Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
9 Novembre 2009
Conférences, expositions ou grand spectacle son et lumière: les capitales européennes seront lundi au diapason de Berlin, au nom de la liberté et de la solidarité, pour célébrer les 20 ans de la chute du Mur.
Près de l'Ecole des Beaux-arts de Varsovie, des étudiants inviteront les volontaires à peindre ensemble un "Mur de Berlin", symbole de la division de l'Europe, pour le détruire ensuite, à l'initiative de la fondation pro-européenne Robert Schuman.
La ville de Rome organise (jusqu'au 18 novembre) une installation multimédia sur l'escalier de la Trinité des Monts, au cœur de la ville, qui consiste en la "reconstruction d'une partie du mur et d'un mirador", avec un accompagnement musical et des projections de films.
A Londres, c'est par le travail de mémoire et la force de l'évocation que le Mur disparaîtra à nouveau: le Goethe-Institut organise une exposition de photographies de Norbert Enker (jusqu'au 18 décembre) et présentera lundi une installation vidéo diffusant des archives de télévisions datant de 1989.
Sera notamment présentée la première britannique du film "The invisible frame" de la réalisatrice Cynthia Beatt: en 1988, elle avait filmé l'actrice Tilda Swinton longeant le Mur de Berlin à vélo et en juin 2009, elle a filmé à nouveau l'actrice refaisant le chemin le long du mur invisible.
C'est en France que la célébration sera la plus appuyée, avec un grand spectacle musical place de la Concorde à Paris, présenté comme un "geste fort" exprimant la solidarité franco-allemande.
Ce spectacle, accompagné de projections d'images sur les façades de la place parisienne, mettra en scène 27 violoncellistes européens juchés sur des stèles de plusieurs mètres symbolisant des fragments du Mur.
Les célébrations seront plus discrètes ailleurs: Moscou se contente d'une exposition de pans originaux du Mur au centre d'art contemporain de Vinzavod. A Stockholm, la présidence suédoise de l'Union européenne fêtera "Le jour qui a changé l'Europe", avec notamment des séminaires sur les pays de l'est de l'Europe et la liberté d'expression.
Comment le Mur de Berlin est tombé il y a 20 ans
Le Mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989 à la suite d'une annonce quelque peu précipitée faite devant la presse par un dirigeant est-allemand qui espérait "sauver" le régime communiste de la RDA.
Il est presque 19H00 le 9 novembre 1989 lorsque Schabowski, porte-parole du comité central du SED (le parti communiste dirigeant), annonce que des visas pour voyager ou émigrer à l'étranger seront délivrés "sans condition" préalable.
A partir de quand ?, demande un journaliste.
Schabowski hésite puis improvise: "autant que je sache... immédiatement".
Les correspondants de presse bondissent alors hors de la salle et l'information crépite sur les fils d'agences: "le Mur est tombé".
"En réalité, j'ai agi pour tenter de sauver le système de la RDA", expliquait récemment Günter Schabowski, 80 ans.
Le dernier secrétaire général du SED, Egon "Krenz m'avait remis ce message avant la conférence de presse sans un seul mot sur un quelconque délai", a-t-il affirmé ensuite.
Exclu du SED début 1990 pour avoir fait tomber le Mur, Günter Schabowski fut condamné en 1997 pour complicité dans les morts à la frontière inter-allemande, puis gracié en 2000. Il est l'un des rares dirigeants est-allemands à s'être distancié du régime, en reconnaissant sa responsabilité morale.
Comment Merkel a vécu l'ouverture du Mur de Berlin
Angela Merkel, qui a grandi en ex-RDA, a "raté" l'ouverture du Mur de Berlin. Au soir du 9 novembre 1989, "comme tous les jeudis soirs", la future chancelière de l'Allemagne réunifiée se détendait... au sauna.
"Je suis allée au sauna comme tous les jeudis soirs avec une amie et quand j'en suis sortie, le poste-frontière de la Bornholmer Strasse (l'un des premiers ouverts le soir du 9 novembre, entre Berlin-Est et Berlin-Ouest) était ouvert, et alors je suis passée de l'autre côté", a raconté Angela Merkel dans une émission sur la chaîne publique ARD.
Cette nuit-là, à Berlin-Ouest où elle se mêle à la foule des Allemands de l'Est qui viennent de franchir le Mur, "je me suis retrouvée dans un appartement avec de parfaits inconnus et on nous a offert une canette de bière", a-t-elle ajouté.
Auparavant, la chancelière, qui à l'époque était une physicienne de 35 ans à l'Académie de sciences de Berlin-Est, avait appelé sa mère, Herlind Kasner, pour l'inviter à aller manger des huîtres dans un palace de Berlin-Ouest.
"C'était une blague récurrente entre nous. Nous disions que nous voulions aller manger des huîtres au Kempinski quand la frontière tomberait", a poursuivi la chancelière, précisant que ni l'une, ni l'autre n'y croyaient vraiment. Ce soir-là, elle a pourtant prévenu sa mère: "Fais attention, ça pourrait arriver bientôt!".
Angela Merkel, devenue en 2005 la première dirigeante allemande originaire de l'ex-RDA, est née à Hambourg (nord).
Mais alors qu'elle n'avait que quelques mois, ses parents se sont installés en RDA. Son père, le pasteur Horst Kasner avait accepté un poste dans la petite ville de Templin (nord de Berlin), pour évangéliser la RDA communiste.
La chancelière, réélue pour quatre ans à l'issue des élections législatives du 27 septembre, a entamé sa carrière politique juste après la chute du Mur avant de devenir ministre d'Helmut Kohl.
Bien que vivant derrière le Rideau de fer, elle avait l'occasion de se rendre en RFA, notamment chez sa grand-mère à Hambourg.
Mais la chancelière a toujours refusé de quitter la RDA en raison des liens familiaux et amicaux qu'elle y avait. Cela aurait été "un pas difficile de quitter le monde (dans lequel je vivais), c'est pour ça que je ne l'ai pas fait".