30 Octobre 2010
Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), qui serait derrière l'envoi de colis piégés aux Etats-Unis, est né de la fusion en janvier 2009 des branches saoudienne et yéménite du réseau extrémiste d'Oussama ben Laden sur la terre de ses ancêtres, le Yémen.
L'organisation compterait entre 300 et 400 combattants en armes, selon le ministre yéménite des Affaires étrangères, Abou Bakr al-Kourbi. Ils sont disséminés dans l'est du Yémen, région difficile d'accès et peu contrôlée par le pouvoir central. Certains formeraient des cellules dormantes dans les villes.
La contestation sociale et politique contre le régime central dans le sud du pays, qui était un Etat indépendant avant 1990, crée un environnement favorable pour l'Aqpa dans cette partie du pays où elle commence à s'implanter.
L'Aqpa regroupe des membres d'Al-Qaïda en Arabie saoudite et les irréductibles du réseau au Yémen.
Les premiers ont fui la répression qui s'est abattue sur eux après la série d'attentats qui a ensanglanté le royaume saoudien entre 2003 et 2006. Les seconds sont héritiers des premiers militants d'Al-Qaïda au Yémen, dont le plus gros coup d'éclat avait été l'attentat contre le navire américain USS Cole qui avait tué 17 Américains le 12 octobre 2000 dans le port d'Aden.
Cette dualité s'exprime à la tête de l'organisation. Le chef de l'Aqpa est Nasser al-Wahishi, un Yéménite, qui s'est échappé de prison en 2006 avec 22 autres militants, et son adjoint saoudien Saïd al-Shihri, libéré du centre de détention américain de Guantanamo en novembre 2007.
Les deux composantes d'Aqpa sont réunies par leur volonté de renverser la monarchie saoudienne et de détruire le régime laïcisant du président Ali Abdallah Saleh, afin d'instaurer dans les deux pays des régimes islamistes purs et durs.
Aqpa ne confine pas ses attaques au Yémen où elle s'en prend aux installations militaires, aux responsables et aux ambassades étrangères.
Elle a envoyé l'été 2009 un kamikaze en Arabie saoudite pour tenter d'assassiner le patron de la lutte antiterroriste, le prince Mohammed ben Nayef, par ailleurs responsable par ailleurs d'un programme de réhabilitation d'anciens de Guantanamo. L'attentat a échoué de peu.
L'Aqpa a tenté le 25 décembre de faire exploser en vol un avion reliant Amesterdam à Detroit comme l'a avoué l'auteur de l'attentat manqué le jeune Nigerian, Umar Farouk Abdulmattallab.
Aqpa s'est lancé dans la propagande en anglais dans le but de recruter des militants en dehors de la sphère de ceux qui parlent uniquement l'arabe.
Il a publié un premier numéro de son magazine en ligne "Inspire", il y quatre mois. Selon les spécialistes, cette brochure serait surtout l'oeuvre de l'imam radical américano-yéménite, Anwar al-Aulaqi, placé par Washington sur sa liste des cibles à assassiner en raison de ses liens avec Al-Qaïda.