12 Novembre 2009
La burqa, dont Nicolas Sarkozy a réaffirmé jeudi qu'elle n'avait pas sa place en France, fait l'objet d'une mission parlementaire d'information, mise en place en juin 2009 et présidée par André Gerin, député PCF du Rhône.
Cette mission "sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national" compte 32 membres (17 UMP, 11 PS-PRG, 2 NC, 1 PCF et 1 Verts) et a pour rapporteur le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult.
Elle a commencé ses auditions le 8 juillet et entendu une vingtaine de sociologues, spécialistes de la laïcité ou de l'islam, philosophes et juristes. Elle poursuivra ses auditions jusqu'au 10 décembre et doit rendre son rapport fin janvier.
L'initiative en revient au maire de Venissieux André Gerin qui, le 17 juin, avait demandé une commission d'enquête parlementaire sur le port, par certaines musulmanes, de la "burqa" ou du "niqab". Finalement, il a été décidé de créer plutôt une mission d'information, jugée plus souple de fonctionnement.
Dès la première audition, M. Gerin est revenu sur une question de vocabulaire, annonçant que la mission parlerait désormais de "voile intégral" plutôt que de la "burqa" (vêtement des Afghanes pachtounes) ou du niqab (voile noir utilisé principalement en Arabie saoudite).
Dès la création de la mission, de nombreuses voix se sont élevées contre la tentation de légiférer, notamment du côté du CFCM (Conseil français du culte musulman) qui y voyait une stigmatisation de l'islam en général au nom de la lutte contre une pratique minoritaire d'inspiration salafiste.
A chaque séance, André Gerin tient à rappeler que la mission n'a pas arrêté sa position pour ou contre une loi.
Au début de la semaine, il a implicitement élargi le champ de la mission, déclarant à La Croix qu'il réfléchissait à une "grande loi à caractère symbolique", contre "toutes les situations contraintes dont sont victimes, en particulier, les jeunes femmes".