15 Mai 2012
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, qui a régulièrement attaqué François Fillon en raison de la dette de l'État vis-à-vis des Parisiens, a déclaré lundi qu'il ne comptait pas "présenter la facture de la droite à François Hollande".
"J'ai vu les membres de l'exécutif et leur ai dit de commencer à me dire sur quel sujet nous pouvons améliorer nos relations avec l'État", a relaté le maire de Paris lors d'un déjeuner avec la presse, à l'occasion du Conseil de Paris.
"C'est vrai que des dossiers ont été bloqués parce qu'on voulait ne pas nous faciliter la tâche", a-t-il poursuivi, en allusion notamment à la piétonisation des voies sur berge et du "Pentagone" à Balard.
Avant la nomination d'un nouveau gouvernement mercredi, M. Delanoë a demandé à son exécutif de lui "faire savoir comment on pourrait améliorer, trouver des synergies supplémentaires entre l'État et nous".
"Je leur ai dit (à l'exécutif, ndlr): +attention, l'État n'est pas dans une situation budgétaire facile+, donc ne commencez pas à me faire des notes pour dire on va demander de l'argent, parce que ce ne serait pas raisonnable", a ajouté M. Delanoë.
"Vous croyez que je vais présenter la facture à François Hollande qui vient d'être élu et un pays avec 600 milliards d'euros de dette ?" a ajouté M. Delanoë.
Dans certains courriers à M. Fillon ou à l'occasion du vote annuel du budget de la capitale, M. Delanoë s'est souvent plaint de "la dette de l'État vis-vis des Parisiens" qui "se monte à des centaines de millions d'euros".
"Je suis vraiment stupéfait par ce revirement soudain, la dette s'efface comme par enchantement lorsqu'on change de gouvernement ! Cela prouve que la demande de compensation de M. Delanoë n'était qu'une posture politicienne et ne reflétait pas l'intérêt des Parisiens", a réagi devant la presse Philippe Goujon, patron de la fédération UMP de Paris.
Les élus de gauche protestent aussi régulièrement contre la non-compensation financière par l'Etat de nombreuses charges transférées aux collectivités locales, dont certaines ont connu de fortes hausses.
La Ville a souvent prétendu le fait que le gouvernement ait transféré les responsabilités mais pas les financements, notamment dans le social.