Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
12 Novembre 2008
La "Commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques", présidée par l'historien André Kaspi, a formulé dans son rapport cinq axes de réflexion pour tenter d'inverser une tendance paradoxale à la "désaffection" et à "l'inflation commémorative":
1) La Commission juge les commémorations publiques ou nationales trop nombreuses. "Il n'est pas sain", écrit-elle dans un rapport de 47 pages, que leur nombre ait doublé depuis 1999 pour atteindre douze aujourd'hui. "Il n'est pas admissible que la nation cède aux intérêts communautaires et que l'on multiplie les journées de +repentance+" au risque "d'affaiblir la conscience nationale". Le phénomène entraîne une large désaffection et l'incompréhension, constate le rapport.
2) Pour "combattre l'inflation commémorative, même si cela coûte quelques voix aux candidats à des fonctions électives", la commission préconise de ramener les commémorations nationales à trois dates: le 11 novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie et le 14 juillet qui exalte les valeurs de la Révolution française.
Elle suggère cependant une "révolution lente", constatant qu'il "est impossible de faire disparaître des jours fériés". La commission réfute par ailleurs la "rumeur sans fondement" qui lui prêtait l'intention de faire du 11 novembre un "Memorial Day" à la française, sur le modèle américain de commémoration unique.
3) Les autres dates deviendraient des commémorations locales, régionales voire privées. De temps à autre, elles revêtiraient un caractère exceptionnel, comme la célébration en 2004 des débarquements alliés de 1944.
4) Il ne suffit pas d'exprimer des exigences à l'égard de l'Education nationale et des médias, estime la commission. Il faut inventer de nouvelles formes de commémoration. Le rapport, qui évoque par exemple le slam, préconise de porter l'effort sur le tourisme de mémoire ou sur des projets pédagogiques élargissant la réflexion autour d'une date à sa signification profonde.
Le rapport préconise, à l'intention de la presse écrite, audiovisuelle et électronique "des programmes ou des événements qui retiennent l'attention des lecteurs et des téléspectateurs".
5) Il appelle les collectivités territoriales à ne pas tout attendre de l'Etat central, soulignant leur "place primordiale".
Les douze commémorations nationales
Les commémorations nationales sont au nombre de douze, indique le rapport Kaspi sur la "modernisation des commémorations publiques" publié mercredi.
Seules trois d'entre elles sont fériées, le 8 mai, le 14 juillet et le 11 novembre.
- dernier dimanche d'avril: Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation
- 8 mai: Victoire de 1945
- 10 mai: Journée commémorative de l'abolition de l'esclavage
- 2e dimanche de mai: Fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme
- 8 juin: Journée nationale d'hommage aux "morts pour la France" en Indochine
- 17 juin: Cérémonie en hommage à Jean Moulin au Panthéon, à Paris
- 18 juin: Journée nationale commémorative de l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940
- 14 juillet: Fête nationale
- Dimanche le plus proche du 16 juillet (rafle du Vel d'Hiv en 1942): Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux "Justes" de France
- 25 septembre: Journée nationale d'hommage aux harkis et aux membres des formations supplétives
- 11 novembre: Armistice du 11 novembre 1918
- 5 décembre: Journée nationale d'hommage aux morts de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.