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Tests PISA - l'effondrement français

Mardi 8 septembre 2026, l'OCDE a publié les résultats de l'enquête PISA 2025, qui teste tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans dans le monde entier, dans trois domaines : la compréhension de l'écrit, les mathématiques et les sciences. Le verdict est sans appel sur un point : les résultats français sont les plus bas jamais enregistrés depuis la création de ce classement en 2000.

Regardons les chiffres, parce qu'ils racontent une histoire précise. Entre 2012 et 2025, la France est passée de 499 à 483 points en sciences, de 505 à 456 points en lecture, et de 484 à 458 points en mathématiques.

La chute est particulièrement brutale sur la dernière période : par rapport à 2022, on perd 18 points en compréhension de l'écrit et 16 points en mathématiques. Pour donner une échelle, l'OCDE considère qu'environ 20 points équivalent à une année de scolarité perdue. Autrement dit, en trois ans, les élèves français ont reculé de près d'une année scolaire en lecture.

Maintenant, si l'on compare simplement les chiffres bruts, c'est vrai : 483 contre 486 en sciences, 456 contre 466 en lecture, 458 contre 469 en mathématiques. La France est numériquement sous la moyenne dans les trois matières.

Mais il faut se méfier ici d'un piège statistique. L'OCDE elle-même, insiste sur le fait que la France reste "dans la moyenne" des pays de l'OCDE. Ce n'est pas une contradiction avec les chiffres, c'est une question de méthode: on ne peut pas affirmer avec certitude que la France fait réellement moins bien que la moyenne, même si le chiffre affiché est légèrement inférieur. C'est pour cette raison que le discours officiel parle de moyenne, alors que le tableau brut des scores montre un léger décrochage.

Ce qui est incontestable, en revanche, c'est la tendance : la baisse est continue depuis 2012, elle s'accélère, et un tiers des élèves français rencontrent aujourd'hui de grandes difficultés en compréhension de l'écrit, en particulier sur les exercices qui demandent de suivre plusieurs étapes de raisonnement. Sur ce point précis, la France se classe entre la 27e et la 34e place sur 91 pays selon les matières.

Sur les causes, deux pistes reviennent dans les commentaires officiels. Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a évoqué un "phénomène de destruction cognitive et intellectuelle massif par la consommation des téléphones portables et des réseaux sociaux".

L'OCDE, de son côté, souligne un autre phénomène : depuis 2015, l'écart entre élèves favorisés et défavorisés s'est réduit, non pas parce que les défavorisés progressent, mais parce que les résultats des élèves favorisés ont eux-mêmes baissé, pendant que ceux des élèves défavorisés stagnaient. C'est un nivellement par le bas plutôt qu'un rattrapage.

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