24 Août 2009
Sevré de sport, le président a passé beaucoup de temps au téléphone avec ses ministres. Suivi des réformes, gestion des crises et préparation des régionales sont ses priorités de la rentrée.
Nicolas Sarkozy rentre lundi à Paris après vingt-cinq jours de vacances. "Tout baigne", a-t-il répété ces derniers jours à ceux qui l'ont vu. Son malaise lipothymique, survenu en plein jogging le 28 juillet, ne serait plus qu'un mauvais souvenir. "Il a fait le plein d'essence grâce à un été tranquille", assure. "Sa santé est parfaite. Il est en pleine forme et aucun autre examen médical n'est prévu", précise le service de communication de l'Élysée.
Prudent suite à ce premier pépin de santé, Nicolas Sarkozy a peu fait de sport. Seulement trois ou quatre sorties en vélo d'une heure qui lui ont permis de gravir le col de la Mole, sur les hauteurs de Saint-Tropez. L'occasion quand même de faire des haltes médiatisées chez Nono, le patron de la pizzeria de Pramousquier, pour le plus grand plaisir de la soixantaine de photographes et cameramen qui ont fait le pied de grue pendant tout le mois d'août autour de la villa du cap Nègre, propriété de la belle-famille du président.
Privé de sport, Sarkozy est peu sorti de sa villa varoise. Le couple présidentiel a reçu quelques invités de marque à dîner : le roi de Jordanie et son épouse Rania ; le prince Albert et sa compagne Charlène et bien sûr Jacques et Bernadette Chirac. Bernard Kouchner et Christine Ockrent ont passé une soirée la semaine dernière. Avant eux, un autre ministre, Xavier Darcos, avait eu droit à pareille invitation. Pour le reste, ce fut des vacances familiales plus quelques amis de Carla, notamment l'ex-guitariste du groupe Téléphone Louis Bertignac et l'acteur Vincent Pérez.
L'élargissement de la majorité vers la droite
Studieux, le président a beaucoup lu. Suivi assidûment les championnats du monde d'athlétisme à la télévision. Et dévoré, selon ses proches, la presse.
En contact quotidien avec son directeur de cabinet Christian Frémont et son conseiller en communication Franck Louvrier, Nicolas Sarkozy a même signé des décrets depuis Le Lavandou. Ses vacances ont été occupées en partie par l'affaire Clotilde Reiss dont il a obtenu la libération conditionnelle après d'âpres négociations.
Avec ses proches, il a arrêté les cinq priorités de sa rentrée politiques. Il y a d'abord les chantiers et les réformes à venir : la simplification des échelons territoriaux, la contribution climat-énergie, l'emprunt exceptionnel, les mesures en faveur de la jeunesse et la question de la diversité et de l'égalité des chances. Ensuite, le président veut assurer le suivi des réformes en cours : le revenu de solidarité active (RSA), la réforme de l'emploi et de la formation professionnelle, la suite du Grenelle de l'environnement et la relance du plan banlieues. Troisième priorité, le suivi des différentes crises en cours : la crise économique avec la préparation du G20 de Pittsburgh, la crise climatique avec le sommet de Copenhague et la grippe A. Le chef de l'État a demandé à ses conseillers de lui préparer des déplacements en province pour garder le contact avec les préoccupations des Français notamment en matière de sécurité et d'immigration clandestine. Enfin, Sarkozy s'impliquera dans la préparation des régionales de 2010. Ce qu'il a déjà commencé en organisant lui-même les ralliements de Philippe de Villiers et des chasseurs du CNPT à la majorité. Il va suivre de très près les réunions du comité de la majorité qui auront lieu à la rentrée. Après la réussite de l'ouverture à gauche, l'élargissement de la majorité vers la droite s'inscrit dans la préparation de sa probable candidature en 2012.
En attendant, Sarkozy a vu avec plaisir sa cote de popularité progresser fortement cet été. Dans le JDD daté de dimanche, elle culmine à 45%, soit +2% en un mois. Dans Libération d'aujourd'hui, elle passe même à 48 % (+3 % par rapport à juillet). Une progression qui pourrait s'avérer précieuse au moment où la gestion des conséquences immédiates de la crise économique va se révéler délicate.
La semaine s'annonce chargée pour Nicolas Sarkozy
De retour de vacances mardi, le chef de l'Etat entame la rentrée en recevant les banquiers sur la question des bonus, avant de finaliser le projet de «miniremaniement» ministériel.
Le président rentre à Paris et sera à pied d'œuvre mardi. Après un entretien avec François Fillon, le président réunira à 10 heures son gouvernement pour le Conseil des ministres de rentrée. À midi, il se rendra à la préfecture de police de Paris pour commémorer le 65e anniversaire de la Libération de Paris. À 16 h 30, il rentrera dans le vif du sujet avec une réunion très attendue sur la question des bonus versés aux traders. Les banquiers sont convoqués à l'Élysée pour s'expliquer sur le versement de ces bonus quelques mois à peine après la crise bancaire.
Mercredi, Nicolas Sarkozy installera à l'Élysée la commission de l'emprunt exceptionnel coprésidée par les anciens premiers ministres Michel Rocard et Alain Juppé. Place ensuite aux affaires étrangères avec la traditionnelle conférence des ambassadeurs. Le reste de la semaine sera consacré à des rendez-vous politiques avec les responsables de l'UMP. Il recevra aussi Camille de Rocca Serra, président de l'Assemblée territoriale de la Corse, pour évoquer avec lui les conditions de l'éventuelle entrée au gouvernement du député radical de gauche Paul Giacobbi. Le «miniréajustement» du gouvernement devrait être annoncé dans la semaine.
Nicolas Sarkozy retournera le week-end prochain au cap Nègre. Mais dès lundi 31 août, il effectuera son premier déplacement à Berlin pour rencontrer Angela Merkel. Le lendemain, il se déplacera en province pour une visite consacrée à l'emploi. Son premier grand voyage à l'étranger est programmé les 7 et 8 septembre avec une visite d'État au Brésil.