Un Républicain de Guingamp

Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République

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Sarkozy s'engage dans la campagne en plaidant pour "une autre Europe"

A cinq semaines du scrutin, Nicolas Sarkozy a fait son entrée mardi à Nîmes dans la campagne électorale européenne en plaidant, en tant que chef de l'Etat, pour "une autre Europe" avec de "grandes ambitions", et en justifiant, comme chef de parti, sa politique contre la crise.

Comme il l'avait fait pour défendre ses choix économiques fin mars à Saint-Quentin (Aisne), le président de la République a choisi Nîmes pour y défendre sa vision de l'Europe.

Devant une salle de 4.000 sièges, la réunion républicaine aura duré plus de trois quart d'heures, sous les applaudissements nourris de l'auditoire.

Le président a alternativement coiffé ses casquettes de chef de l'Etat ou de la majorité pour appeler à "changer l'Europe" et à préférer une Europe "qui décide" et "protège" au lieu d'une Europe "de l'impuissance" et "qui subit" : "quand l'Europe veut, elle peut".

"Une autre Europe est possible, une autre Europe est nécessaire et cette Europe-là peut peser dans les destinées du monde", a-t-il lancé.

A l'appui de son propos, le chef de l'Etat a longuement énuméré les succès de sa présidence européenne.

"Si la Géorgie n'a pas été rayée de la carte, si un cessez-le-feu a pu intervenir à Gaza, si l'Europe n'a pas cédé au sauve qui peut et au chacun pour soi quand le système bancaire a menacé de s'effondrer, c'est parce que la France, alors qu'elle exerçait la présidence de l'Union européenne, a pris ses responsabilités pour mettre l'Europe en situation d'agir", a-t-il lancé.

Il a également exalté "l'Europe des pères fondateurs", une Europe "qui unit les Français au lieu de les diviser", allusion au "non" français au traité constitutionnel en 2005.

Sous un tonnerre d'applaudissements, il a rappelé son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, estimant qu'elle ne devait pas "se diluer dans un élargissement sans fin".

Entre autres "grandes ambitions" pour réconcilier les Français avec l'Europe, il a redit sa conviction d'une "gouvernance économique de l'Europe", qui suscite pourtant l'hostilité de son partenaire allemand, et sa volonté de garder une politique agricole commune.

Il s'est également prononcé pour "une vraie politique de l'énergie", proposant une "centrale européenne d'achat de gaz" afin de renforcer sa position vis-à-vis de son fournisseur russe, pour l'instauration par Bruxelles d'une "taxe carbone" et d'un "comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction".

Le président a aussi évoqué son plan de relance. "Augmenter les impôts aurait été une folie (...) quand on fait le choix de la relance par l'investissement, on creuse le déficit mais on prépare l'avenir", a-t-il déclaré.

Après Nîmes, Nicolas Sarkozy poursuivra sa campagne européenne dimanche à Berlin, au côté de la chancelière Angela Merkel.

 

 

L'Europe doit "avoir des frontières", non à la Turquie dans l'UE

Nicolas Sarkozy a souligné que l'Europe devait avoir "des frontières", en réaffirmant que la Turquie n'avait pas "vocation" à intégrer l'UE.

Le chef de l'Etat a déclaré qu'à la question "qu'est-ce que l'Europe peut faire", il fallait substituer "qu'est ce que l'Europe veut faire". Or "pour que l'Europe veuille, il faut qu'elle cesse de se diluer dans un élargissement sans fin. Il faut que l'Europe ait des frontières".

"Il y a des pays comme la Turquie qui partagent avec l'Europe une part de destinée commune, qui ont vocation à construire avec l'Europe une relation privilégiée, qui ont vocation à être associés le plus étroitement possible à l'Europe mais qui n'ont pas vocation à devenir membre de l'Union européenne", a-t-il assuré.

"Nous serions mieux inspirés d'engager dès maintenant avec la Turquie", un "grand pays, une grande civilisation", des "négociations pour créer un espace économique et de sécurité commun", a poursuivi le président.

"Cette grande ambition, nous pouvons la proposer aussi à la Russie qui ne doit pas être considérée comme un adversaire de l'Europe, mais comme un partenaire", selon M. Sarkozy.

"Ainsi serait créé un grand espace de plus de 800 millions d'habitants qui partageraient la même sécurité, la même prospérité", a encore préconisé le président.

 

Nicolas Sarkozy évoque la "taxe carbone"

Nicolas Sarkozy a de nouveau évoqué une "taxe carbone" pour lutter contre le "dumping écologique".

"La France se battra aux côtés de ses 26 partenaires européens pour obtenir un accord mondial ambitieux dans le changement climatique", a déclaré le chef de l'Etat.

