24 Juillet 2008
Voici les principaux points du projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail", qui devait être définitivement adopté mercredi soir par le Parlement:
VOLET "RENOVATION DE LA DEMOCRATIE SOCIALE":
Suppression d'ici 5 ans de la "présomption irréfragable" de représentativité accordée aux cinq confédérations CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC. Dans l'intervalle, rien n'empêche de reconnaître d'autres syndicats sur la base des critères actuels.
REPRESENTATIVITE déterminée par sept critères, en particulier l'AUDIENCE aux élections professionnelles :
- un syndicat devra recueillir au moins 10% des suffrages pour participer aux négociations dans une entreprise
- seuil fixé à 8% au niveau d'une branche et au niveau national
- Premier tour des élections professionnelles plus largement ouvert à des syndicats légalement constitués. Tout syndicat créé depuis 2 ans pourra créer une section dans une entreprise de plus de 50 salariés mais ne pourra pas négocier, ni conclure d'accord avant d'obtenir au moins 10% des voix
ACCORD COLLECTIF valable si signé par des syndicats ayant au moins 30% des voix du personnel et sans opposition des syndicats ayant la majorité des voix. Dans les entreprises de moins de 200 salariés sans délégué syndical, l'employeur pourra négocier avec des élus du personnel non-syndiqués
FINANCEMENT patronat et syndicats: certification et publicité des comptes, clarification des mises à disposition de salariés
- Vote avant 30 juin 2009 d'une loi sur les résultats de la négociation sur mesure de la représentativité dans TPE. Face aux pressions du Medef, le Sénat a renoncé à légiférer sur les modalités de financement du dialogue social dans ces entreprises. Xavier Bertrand (Travail) a toutefois promis qu'il étendrait "très prochainement" par arrêté l'accord UPA de 2001 introduisant une cotisation de 0,15% de la masse salariale pour financer dialogue
VOLET "REFORME DU TEMPS DE TRAVAIL":
DUREE LEGALE hebdomadaire du travail reste à 35 heures (1.607 heures/an). Les durées maximales demeurent pour travail (10h/jour, 48h/semaine) et repos (au moins 11h/jour, 24h/semaine)
- L'employeur pourra immédiatement dépasser le contingent annuel d'heures supplémentaires applicable à son entreprise, dans la limite de 405h/an, et sans autorisation obligatoire de l'inspection du travail
- Heures sup "au-delà du contingent annuel" ouvriront droit à une "contrepartie obligatoire en repos" (montant et modalités négociables), au lieu d'un REPOS COMPENSATEUR de 30 minutes ou d'une heure actuellement. Contingent réglementaire fixé par défaut à 220h/an
PAIEMENT des heures sup continuera de donner droit à une majoration de salaire de 25%, mais de 10% pour les cadres au forfait ou salariés de certaines branches, comme hôtellerie-restauration. "Tout ou partie" des heures sup' et des majorations prévues remplaçable par repos compensateur
FORFAITS sur l'année: jusqu'alors réservés aux cadres et itinérants, ils pourront être étendus aux salariés ayant une "réelle autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps" par une "convention individuelle", sous réserve d'accord collectif. L'employeur pourra demander individuellement à ses cadres de renoncer à des jours de repos et de travailler jusqu'à 235 jours par an, voire davantage -dans la limite de 282 jours- si un accord collectif l'autorise. Accord requis, par écrit, pour forfaits
Un accord d'entreprise pourra redéfinir l'AMENAGEMENT DU TEMPS DE TRAVAIL (variation de la durée hebdomadaire selon période de l'année, nombre de jours de RTT, cycles de travail...). Délai pour prévenir salariés d'un changement inopiné d'emploi du temps fixé à 7 jours par défaut, mais peut être inférieur