28 Août 2026
Un rapport de l'IGF, l'Igas et l'IGA confirme que l'IA constitue un levier de productivité majeur pour les administrations publiques, mais conditionné à une vraie transformation de l'action publique, en amont du plan IA dans l'Etat porté par David Amiel depuis juin.
Le constat est celui d'un déploiement très inégal : les décomptes officiels varient fortement selon les sources (de 141 produits recensés par la DINUM à 0-74 selon le ministère de tutelle), 40 % des agents territoriaux utilisent l'IA de manière officieuse, et l'écart est massif entre grandes métropoles (90 % engagées) et petites communes (27 %). Seuls 20 % des agents sont aujourd'hui réellement concernés.
Là où elle est déployée, l'IA produit des résultats tangibles : délais de réponse réduits, satisfaction usager en hausse, gains de temps significatifs pour les achats publics. Sur le plan financier, le ministère de l'Economie a vu ses économies passer de 20 à 46,6 millions d'euros entre 2022 et 2024, et France Travail a dépassé ses objectifs de réduction d'effectifs grâce à son programme Intelligence emploi.
Le rapport prévient toutefois qu'un déploiement mal piloté risque de multiplier les expérimentations sans les transformer en outils réellement adoptés. Il formule une quinzaine de recommandations articulées autour de quatre axes : mutualiser les outils et infrastructures pour éviter les redondances, sécuriser juridiquement les contrats et la gouvernance des données, structurer un dialogue social continu avec les agents, et bâtir une stratégie de formation et de gestion prévisionnelle des compétences pour accompagner les métiers les plus exposés.