25 Août 2010
Laminée depuis plus d'une quinzaine d'années, la production ovine relève la tête en France grâce à d'importants efforts financiers qui l'aident à se moderniser pour être plus compétitive.
Le coup de pouce décisif a été donné en février 2009 lorsque le ministre de l'Agriculture de l'époque, Michel Barnier, avait annoncé, dans le cadre du bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC), une redistribution des aides européennes au profit de filières en difficulté, comme l'élevage ovin.
Cette réorientation s'est faite aux dépens des céréaliers, jusqu'alors principaux bénéficiaires de la PAC.
La production ovine pourra compter à partir de cette année sur un minimum de 125 millions d'euros d'aides par an auxquels s'ajouteront d'autres mesures financières dont le montant n'est pas encore connu.
"Depuis 20 ans, on a perdu plus de 3 millions de brebis pour atteindre désormais près de 6 millions de têtes", affirme Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine (FNO).
Le nombre des exploitations élevant des ovins a chuté. En 2008, elles étaient moins de 60.000, une baisse de 70% par rapport à 1979. Leurs revenus figurent parmi les plus bas du monde agricole, avec une moyenne de 7.000 euros annuels en 2008.
Le déclin affecte le cheptel viande, la production de fromages permettant, au contraire, d'augmenter les brebis laitières.
La viande fait face à une forte concurrence. La majorité (60%) de ce qui est consommé en France est importée, de Grande-Bretagne (20%), d'Irlande (20%) et de Nouvelle-Zélande (20%), premier producteur mondial.
Le prix, payé au producteur français, a légèrement augmenté de 50 centimes le kilo en 2010, comparé à 2009, pour atteindre environ entre 5,3 euros et 5,4 euros le kilo, mais sans toutefois couvrir les coûts de production, selon M. Préveraud.
Ce dernier réclame une "augmentation des prix", ce qui permettrait aux éleveurs d'être "plus performants" techniquement. Il s'agirait par exemple, d'intensifier la productivité des élevages, comme accélérer les cycles de gestation des brebis.
Depuis le 1er juillet, les éleveurs doivent désormais identifier électroniquement les nouveaux agneaux. A l'instar des bovins, ils portent désormais une boucle à chaque oreille, permettant ainsi une meilleure traçabilité.
Les éleveurs se disent inquiets des prédateurs et notamment du loup, une espèce protégée. En 2009, 1.045 brebis ont été victimes du loup, pour un coût de 293.000 euros, selon des chiffres officiels.