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La "participation": une idée chère à de Gaulle

L'idée de "participation", que le président Nicolas Sarkozy a revitalisée lundi dans son discours de Verberie (Oise), est une vieille idée, chère au général de Gaulle.

La "participation" recouvre à la fois la distribution aux salariés d'une partie des bénéfices, mais aussi leur représentation dans les instances dirigeantes de l'entreprise.

Déjà, en janvier 1959, une loi rendait facultatif "l'intéressement" des salariés aux résultats économiques (productivité) ou commerciaux de l'entreprise. "Une brèche est ouverte dans le mur qui sépare les classes", estime de Gaulle dans ses Mémoires.

La loi du 17 août 1967 rend obligatoire la distribution d'une partie des bénéfices aux salariés des entreprises employant plus de 100 personnes, à la condition que ce bénéfice après impôt soit supérieur à 5% des capitaux propres de la société.

L'élaboration de textes sur l'intéressement des travailleurs est difficile, car il n'y a pas d'accord entre l'Elysée et Matignon. Pour le Premier ministre Georges Pompidou, la participation est une "chimère".

De Gaulle, en revanche, y voit une réelle continuité de l'action réformatrice entreprise à la Libération, avec les comités d'entreprises. Pour lui, cette réforme doit permettre "un ordre social nouveau". Après les événements de Mai 68, il persévère dans son intention de construire une véritable démocratie directe dans l'entreprise.

D'après lui, la participation n'est ni autogestion ni cogestion: chacun doit faire valoir ses intérêts, ses points de vue, sans nécessairement avoir un pouvoir de codécision.

"Utopie pionnière ou inspiration chrétienne, ou encore méthode de démocratie participative avant l'heure, le fait est qu'aujourd'hui, après quatre décennies d'efforts législatifs, la participation reste une idée d'actualité", selon Pierre Mazeaud, président de la Fondation Charles de Gaulle.

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