Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
11 Mai 2010
Cette enveloppe historique a été décidée à l'arrachée dans la nuit de dimanche à lundi par les ministres européens des Finances, convoqués en urgence à Bruxelles.
Après plus de onze heures de négociations, les pays de l'Union européenne se sont mis d'accord cette nuit sur un plan historique pour sauver l'euro, allant jusqu'à 750 milliards d'euros. Cette enveloppe, sans précédent dans l'histoire récente pour un programme de soutien financier, se décompose en 60 milliards de prêts apportés par la Commission européenne, et de 440 milliards d'euros de prêts et garanties par les pays de la zone euro, soit 500 milliards au total, a annoncé la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado, devant la presse.
Le Fonds monétaire international (FMI) apportera aussi une contribution additionnelle sous forme de prêts, pour un montant de jusqu'à 250 milliards d'euros. La Banque centrale européenne a également fait un geste en décidant d'intervenir pour soulager le marché de la dette en zone euro, pris dans la tourmente depuis des semaines du fait des doutes des investisseurs sur la capacité de nombreux de pays à rembourser. L'institut de Francfort devrait procéder à des achats de titres obligataires d'Etats, ce qui revient à leur prêter de l'argent.
Le programme de prêts mis sur pied sera utilisé «seulement en cas de nécessité», a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. L'octroi des prêts serait associé «à des conditions rigoureuses» à respecter par les pays de la zone euro. Le système est très proche de celui mis en place pour la Grèce, pour qui 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans ont été débloqués : 80 milliards d'euros par les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro et le reste par le FMI, qui a approuvé dimanche sa contribution pour ce pays.
Premières réactions positives sur les marchés asiatiques
Les ministres européens des Finances, convoqués en urgence, ont mené une course contre la montre pour trouver une solution rassurante avant l'ouverture des marchés des changes en Asie, alors que la crise grecque menace d'emporter dans son sillage d'autres pays de la zone euro comme le Portugal ou l'Espagne. Mais aussi de déstabiliser les marchés mondiaux.
Les premières réactions étaient positives ce lundi matin : l'euro est remonté quelque peu, à 1,2917 dollar, ce lundi matin à Tokyo, contre 1,2759 dollar vendredi soir à New York. Il avait atteint jeudi son plus bas niveau depuis mars 2009 face au billet vert à 1,2523 dollar. Les places financières asiatiques réagissaient aussi positivement, Tokyo gagnant notamment 1,30% à la mi-séance.
Signe de l'inquiétude qui s'est emparée de la planète entière, les principales banques centrales mondiales, y compris la BCE et la réserve fédérale américaine, ont annoncé dans la nuit une action concertée pour ramener le calme sur les marchés. Il s'agit dans le détail d'améliorer l'approvisionnement en dollars des banques européennes notamment, partiellement asséché par la chute brutale du taux de change de l'euro.
Les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des pays du G7 ont aussi publié un communiqué pour saluer les mesures prises par l'Europe pour stabiliser les marchés.
Le plan d’aide décrypté en cinq questions
1. Pourquoi 750 milliards d’euros ?
Il s’agit de 500 milliards d’euros pris en charge par l’Europe et de 250 milliards d’euros mis sur la table par le FMI (Fonds monétaire international). Les seize pays composant la zone euro (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Chypre, Malte et la Slovaquie) pourront en bénéficier, potentiellement. « Il fallait donc que le montant annoncé soit fort », explique-t-on à Bercy. Surtout, «le chiffre de 500 milliards d’euros tient compte des besoins de financement d’un certain nombre d’Etats considérés comme fragiles pendant plusieurs années», ajoute-t-on dans l’entourage du ministre des Finances. En clair, des pays comme le Portugal, l’Espagne ou l’Italie.
2. Comment le système d’entraide fonctionne-t-il ?
Le système d’entraide est à plusieurs étages. Il prévoit, en premier lieu, que la Commission européenne puisse prêter jusqu’à 60 milliards d’euros aux pays de la zone euro demandant des solutions financières d’urgence dues à une soudaine dégradation des marchés. Détail important, cet argent serait mobilisable en quelques heures. Le second volet du plan d’aide va nécessiter plus de temps pour être actionné. Il reposera sur la création d’un Fonds de solidarité européen (FSE) qui, lui, pourra prêter jusqu’à 440 milliards aux Etats. Les statuts, le mode de fonctionnement de ce fonds doivent être fixés prochainement. En contrepartie de ces deux types d’aides, les pays bénéficiaires devront apporter de sérieux gages en matière de maîtrise de leurs finances publiques.
3. D’où proviendra cet argent ?
Les 500 milliards d’euros seront intégralement financés par l’emprunt. Les 60 milliards d’euros , que pourra emprunter la Commission, seront garantis par le budget de l’Europe tandis que, pour les 440 milliards d’euros que pourra emprunter le FSE, ce sont les Etats membres de la zone euro qui se porteront caution. Bien qu’ils n’aient pas adopté la monnaie unique, des pays comme la Suède et la Pologne ont annoncé qu’ils apporteraient leur signature au FSE. « Le FSE pourra ainsi emprunter aux mêmes conditions que l’Allemagne ou les Pays-Bas, c’est-à-dire avec une notation maximale à la clé », précise-t-on à Bercy.
4. Quelle sera la part de la France ?
Comme une partie de ses voisins, la France se portera caution des prêts consentis par le FSE ( Fonds de solidarité européen ). Les quotes-parts étant calculées en fonction de ce que chacun pèse dans le capital de la Banque centrale européenne (BCE), la garantie apportée par Paris se chiffrera à environ 88 milliards d’euros.
5. Y aura-t-il des conséquences pour les contribuables ?
En France, aucune. Les contribuables ne verseront pas un centime du plan annoncé dans la nuit de dimanche à lundi. En revanche, ils pourraient être mis à contribution si l’un des pays emprunteurs ne pouvait rembourser ses dettes. Un cas de figure « hautement improbable », selon Christine Lagarde, la ministre des Finances.