatriculations.

9- Le tourisme en forme Malgré un recul de la fréquentation de 3 %, la France est restée la première destination mondiale l’année dernière avec 80 millions de visiteurs. Les prévisions pour ce printemps sont optimistes, avec une stabilité des voyages par rapport aux mois précédents. Par ailleurs, les réservations se sont multipliées pour les ponts de mai, à tel point que de nombreux sites d’accueil affichent d’ores et déjà complet.

10- Les pays émergents restent en croissance Même si l’activité économique ralentit chez eux aussi, les pays émergents conserveront en 2009 une impressionnante croissance, qui devrait d’ailleurs profiter au reste du monde : + 6,5 % en Chine et + 4,5 % en Inde, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

  

 

Les plans de relance

France : 26 milliards d’euros d’investissements dans 1 000 projets d’infrastructures. La part du PIB français consacrée à la relance en 2009 est de 0,7 %.

Royaume-Uni: 2,5 milliards d’euros d’investissements et 19 milliards d’euros pour stimuler la consommation (1,4 % du PIB britannique).

Allemagne : 31 milliards d’euros en octobre 2008 puis 50 milliards en janvier 2009 (1,5 % du PIB allemand).

Etats-Unis : 257 milliards d’euros d’investissements dans les infrastructures et 367 milliards d’euros consacrés à la relance de la consommation (1,9 % du PIB américain).

Chine : 465 milliards d’euros sur deux ans pour soutenir la demande intérieure (2 % du PIB).

 

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