19 Février 2008
Trente-trois personnes, soupçonnées d'avoir participé aux violences contre les forces de l'ordre en novembre à Villiers-le-Bel, ont été interpellées lundi lors d'une opération policière de grande ampleur, dont la médiatisation a provoqué la polémique.
Trente-trois des 37 personnes recherchées par les enquêteurs ont été interpellées à Villiers-le-Bel, Sarcelles, Arnouville-lès-Gonesse et en Seine-Saint-Denis, par la la police qui a mobilisé près d'un millier de policiers dans cette ville du Val-d'Oise.
"Je n'ai jamais vu une opération de police de cette envergure", a commenté la procureure de Pontoise Marie-Thérèse de Givry. "Je ne pense pas qu'il y aura trop de traumatisme dans la cité", baptisée "derrière les murs de Monseigneur" à Villiers, cible principale des policiers.
"J'espère que les habitants comprendront que nous sommes là pour rétablir l'ordre et la paix", a-t-elle ajouté.
Environ 1.000 policiers du Raid, de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), de la police judiciaire de Versailles et d'Ile-de-France, notamment, ont participé à cette opération, suivie par de nombreux médias.
Si la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a salué cette "très belle opération" de police, elle a regretté "que des fuites aient conduit à (sa) médiatisation importante".
A 06H00, des membres des CRS, du Raid et de la PJ ont pénétré dans une dizaine d'immeubles à Villiers, par petits groupes de trente, selon un journaliste de l'AFP. Quatre à cinq attendaient au pied de chaque immeuble, tandis que leurs collègues, dont certains étaient munis de béliers pour défoncer les portes, montaient dans les étages.
Ce déploiement massif s'est déroulé silencieusement. A la sortie des immeubles, ceux qui partaient à leur travail étaient éberlués de tomber nez à nez avec des policiers.
Du 25 au 27 novembre, Villiers avait connu des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre après la mort de deux adolescents dans une collision entre leur mini moto et une voiture de police.
Ces violences avaient fait 119 blessés parmi les policiers, dont cinq graves, selon le ministère de la Justice. Plusieurs dizaines avaient été blessés par du plomb et de la grenaille tirés notamment avec des fusils de chasse.
Selon des sources proches de l'enquête, au moins trois témoignages anonymes ont permis aux enquêteurs de cibler dans un premier temps deux frères, domiciliés à Villiers. Ils ont été surveillés, mais, selon ces mêmes sources, ces deux suspects, qui feraient partie des objectifs de l'opération de lundi, ont été très discrets.
"Mettez les moyens que vous voulez (...) ça ne peut pas rester impuni", avait lancé aux policiers Nicolas Sarkozy.