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Sarkozy ouvre le salon de l'agriculture et promet la "refondation" de la PAC

 

Lire le discours du Président de la République : cliquez ici
Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le 45ème salon de l'agriculture de Paris en promettant d'engager dès la présidence française de l'Union européenne (UE) en juillet une "refondation" de la politique agricole commune et en affichant sa fermeté dans les négociations à l'OMC.
Pour le premier salon de son quinquennat, le chef de l'Etat a rompu avec les habitudes de son prédécesseur Jacques Chirac en préférant à ses interminables déambulations entre veaux, vaches, couvées et produits du terroir une visite express de deux petites heures et, grande première, un discours.
Devant les responsables agricoles, Nicolas Sarkozy a répété sa volonté d'imposer dès qu'il aura pris les commandes de l'UE au 1er juillet 2008 l'ouverture de discussions de fond sur l'avenir de la politique agricole commune, normalement fixées en 2013 par le calendrier européen.
"Pourquoi attendre ce rendez-vous? (...) sur la PAC, je veux la rupture avec le conservatisme et l'immobilisme (...) je suis convaincu que la PAC doit être rénovée, refondée", a-t-il lancé.
"Je veux être clair: nous veillerons à ce que cet exercice (la présidence française de l'UE) soit l'occasion d'engager dès 2009, je pèse mes mots, une véritable refondation des modalités de mise en œuvre de la PAC dans notre pays, qui se fera en totale cohérence avec nos objectifs politiques de 2013", a poursuivi le président.
"La France engagera au cours de cet exercice une véritable discussion avec chacun de nos partenaires européens, avec le double objectif d'une meilleure gestion des risques climatiques, sanitaires et économiques", a-t-il insisté.
La Commission européenne doit présenter en mai les propositions de modifications de la PAC --tirées de son "bilan de santé"-- qui doivent être adoptées ensuite sous présidence française.
Le chef de l'Etat a également profité de son discours pour assurer qu'il s'opposerait "fermement" à tout accord à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), où se discute actuellement le principe d'une forte réduction des barrières douanières, "qui ne servira pas les intérêts" de la France, troisième puissance agricole mondiale.
Nicolas Sarkozy a regretté "que l'Europe accepte des concessions toujours plus importantes sans rien obtenir en retour". "Comme il faut l'unanimité (à l'OMC), chacun est devant ses responsabilités", a-t-il ajouté.
Saluant la part jouée par l'agriculture dans "l'identité, la tradition française", le président a annoncé que la France allait déposer auprès de l'UNESCO une demande de classement de sa gastronomie, "la meilleure au monde" a-t-il dit, au patrimoine immatériel de l'Humanité.
Les responsables agricoles satisfaits
Ses déclarations ont été accueillies avec satisfaction par le monde agricole. "C'est un discours encourageant et mobilisateur pour les agriculteurs", a commenté Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le principal syndicat français.
A son image, les responsables agricoles se sont dits satisfaits du discours de Nicolas Sarkozy, et attendent désormais la présidence française de l'Union Européenne.
M. Lemétayer a notamment apprécié "l'engagement fort sur les négociations à l'OMC, un sujet extrêmement sensible pour les paysans français".
Luc Guyau, le président de l'APCA (Assemblée permanente des chambres d'agriculture), s'est réjouit de l'engagement de Nicolas Sarkozy qui a souhaité que "la présidence française de l'UE au second semestre de cette année commence à initier le cadre de la Politique agricole commune après 2013".
Pour le président des Jeunes Agriculteurs (JA) Philippe Meurs "après les inquiétudes nées du Grenelle de l'Environnement il était important d'entendre l'affirmation du soutien de l'Etat à l'agriculture".
Eric Lainé, le nouveau président de la Confédération générale des betteraviers (CGB), s'est dit "confiant pour l'avenir" après les fortes paroles sur les négociations à l'OMC. Pour M. Lainé, celles-ci laissent espérer que l'Europe obtienne "un contingentement des importations brésiliennes et américaines d'éthanol" afin de ne pas défavoriser l'industrie européenne naissante dans ce secteur après avoir abandonné une importante partie de l'industrie sucrière sous la pression des pays émergents.
Le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Jean-Michel Serres est satisfait d'avoir obtenu, lors d'une discussion avec M. Sarkozy sur son stand, l'engagement d'une prochaine réunion interministérielle pour tenter de trouver des solutions à la grave crise qui affecte le secteur.
Eugène Schaeffer, le président de la Confédération française avicole (CFA), a insisté de son côté sur le fait "qu'il faut que la France se batte dès cette année sur le budget de la PAC, en déployant plus de diplomatie, notamment auprès de l'Allemagne".
"C'est un discours excellent. Cela donne du baume au cœur", a jugé Jacques Gravegeal, le président des vins des pays d'Oc.
François Lucas, le président de la Coordination Rurale, s'est félicité de l'importance accordée par Nicolas Sarkozy "à la préférence communautaire" pour les achats des produits agricoles et agroalimentaires.
L'objectif de la PAC "est bien d'assurer l'autosuffisance et la sécurité alimentaire de 400 millions de consommateurs européens", a souligné le président du troisième syndicat agricole.

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