Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
8 Avril 2010
Une des célèbres statues Moai de l'île de Pâques, qui devait être prêtée à la France fin avril pour une exposition, ne voyagera vraisemblablement pas à Paris, après le refus des îliens consultés par référendum annoncé jeudi par les autorités culturelles du Chili.
La consultation, qui s'est déroulée début mars, est passée inaperçue parce que le Chili a dû faire face à l'urgence du séisme et du tsunami du 27 février. Mais au total, 89% des habitants de l'îlot du Pacifique sud se sont opposés au voyage de la statue, selon le rapport du Conseil des monuments nationaux (CMN).
Le projet de transfert d'un Moai à Paris, pour y être exposé du 26 avril au 9 mai au Jardin des Tuileries, avait été lancé en 2008 par les fondations italienne Mare Nostrum et française Louis Vuitton. Il visait à faire connaître la culture de l'île, en échange d'une contribution à la préservation de son patrimoine.
Des archéologues et logisticiens des fondations et des monuments chiliens avaient réalisé des repérages en 2009 sur l'île qui compte un millier de statues Moai. Ils avaient présélectionné la plus adéquate, haute de cinq mètres et pesant 13 tonnes, pour entreprendre un voyage par avion de 13.000 km.
Les quelque 4.000 habitants d'origine polynésienne de Rapa Nui, nom indigène de l'île, ont été informés du projet au cours d'une série de réunions, puis consultés par référendum, en vertu de la Convention de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur les peuples indigènes.
Sur près de 900 suffrages exprimés (pour 1.500 inscrits), les îliens ont rejeté l'expatriation du Moai par 789 "non" contre 94 "oui", au moment du vote -encadré par le CMN et la Corporation du développement indigène (Conadi).
Le CMN, qui avait émis un avis initial favorable, doit officiellement donner une décision finale lors d'une réunion plénière mi-avril. Mais il est fortement improbable qu'il aille à l'encontre de l'avis de la population pascuane, selon des sources proches du dossier.