Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
13 Août 2008
Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE), a obtenu mardi à Moscou et à Tbilissi des assurances pour régler le conflit russo-géorgien, mais l'Otan et les Etats-Unis demeurent sceptiques sur la fin des hostilités.
"Il y a un texte, il a été accepté à Moscou, il a été accepté ici en Géorgie", a dit M. Sarkozy, lors d'une conférence de presse commune à l'issue d'entretiens avec M. Saakachvili à Tbilissi. "J'ai l'accord de tous les protagonistes", a souligné le président français, qui s'était précédemment rendu à Moscou.
Ce "texte-cadre" en six points, qui "pose les principes qui engagent" les parties à ne pas "recourir à la force" et à "cesser les hostilités de façon définitive", sera présenté aux ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne mercredi à Bruxelles "pour qu'il soit soutenu et garanti" par l'UE, a-t-il précisé.
Il avait insisté plus tôt dans la journée qu'il fallait avant tout "donner corps à un cessez-le-feu". Ce qui semblait encore loin d'être le cas sur le terrain mardi, Géorgiens et Russes s'accusant mutuellement de poursuivre les hostilités.
Avec la médiation du président français, l'Union européenne a une carte à jouer face aux Etats-Unis, considérés par les Russes comme trop proches de leur allié géorgien.
"Les Etats-Unis sont sur le banc de touche" en raison de leur proximité avec la Géorgie, "l'OSCE est très faible" et "l'ONU est divisée", a-t-on indiqué mardi dans l'entourage de Sarkozy.
"Pour la première fois, l'UE se trouve être un interlocuteur accepté et sollicité par la Russie", a-t-on souligné dans l'entourage du président français.
La Maison Blanche a, à cet égard, fait savoir mardi qu'elle réfléchissait à l'envoi de davantage d'aide à la Géorgie, "une fois que les tirs auront cessé", après avoir accusé la veille la Russie de sembler avoir l'intention de renverser le régime géorgien.
La tâche de M. Sarkozy s'annonce ardue, en raison notamment des divisions européennes et du scepticisme à l'échelle internationale.
Ainsi, l'Otan a estimé que l'annonce mardi par Moscou de l'arrêt de l'offensive russe en Géorgie était "un pas important mais insuffisant". Son secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, a enfoncé le clou en se disant sûr que Tbilissi rejoindrait "un jour" l'Alliance, ce qui ne manquera pas d'exaspérer une nouvelle fois Moscou.
Une réunion extraordinaire Otan-Russie prévue mardi a été annulée, les Américains n'ayant pas assisté à une rencontre préparatoire. Aux yeux des Russes, les Etats-Unis auraient "bloqué" la tenue de la réunion.
A Washington, la Maison Blanche, très critique à l'égard de la Russie dans ce conflit, a précisé qu'elle vérifiait si Moscou avait arrêté ses attaques en Géorgie.
Côté européen, l'un des principaux défis de M. Sarkozy sera de parvenir à un consensus entre les 27, divisés en deux blocs. D'un côté, les membres historiques de l'UE se veulent à l'écoute de la Russie, puissance énergétique mondiale. De l'autre, certains des nouveaux adhérents, anciens pays satellites de l'URSS, observent une ligne très dure vis-à-vis de Moscou, dénonçant sa riposte militaire.
Les présidents polonais, lituanien, estonien et ukrainien, ainsi que le Premier ministre letton se sont rendus mardi soir à Tbilissi afin d'afficher leur soutien à la "nation géorgienne victime d'une agression", selon le président polonais, Lech Kaczynski. Les difficultés persistent aussi du côté des Nations unies, où la Russie a rejeté lundi soir un projet de résolution préparé par les diplomates occidentaux à l'ONU et qui demandait un "cessez-le-feu immédiat" en Géorgie. Moscou a estimé que le cessez-le-feu était "prématuré" et a réclamé une "référence à l'agression géorgienne".