13 Mai 2009
"Le statut quo n'est pas possible", a déclaré mardi la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en défendant devant les sénateurs son projet de loi sur l'hôpital qui, a-t-elle dit, "peut et doit encore évoluer".
"Le statu quo n'est pas possible, le débat que nous engageons aujourd'hui déterminera en grande partie l'avenir de notre système de santé", a lancé la ministre. "Notre système de santé a besoin d'organisation", il "présente des fragilités auxquelles nous devons remédier", a-t-elle insisté, en présentant son texte aux sénateurs.
"Des inquiétudes se sont exprimées. Je les ai entendues", a-t-elle convenu évoquant "les discussions parfois vives".
Son projet de loi a provoqué une fronde sans précédent de la communauté médicale et les sénateurs ont commencé à réécrire le texte, en commission, notamment sur un des principaux points d'achoppement, la gouvernance à l'hôpital.
Le président Nicolas Sarkozy a repris la main lundi soir en annonçant des amendements sur la gouvernance des CHU pour tenter de calmer la contestation.
Mme Bachelot a affirmé qu'elle proposerait qu'"au moins un des membres du directoire (des CHU) soit un praticien hospitalier et que des praticiens hospitaliers continuent à pouvoir prétendre être chefs de pôles".
"Le texte, peut et doit encore évoluer", a-t-elle ainsi souligné.
Elle a appelé à éviter "les caricatures et les raccourcis" et à dissiper "tout malentendu".
Détaillant la réforme de la gouvernance proposée par son texte, elle a réfuté le fait qu'elle prive les médecins de pouvoir: "c'est le contraire!" s'est-elle exclamée. "En plaçant le président de la CME (Commission médicale d'établissement) dans une position déterminante au sein de l'exécutif, le projet de loi renforce le projet médical, qui sera élaboré par le président de la CME, avec le directeur", a-t-elle dit.
Elle s'est félicitée des modifications en la matière de la commission des Affaires sociales du Sénat en soulignant que le "projet médical sera approuvé par le directoire, composé majoritairement de médecins".
Elle cependant défendu le rôle central du directeur de l'hôpital estimant que "l'on ne peut pas opposer soin et administration de l'hôpital" et appelant à sortir "une bonne fois pour toutes de cette opposition absurde entre administration et médecine, que certains agitent".
Elle s'est déclarée convaincue que la discussion au Sénat, où plus de 1.000 amendements ont été déposés sur un texte déjà très amendé en commission, "permettra de parvenir à un équilibre satisfaisant pour tout le monde".