"Mais je le dis solennellement, il n'est pas question d'imposer à nos entreprises des règles très contraignantes en matière d'environnement et d'accepter que l'on continue d'importer en Europe des produits de pays qui ne respectent pas ces règles", a-t-il prévenu.

"Face aux pays qui refuseraient de jouer le jeu de la protection de l'environnement, la France se battra pour l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe qui permettra à l'Europe de faire face au dumping écologique", a-t-il dit.

 

Baisse de TVA: en finir avec la règle de l'unanimité pour disques ou les produits propres

Nicolas Sarkozy a contesté la règle de l'unanimité dans l'Union européenne pour baisser la TVA "sur les disques, les vidéos ou sur les produits propres", à laquelle il s'est déclaré plusieurs fois favorable.

"Il nous faut des débats sur la fiscalité", a déclaré le chef de l'Etat. "Je conteste la règle de l'unanimité pour baisser la TVA", a-t-il dit, souhaitant pourvoir la ramener pour les "produits culturels", disques ou DVD, "au niveau du livre", soit 5,5%.

"Je conteste que nous n'ayons pas le droit qu'il faille l'unanimité pour baisser la TVA sur les produits propres", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, une voiture propre vaut plus cher qu'une voiture polluante, est-ce que c'est normal?", s'est-il questionné

Dans une précédente intervention le 5 février, M. Sarkozy avait affirmé sa volonté d'obtenir un consensus européen sur des baisses de la TVA sur les "produits propres" et des "produits culturels", ainsi que sur la restauration pour laquelle un accord politique, voulu de longue date par la France, a finalement été trouvé en mars.

 

Gaz : pour une centrale d'achat européenne commune

Le président a souhaité la création d'une "centrale européenne d'achat du gaz, pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs", après plusieurs crises dues à des interruptions de livraisons de gaz russe.

"L'Europe doit se battre pour bâtir une vraie politique de l'énergie, qui ne soit pas seulement une politique de la concurrence. Je veux porter l'idée d'une centrale européenne d'achat du gaz pour que l'Europe ait une vraie force de négociation face à ses fournisseurs", a déclaré le chef de l'Etat.

"C'est comme cela que l'Europe peut être véritablement utile. C'est à cela que l'Europe doit servir," a-t-il ajouté.

M. Sarkozy a évoqué cette solution alors que les pays européens ont connu à plusieurs reprises, ces dernières années, des crises d'approvisionnement, liées à l'interruption des livraisons de gaz naturel russe via l'Ukraine, en raison de différends entre ces deux pays.

 

Pour "un comité des régulateurs bancaires" avec pouvoir de sanction

Le président Nicolas Sarkozy a souhaité que "l'Europe se dote d'un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction".

  "La France veut que l'Europe se dote d'un comité des régulateurs bancaires avec de vrais pouvoirs de sanction. L'Europe doit donner l'exemple," a-t-il déclaré.

"Je veux que l'Europe soit exemplaire sur la régulation financière, sur la réglementation des fonds spéculatifs, sur les paradis fiscaux, sur les rémunérations des dirigeants et des opérateurs financiers, sur le partage de la valeur, parce que si sur ces sujets l'Europe n'est pas capable de donner l'exemple, si elle n'est pas capable de s'exprimer d'une seule voix et d'une voix forte dans les négociations internationales, alors à quoi sert-elle?," a lancé le chef de l'Etat.

 

Sarkozy: "quand on a le niveau de prélèvement" actuel "on baisse les impôts"

Nicolas Sarkozy a rejeté l'idée d'une hausse des impôts après la crise pour réduire le déficit public, en expliquant que "quand on a le niveau de prélèvement qu'a la France, on n'augmente pas les impôts, on les baisse!".

Le chef de l'Etat a réaffirmé que l'on ne pouvait "pas vivre indéfiniment à crédit". Mais, a-t-il poursuivi, "on rembourse ses dettes en travaillant plus, en produisant plus en investissant plus".

"Nous ne pouvons pas espérer demain, quand la crise sera finie, avoir plus de croissance, plus d'emplois, plus de pouvoir d'achat, si le travail est plus taxé en France que partout ailleurs en Europe (...) si nos ménages et nos entreprises paient plus d'impôts, plus de charges qu'ils n'en paient dans les autres pays européens".

Il a défendu à cet égard le bouclier fiscal, en faisant valoir que "l'Allemagne (l'avait) inscrit dans sa Constitution depuis bien des années".

Le président Sarkozy a défendu un "assainissement des finances publiques" par "des économies sur les dépenses inutiles", par "l'amélioration de la productivité, par la compétitivité, par la réhabilitation du travail, par l'encouragement de l'esprit d'entreprise".

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