26 Juin 2014
Plusieurs rassemblements d'avocats se sont tenus jeudi matin dans toute la France et des audiences ont été renvoyées, le mouvement initié par le Conseil national des barreaux (CNB) pour défendre l'aide juridictionnelle apparaissant suivi, selon les éléments recueillis par l'AFP.
A Evry, une soixantaine d'avocats se sont réunis en début de matinée à l'entrée du tribunal de grande instance. Selon le bâtonnier de l'Essonne, Zohra Primard, 300 avocats se sont déclarés en grève sur les 336 que compte le barreau.
A Nantes, 180 avocats, selon la police, se sont massés sur le parvis du palais de justice, peu avant 09H00. En robes d'avocats, ils ont fait une haie d'honneur pour accueillir les justiciables en leur distribuant des tracts expliquant leurs revendications.
Certains allaient dans les salles où toutes les audiences étaient renvoyées, sauf la session d'assises en cours, pour expliquer leur mouvement. Il n'y a pas eu d'incident.
A Lyon, environ 150 avocats en robe se sont rassemblés vers 08H30 devant le tribunal de grande instance de Lyon, distribuant des tracts pour réclamer au gouvernement des mesures sur le financement de l'aide juridictionnelle.
Les avocats s'inquiètent des futurs arbitrages du gouvernement en matière de financement de l'aide juridictionnelle (AJ), qui permet aux justiciables les plus modestes de voir leurs frais de justice et leurs honoraires d'avocats pris en charge par l'Etat.
Le gouvernement veut réformer l'AJ pour lui trouver un mode de financement pérenne après la suppression, au 1er janvier dernier, du droit de timbre de 35 euros pour engager une procédure, qui servait notamment à financer cette aide.
L'une des pistes évoquées consisterait à appliquer une taxe sur le chiffre d'affaires des cabinets d'avocats, ce que refuse la profession.
"Nous sommes certains que le mouvement va être très suivi", a indiqué à l'AFP le président du CNB, Jean-Marie Burguburu. Pour lui, la mobilisation sera "plus importante" encore que celle du 5 juin, lors de laquelle 130 barreaux sur les 161 que compte la France s'étaient déclarés en grève.
À Besançon, une quarantaine d'avocats se sont réunis sur le parvis du tribunal de grande instance pour protester contre la réforme du financement de l'aide juridictionnelle.
Le bâtonnier Roger Masson a pris la parole pour dénoncer une "mesure antiéconomique et absurde" et évoquer ses craintes de voir "disparaître grand nombre de cabinets d'avocats". Il a demandé le renvoi des audiences non urgentes jeudi à Besançon.