Un Républicain de Guingamp

Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République

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Enquête : "XB" en campagne pour 2012

BlackBerry dans une main, pour suivre le fil des dépêches. iPhone à l'oreille, pour répondre aux interviews. Un officier de sécurité qui veille au confort de son patron, dans le moindre détail, la mallette remplie d'en-cas sucrés-salés, pour calmer l'appétit de "XB", comme le surnomment ses collaborateurs. Deux chargés de communication qui se relaient pour suivre son rythme effréné. Des conseillers à ses trousses. Un chauffeur. Xavier Bertrand, le nouveau secrétaire général de l'UMP, intronisé le 24 janvier, a conservé un agenda et une logistique de ministre.

Pour sa première semaine de prise de fonctions, l'ancien ministre des affaires sociales a multiplié les déplacements : Val-d'Oise, Maine-et-Loire, Bruxelles, Moselle, visites d'entreprises, rencontres avec des élus et réunions militantes, donnant le ton de ce que serait sa méthode : un patron de l'UMP - rebaptisé "mouvement populaire" - sur le terrain, "totalement connecté" aux Français. "Je serai trois jours par semaine en province. Je n'ai pas envie de m'enfermer derrière un bureau, faire comme Martine Aubry, qui a mis deux mois avant de sortir de la rue de Solferino", assène-t-il.

Esprit de mimétisme avec son mentor, Nicolas Sarkozy ? Boulimie naturelle ?

Xavier Bertrand ne s'accorde aucune minute de repos, veut tout contrôler. "XB ne supporte pas le moindre grain de sable", confie une de ses collaboratrices. Ses journées commencent à l'aube et s'achèvent après minuit. "La politique, c'est comme le vélo : quand on s'arrête de pédaler, on tombe." "XB" dort peu, saute les repas inutiles et picore toute la journée, sandwichs au buffet, crêpes dans la rue, friandises dans le train. "J'ai appris qu'en campagne il faut manger quand on peut", confesse-t-il après avoir jeté un œil coupable sur les calories de la barre chocolatée qu'il vient d'avaler.

Le nouveau secrétaire général de l'UMP est donc en campagne. Sa mission : redresser un parti en perte de vitesse et le transformer en machine de guerre pour 2012.

Il n'est plus ministre, pas encore député. Ce jeudi 29 janvier, jour de mobilisation nationale, alors qu'il a pris place dans un Thalys pour Bruxelles, où il doit assister au bureau politique du Parti populaire européen (PPE), il scrute le flux des manifestations et des transports. Apprécie-t-il de n'avoir pas à gérer ce conflit ? Il manie la litote : "Je n'ai pas de nostalgie de mon ministère." On l'interroge sur le sens de la mobilisation. Un mouvement antisarkozyste ? "Non. C'est un cri d'angoisse, pas de colère. Les salariés ne veulent pas être les variables d'ajustement de la crise, les victimes des erreurs des banquiers." Sans qu'on pose la question, il répond : "Grâce au service minimum que j'ai mis en place, le pays n'est pas paralysé, voilà la leçon." Il rode une formule qu'il délivrera le soir aux militants et aux médias. "Des millions de Français n'ont pas fait grève et sont allés travailler. L'UMP doit aussi être le porte-parole de cette majorité silencieuse."

Il n'est plus ministre, mais à Sarreguemines, vendredi 30 janvier, devant un centre hospitalier flambant neuf, il a droit aux honneurs de celui qui a posé la première pierre. "Je berce des enfants que je n'ai pas conçus", doit reconnaître, devant le personnel, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé. L'ancien ministre des affaires sociales apprécie. Les deux anciens collègues effectuent une visite au pas de charge de l'hôpital.

En moins d'une heure, le cortège officiel est reparti pour Paris. Xavier Bertrand, lui, s'attarde, pose auprès des infirmières, serre les mains du personnel. "J'ai désormais le temps, insiste Xavier Bertrand. Ce n'est pas derrière un bureau qu'on apprend."

Quelques minutes après, devant des jeunes femmes en chantier d'insertion, le message est le même : "Je cherche à prendre du temps pour écouter et comprendre comment les choses marchent. Désormais, il n'y a plus d'écran entre les gens et moi."

Le soir, toujours à Sarreguemines, le nouveau secrétaire général de l'UMP endosse aisément ses nouveaux habits de bateleur. Décibels à fond, entrée par le haut de la salle, haie d'honneur des "jeunes populaires", "XB" débarque en star, devant des militants impatients de s'incarner dans un leader. Fini les discours à la tribune, le nouveau patron de l'UMP veut "échanger". Pendant près de deux heures, il répond aux questions des militants, balaie tous les sujets, sans reprendre son souffle.

"On a beaucoup dit que je serai encadré, cornaqué par l'Elysée, sans marge de manœuvre. C'est totalement faux, je vais imprimer totalement ma marque sur le fonctionnement du parti", commente-t-il à la sortie. A minuit, le secrétaire général de l'UMP reprend la route, direction Saint-Quentin, son fief, où l'équipe de Michel Drucker l'attend le week-end en prévision de son prochain passage dans l'émission "Vivement dimanche".

Chez "XB", le travail dominical est obligatoire.

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